AUX VICTIMES DE RELIGIEUX OU RELIGIEUSES, MÊME DÉCÉDÉ(E)S :

RÉCLAMEZ ENFIN VOTRE DÛ !
Dimanche 21 novembre 2021

Avis aux victimes de religieux ou religieuses, (même décédé(e)s) :

La Commission de la CORREF, présidée par Antoine GARAPON et destinée à permettre une reconnaissance et une réparation pour les victimes de violences sexuelles commises par des religieux ou religieuses, est à présent installée.

La Commission est opérationnelle pour recevoir les messages des victimes (mineur(e)s ou adultes) qui le souhaitent à l’adresse suivante :

victimes@crr.contact

N’hésitez pas à transmettre ce contact à tous ceux que vous connaissez et qui pourraient être concerné(e)s.

P.S. : les victimes des prêtres séculiers (paroisses) seront quant à elles indemnisées par une autre Commission, dont nous vous communiquerons l’adresse dès réception !

Vos réactions

  • AUX VICTIMES DE RELIGIEUX OU RELIGIEUSES, MÊME DÉCÉDÉ(E)S : 15 janvier 2022 17:39, par Francis Berthault

    Bonjour, J’ai vécu un déni amnésie post traumatique de 60 année. Pendant toute cette période j’ai pensé avoir été témoins et épargné. 7 années de psychanalyse et 3 thérapies n’ont pu apaiser ma profonde mélancolie, un poids qui a beaucoup perturbé ma vie intime. Jusqu’au jour ou ma petite nièce de 12ans a révélé à sa mere que son grand père (mon frère aîné) avait abusé d’elle. Suite à cet événement, lors d’une conversation autour de ce sujet avec sa mère, au lieu de dire comme je le faisait à cet époque « j’ai vu dans mon enfance des prêtres avoir des comportements d’abus sexuels envers des enfants » j’ai dis « j’ai subis moi-aussi des abus ». Prenant conscience de ce que je venais de dire, j’ai entamé une nouvelle thérapie qui m’a permit de sortir de mon déni. Ma petite nièce qui m’a involontairement ouvert les yeux porte le nom de Siloé, la fontaine de la parabole de l’aveugle. Elle m’a ouvert les yeux. Sans entrer dans les détails, j’ai été victime au sein de plusieurs structures religieuses. Dans la paroisse des Quinze-Vingt à Paris ou le responsable des enfants de cœur me faisait subir des caresses intimes, puis à la Maîtrise de Notre Dame de Paris ou j’étais petit chanteur et pensionnaire dans les années 1962-65. J’y ai subis des viols à répétition par l’aumônier suivi de tortures et chantages spirituels. Enfin au sein du Patronage du Chantier (Paris 12) par le maître nageur responsable des douches. J’ai pu parler à ma mére lui disant que j’avais été témoins d’attouchements inappropriés. Par 2 fois elle est intervenue et a fait face à des dénis de la part des religieux responsables. Par précaution elle m’a protégé en me changeant d’établissement. Vue mon âge, 68 ans, les personnes responsables des agressions dont j’ai été victime sont aujourd’hui décédées. Je ne peux imaginer avoir été la seule victime au sein de ces 3 structures. Y a-t-il d’autres personne qui ont subies des agressions au sein de ces structures ? Je peux donner des détails plus précis sur les lieux, dates et noms des personnes. J’ai fait une déposition à la CORREF qui est en cours d’examen. C’est la peinture qui m’a sauvée, je suis artiste peintre et peint le monde tel que j’aurais rêvé qu’il soit. Depuis plus de 40 ans, je peints et diffuse des « paradis », c’est ce qui m’aide à vivre d’une maniéré positive. Il y a de grands silences autour de mes proches, les enfants victimes de viols au sein de l’Eglise sont très dérangeants et difficiles à entendre. Ces silences sont entourés de nombreuses excuses et explications, mais ces silences sont une immense douleur pour ceux qui les subissent. J’ai bien peur que l’Eglise soit dans l’incapacité de se réformer, si Dieu existe, je crois qu’il a depuis longtemps été trahis par une bonne partie de ceux qui veulent nous faire croire qu’ils parlent en son nom. Merci pour votre écoute et pour ce que vous diffusez, si mon témoignage peut aider, je suis à votre disposition. Francis Berthault

  • En quoi de l’argent peut-il réparer des blessures de l’âme ? Je ne comprends pas.

