Communiqué de presse de la Famille monastique de Bethléem

Jeudi 28 janvier 2021 — Dernier ajout vendredi 29 janvier 2021

Les soeurs de la Famille monastique de Bethléem mettent en place une cellule d’écoute et font le point sur leur chemin de conversion

Monastère Notre Dame du Saint Désert, le 5 janvier 2021

COMMUNIQUE DE PRESSE

Les soeurs de la Famille monastique de Bethléem mettent en place une cellule d’écoute et font le point sur leur chemin de conversion

Depuis 2017, les moniales de Bethléem poursuivent un chemin de conversion selon les orientations données par le Dicastère de la Vie consacrée à la suite de la Visite apostolique initiée en 2015. Le Conseil Permanent des moniales, composé de la nouvelle prieure générale, de 6 soeurs conseillères nommées par Rome et des assistants apostoliques, le père Jean Quris (diocèse d’Angers) et mère Geneviève (OSB) qui avaient conduit la visite dans les monastères de France et d’Israël, est déterminé à avancer dans ce travail de vérité et de réforme.

Ce chemin est passé par une prise de conscience progressive et douloureuse des conséquences qu’a eue sur certaines soeurs une conception de l’autorité idéalisée, ou fondée sur une mauvaise compréhension de l’obéissance monastique, entrainant des abus d’autorité ou de conscience et une dépendance affective.

Soeur Emmanuel, l’actuelle prieure générale, et les soeurs du Conseil Permanent, ont écouté des soeurs qui sont sorties. Elles tiennent, au nom de la communauté des moniales, à dire combien elles ont pris conscience des blessures et des traumatismes que de tels dysfonctionnements ont provoqués chez ces soeurs, dans leur estime d’elle-même, leur libre-arbitre, et leur relation de confiance à l’Église, nécessitant une reconstruction lente et difficile. Elles leur en demandent infiniment pardon.

Pour améliorer l’accueil et l’écoute de ces personnes qui ont été blessées et prendre en compte leurs plaintes selon les exigences de la vérité et de la justice, le Conseil permanent des moniales met en place une cellule d’écoute indépendante. Elle est composée de deux psychologues experts sur ces sujets, d’un père abbé émérite bénédictin, d’une moniale bénédictine, d’un ancien magistrat et d’un avocat également formé en droit canon. Cette cellule d’écoute est chargée de recevoir les témoignages, de recommander au Conseil Permanent les suites à donner afin de rendre justice aux victimes et d’émettre des préconisations pour la poursuite du travail de réforme.

La cellule d’écoute est joignable : cellule.ecoute.FMB@gmail.com

A la suite des conclusions de la visite apostolique, un chemin de conversion a été engagé et des avancées ont déjà été opérées ces dernières années. Le service de l’autorité mûrit progressivement grâce à l’exercice de la collégialité, aussi bien pour la prieure générale que pour les prieures locales. Les Chapitres locaux et les Conseils retrouvent leur rôle de consultation et de décisions, notamment pour les étapes d’admissions et les engagements des soeurs par la profession.

Depuis 2017, des sessions de prieures et de vicaires ont eu lieu avec l’aide d’intervenants extérieurs (théologiens, psychologues, moines), avec l’éclairage des derniers textes du Magistère et de la CORREF et le partage de témoignages des personnes blessées. Ces rencontres ont permis des évolutions, en particulier dans une meilleure circulation de la parole et de l’information au sein et entre les monastères, dans le discernement attentif et l’accompagnement des vocations, dans la possibilité de faire appel à un accompagnateur externe. Ces sessions ont été par ailleurs autant d’occasions d’avancer dans une réflexion sur la juste façon d’exercer l’autorité et de vivre l’obéissance, au service de la croissance de la personne dans le Christ.