    • Vous trouverez des éléments sérieux de réponses sur la place de l’argent, par exemple dans l’interview du 14 décembre 21 d’Antoine Garapon (site indiqué). Pour ceux qui se poseraient la question sans s’intéresser vraiment aux réponses, ne vous fatiguez pas l’interview est longue et sérieuse.

      Quant aux pressés, il y eut les fêtes, l’intervention sotte de 8 membres de l’académie catholique de France dont les remous n’ont pas encore disparus, sans oublier la pandémie. Un peu de patience d’autant que là, contrairement au travail confié à la CIASE dans l’urgence, c’est de temps long qu’il s’agit et de passage au peigne fin avant l’action « cas par cas » après les décisions des évêques et des supérieur(e)s de novembre 21. Le sujet risque de rester dans l’actualité religieuses catholique encore des années, à propos des abus sexuels sur mineurs qui ne doivent pas occulter la gravité des autres formes d’abus. Espérons que ces « peines » pour l’Eglise seront salutaires in fine pour elle et, au delà du cercle restreint des fidèles et des clercs, pour la société toute entière tant il reste à faire pour réduire fortement les abus les plus communs, ceux commis dans les familles.

    • l’amende (l’argent ) & la prison sont des punitions pour les coupables .

  • AUX VICTIMES DE RELIGIEUX OU RELIGIEUSES, MÊME DÉCÉDÉ(E)S : 24 décembre 2021 11:43, par FIORILLI NICOLAS

    J e veux apporter mon temoignage et mon soutien, aux personnes victimes de pédophilie par des religieux. Ayant été moi-même victime dans les années 60 au couvent St MICHEL à Alger.

  • Nébuleux  🙄 Un article de l’hebdomadaire Réforme en parle en détail, renvoyant vers un site toujours « en construction » :

    http://www.reconnaissancereparation.org/

    Nulle trace de cela sur le site de la CORREF (ai-je mal cherché ?). Il s’agit d’après l’article de l’hebdomadaire - protestant (!) - d’indemniser les victimes de religieux pédocriminels, donc seul(e)s les mineur(e)s seraient concerné(e)s. Antoine Garapon sur France-Inter livre une version légèrement différente :

    « La deuxième différence, c’est que nous sommes compétents pour les adultes vulnérables. Car, par exemple, une jeune femme qui rentre très tôt dans une congrégation n’a, au bout de quelques années, plus de patrimoine, parfois plus de contacts avec les proches et peut être ou avoir été sous l’emprise d’un abuseur. »

    Soit, mais une personne vulnérable en droit pénal, c’est :

    « un mineur de 15 ans ou une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge, d’une maladie, d’une infirmité, d’une déficience physique ou psychique ou d’un état de grossesse. »

    A moins d’avoir été abusé(e) sexuellement par un religieux alors qu’on était :

    1. mineur(e) (de préférence de 15 ans)

    2. âgé(e)

    3. malade/déficient(e)

    4. enceinte

    on a peu de chances de recevoir une indemnisation. C’est ce que dit d’ailleurs M. Garapon qui n’en fait pas mystère :

    « La réparation financière ne sera sans doute qu’une petite partie de notre travail. L’essentiel sera la reconnaissance : une écoute de ces hommes et ces femmes, afin qu’ils puissent déposer leur fardeau dans un cadre préparé pour cela. »

    https://www.franceinter.fr/societe/antoine-garapon-moins-de-10-des-personnes-qui-ont-subi-des-abus-sexuels-portent-plainte

    Sauf pour ceux et celles qui se payent de mots, le mot d’ordre « RÉCLAMEZ ENFIN VOTRE DÛ ! » qui introduit ce billet me paraît bien controuvé.

    • AUX VICTIMES DE RELIGIEUX OU RELIGIEUSES, MÊME DÉCÉDÉ(E)S : 3 décembre 2021 19:31, par Marie- Christine

      Damien,

      Rien de nebuleux ici.

      A l’écoute des victimes, la commission Sauve s’est rendue compte que la vulnérabilité en Église ne pouvait exclusivement se définir par les critères du code pénal. Selon la formule de Marie- Jo Thiel, il y a eu des personnes majeures RENDUES vulnérables par emprise spirituelle ou situation particulière de soumission dans des communautés religieuses. Beaucoup de majeurs ont été en effet victimes d’agressions sexuelles avec motivations spirituelles assorties d’abus d’autorité et de conscience. Il s’agit principalement de novices ou religieuses. Par ailleurs, A. Garapon est mandaté justement par la CORREF c’est à dire par les instituts et congregations religieux, non par les eveques ( CEF)

      Et, meme dans ce cadre, il est bien évident que toutes ces victimes ne désirent pas ou n’ont pas besoin d’une réparation par indemnisation financière, ou n’ont pas envie, pour de multiples raisons, de se faire connaître.

      • Marie-Christine, je le redis encore, cette commission nommée « Commission indépendante de reconnaissance et de réparation » (CIRR) me paraît pour l’instant bien nébuleuse pour les raisons que j’expose :

        1.) Annoncée le 19/11 dans La Croix, la commission n’a toujours pas de site internet fonctionnel au 3 décembre. Est-ce normal ? Juste deux contacts e-mails (pourquoi deux au fait ?)

        2.) Aucun communiqué de presse officiel sur le site de la CORREF. Seule cette page y fait allusion : https://www.viereligieuse.fr/SOEURS-VOCATIONNISTES-5326

        3.) Vous dites qu’il ne faut pas entendre "personne vulnérable" au sens du code pénal. Fort bien, mais quelle est la définition que donne M. Garapon à cette expression d’origine juridique, j’aimerais bien la connaître, comme la vôtre d’ailleurs ? Rendu vulnérable, cela veut dire quoi ? Est-ce qu’il faut définir comme personne vulnérable toute personne entrée dans la vie religieuse, ou seulement certaines, sur quels critères objectifs ?

        4.) Il est question apparemment d’abus sexuels, pas d’abus de conscience. Ce sont d’ailleurs principalement les congrégations masculines qui seront mises à contribution, « le fonctionnement (bureaux, secrétariat, etc.) de la Cirr sera assumé par les congrégations féminines ». « C’est notre façon de rendre compte de notre responsabilité » dixit Véronique Margron dans La Croix. Le portefeuille pour les hommes, l’intendance pour les femmes, les féministes apprécieront !

        Plus sérieusement, ce site est là pour témoigner que les abus de conscience peuvent faire au moins autant de dégâts que des abus sexuels. Et cette nouvelle commission ne semble pas avoir reçu mandat pour traiter cela. Et c’est bien dommage. A Bethléem, par exemple, personne n’a été violé (ou presque) mais quid des personnes qui y ont perdu leur équilibre mental et y ont laissé une partie de leur vie ? Vous pensez que des bonnes paroles et une "écoute" suffiront ? Que Bethléem paye en monnaie sonnante et trébuchante pour ses multiples abus d’autorité qu’elle reconnaît enfin (voir ce communiqué : https://www.bethleem.org/annonces/docs/20211129_press_release.pdf ) qui ont détruit des vies ne me paraît pas exorbitant. Que disent là-dessus M. Garapon et la sœur Margron ?

        • AUX VICTIMES DE RELIGIEUX OU RELIGIEUSES, MÊME DÉCÉDÉ(E)S 4 décembre 2021 20:31, par Marie-Christine

          Damien,

          Je réponds en commençant par la fin.

          A ) Effectivement la commission Sauve n’avait pour mandat que de traiter des agressions sexuelles sur mineurs. Il ne faut pas oublier en effet qu’elle a été mandatée par la CEF et la CORREF sous la pression extérieure, en particulier pour éviter une commission d’enquête parlementaire, refusée, c’est vrai par le Sénat, mais le « boulet n’est pas passé loin « , si l’on peut dire. Et rien n’assure qu’il ne revienne pas.