La dernière rencontre des prieures de novembre 2020, avec l’aide des assistants apostoliques et d’Anne Lannegrace, psychologue et psychanalyste, a marqué une étape importante dans les prises de conscience des prieures sur la manière d’exercer le service de l’autorité. A la fin de cette session, les prieures ont exprimé leur adhésion à la publication de ce communiqué, à la constitution de la cellule d’écoute, manifestant leur détermination à aller au bout de ce chemin de conversion qui prendra effet dans les prochaines constitutions.

Les monastères sont impliqués dans ce cheminement depuis 2017, tout d’abord en ayant reçu les points relevés par le Dicastère à l’issue de la visite, puis au travers du travail de révision des constitutions de la Famille de Bethléem demandée par la Congrégation des Religieux.

Pour accompagner ce travail de refonte des constitutions, le Dicastère a nommé deux conseillers, en particulier pour les questions canoniques, les pères Dumortier (sj) et Toxé (op). Ce travail se fait avec la consultation régulière des professes perpétuelles, permettant réflexions et échanges dans une saine liberté de parole et une prise de conscience des habitudes à corriger. Les textes définitifs seront proposés au vote au prochain Chapitre Général des moniales prévu en 2021 puis seront soumis à l’approbation de Rome. Ils deviendront ainsi les textes de référence des soeurs de Bethléem.

Toutes ces étapes sont vécues en communion avec les frères de la Famille monastique de Bethléem et leur assistant apostolique et en lien étroit avec le Dicastère pour la Vie consacrée (CIVCSVA).

Sr Emmanuel, prieure générale précise « Nous avons conscience que ce travail nécessite du temps, de la patience, de la persévérance. La mise en place de la cellule d’écoute répond à notre profond désir de faire œuvre de justice et de réparation pour les personnes qui ont été blessées au sein de notre Famille et de leur demander pardon. Notre engagement est total dans ce chemin, notre dernier Conseil des prieures en a marqué une étape importante et nous sommes déterminées à aller jusqu’au bout. Malgré toutes nos erreurs et nos fautes, nous sommes témoins de l’Amour de Dieu et de la joie profonde que nous trouvons dans notre vocation monastique à la suite du Christ. Il est de notre responsabilité de purifier ce qui doit encore l’être pour que la vie évangélique selon l’Esprit puisse pleinement s’y déployer. Notre espérance pour l’avenir de notre Famille est fortifiée par les encouragements du Dicastère qui nous a redit la valeur du charisme propre à notre Famille monastique dont les assistants sont également les témoins. »

En novembre, les assistants apostoliques s’étaient adressés aux prieures en ces termes : « Le temps est venu d’une reconnaissance claire des erreurs et fautes du passé, pour que le charisme que vous avez reçu puisse être pleinement vécu. Comme tout charisme, il a quelque chose d’unique et de précieux à apporter à l’Église. Le chemin vécu avec vous depuis plus de cinq ans, nous en a convaincus. »

La branche des soeurs de la Famille Monastique de Bethleem a été fondée en 1950 et compte environ 550 soeurs réparties dans 29 monastères dans 15 pays. Elles vivent une vie monastique offerte dans l’adoration du mystère de la Très Sainte Trinité, avec la Vierge Marie, dans le silence, la solitude, la communion fraternelle, la liturgie et le travail.

Contact presse : contact@bethleem.org

Voir en ligne : https://www.bethleem.org/annonces/2...

Vos réactions

  • J’ai connu les Petites Soeurs de Bethléem quand j’avais 17 ans en 1971, époque où les jeunes avaient été sollicités pour venir aider à construire les bases du nouveau monastère de Poligny. Une Petite Soeur m’a accompagnée des années dans mon chemin vers la vie religieuse avec beaucoup de bons sens, sans jamais m’attirer vers sa communauté. Mes contacts au long des années ( retraite, temps de Désert) ont toujours été positifs. Les révélations sur le dysfonctionnement vécu à l’intérieur m’ont d’autant plus touchée et peinée. La lecture récente des documents publiés après le dernier Chapitre me réconforte. Que le Seigneur soutienne les PSrs qui sont aujourd’hui en responsabilité, et toutes les PSrs dans leur nouvelle orientation de fond .