          Je regrette infiniment comme vous que ce mandat ait été restreint aux agressions sexuelles.

          Cependant, il faut à la fois tenir compte :

          1 ) de la loi civile : les agressions sexuelles sur mineurs étant qualifiés de délits ou crimes selon leur gravité, le champ des « abus spirituels », abus de conscience, d’autorité n’existant au contraire pas dans le code pénal sinon comme abus de faiblesse beaucoup plus difficiles à prouver. A cet égard, de nombreuses procédures initiées pour abus de faiblesse ont été perdues devant un tribunal.

          2 ) et du contexte historique. Depuis les procès Barbarin et la « parole libérée « , l’opinion, le parlement ont, comme déjà dit, pris conscience de l’ampleur du problème des agressions sexuelles sur mineurs en Eglise.

          3 ) Sr Veronique Margron, ( dont on ne peut mettre en cause la probité et le très grand courage) et d’autres dans l’Eglise ( pas tous bien sur ; d’autres freinent des quatre fers ) sont bien conscients aussi du problème des « abus spirituels « . A preuve les enquêtes canoniques et apostoliques qui se multiplient. Meme si elle n’aboutissent qu’à des replâtrages, elles sont bien le signal qu’il y existe dysfonctionnements et dérives sectaires pour qui sait lire au delà des déclarations officielles. D’ailleurs, si Bethleem n’a pas connu d’abus sexuels apparemment, il n’en est pas de même de beaucoup d’autres communautés ( voir communauté St Jean, Béatitudes ; communautés mixtes ) etc..). Et les révélations ne sont pas finies.

          A ce propos, des opposants au rapport Sauvé commencent une contre offensive radicale ( cf le rapport extrêmement critique du rapport Sauve par 8 membres éminents de l’Academie catholique refusant, entre autres, le principe de toute indemnisation aux victimes ) Donc V. Margron, A Garapon et d’autres qui luttent pour les victimes depuis des annees etc…ne sont vraiment pas à critiquer en l’occurrence.

          4 ) On peut espérer à l’avenir que le sujet des « abus spirituels « sera sérieusement abordé. Ce qui nécessitera bien d’autres combats et prises de conscience.

          B ) La CIASE mettant au centre de son travail, le témoignage des victimes, s’est aperçue, comme deja dit, que nombre d’agressions sexuelles avaient eu lieu sur de jeunes majeurs ( cas indeniable de la communauté St Jean, des Béatitudes, mineurs et majeurs etc.. ) ou sur des religieuses mises auparavant sous emprise spirituelle. C’est ce qu’il faut entendre, encore une fois, par « personnes rendues vulnérables « selon l’expression de Marie- Jo Thiel ( médecin, théologienne et auteur d’un livre sur les agressions sexuelles dans l’Eglise ) C’est l’emprise spirituelle et la dérive sectaire qui rendent vulnérables des personnes qui ne l’étaient pas auparavant. Ou on comprend que ce phénomène puisse exister ( et certains livres de témoignages et sur ce blog aussi le démontrent pourtant bien), pas dans toute communauté nécessairement bien sur, ou on ne l’accepte pas. La CIASE, quant à elle, a pris au sérieux ces témoignages et consacré une partie de son rapport à ces faits.

          C) Les deux commissions d’indemnisation, une pour la CEF, une pour la CORREF sont en cours de formation. D’où deux adresses mail ?

          • Bonjour,

            Tout d’abord, je remercie toutes les victimes qui témoignent.

            En effet, il y a des abus sexuels mais aussi des abus spirituels. L’Église en a conscience. Mais quand se décidera-t-elle à stopper toutes ces dérives ?

            Moi, j’ai subi des abus spirituels au sein de la Communauté des Béatitudes. Cela fait 23 années que j’attends réparation ! Je n’y crois plus. C’est le silence total ! D’ailleurs, je ne crois pas en la réforme de l’Église. Et pour tout dire, je ne crois plus en l’Église !

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