    • Votre chance est probablement de n’y être pas entrée.

      Ces sœurs ont irrémédiablement gâché des dizaines de vies. Ces vies sont passées par perte et profit par votre message (et peut-être plus largement). C’est pourquoi, la lecture en est à peu près insupportable pour ces personnes.

      En dernière analyse, ce n’est pas des sœurs dont il doit être question en premier mais bien plutôt des vies saccagées (et tant qu’il en restera une de vivante …). Un aspect des choses maintes fois signalé mais qu’on tend toujours à oublier tant les vieilles ornières sont confortables …

  • UsqueAdFinem 16 décembre 2021 14:52

    Je n’ai pas lu les sept pages du dernier communiqué de presse donné par les sœurs à la fin du mois de novembre, après leur dernier chapitre général. C’était un certain piège pour moi et j’ai préféré lire le résumé publié par l’Avref sur son site, généralement sérieux : impression que tout est rentré dans l’ordre, … même si l’on dit aussi que le changement de mentalité demandera beaucoup de temps.

    En tapant « Sœurs de Bethléem » sur internet, on trouvera sous le site de la communauté, une publication du diocèse de Paris, datant de 2020, où il est question du Monastère de Saint-Honoré d’Eylau, Paris 16e. On y lit ceci : « Une solitude en Dieu, si chère à la famille monastique de Bethléem, depuis sa naissance en 1950 ».

    Oh ! comme il est aisé de refaire l’histoire quand les personnes concernées ne sont plus là ! Que Sœur Marie ait eu un rêve de solitude lorsqu’elle s’est lancé dans la fondation de la nouvelle communauté, le 02 février 1951 (1950, c’est « seulement » la proclamation du dogme de l’Assomption, le jour de la Toussaint), … Que Sœur Marie ait eu un rêve de solitude lorsqu’elle s’est lancé dans la fondation de la nouvelle communauté, non sans hésitation et dans l’obéissance à son père spirituel (le Père Marie-Dominique Philippe), c’est certain pour qui l’a connue. Mais les autres sœurs ? Qui étaient les autres sœurs ?

    Sœur Marie, de son propre aveu, a réprimé son désir de solitude pendant 25 ans. Je le tiens de sa bouche et même de sa plume : « Après 25 ans, n’a-t-on pas le droit … ». Que s’est-il passé durant ces 25 ans où l’on a ratissé bien large car il s’agissait seulement, et par obéissance, d’assurer la réussite de la communauté, et donc avant tout sa survie ?

    Au bout de 25 ans, Soeur Marie a pensé pouvoir réaliser son rêve. Il y avait pour cela des signes (le Monastère de Currière-en-Chartreuse …). Les personnes embarquées depuis 25 ans, une petite centaine de sœurs assez disparate, n’avaient qu’à suivre dans l’obéissance. Le temps des sacrifices était fini pour Sœur Marie. Maintenant, c’était le tour des autres …

    Que les personnes compétentes apprécient à sa juste valeur cette forme de spiritualité.

    Personnellement, j’ai du mal à penser qu’une communauté fondée sur un tel fondement puisse avoir un avenir. Bien sûr, le tour de passe-passe sur fond d’illuminisme a marché, très bien marché. Cela fait bien trente ans que les sœurs qui rentrent, le font pour le nouveau Bethléem instauré au forceps. Et, pour elles, il n’y a plus de forceps, c’est ce qu’elles recherchaient. Il reste seulement les dysfonctionnements dont on s’occupe fort heureusement … N’empêche que je me dis - lorsque j’y pense - que si un tel parcours a un avenir, s’il est béni par le ciel …, je me demande si je ne préfère pas donner mon âme au diable ! C’est si troublant …

    Il y a des oiseaux qui construisent leur nid de cette façon : sur un nid préexistant, volé en l’absence des parents ; on brise les œufs, on tue les poussins éventuels et on construit le nouveau nid sur les cadavres que l’on ne cherche même pas à retirer. Ce n’est pas gênant. C’est la nature. Ce sont des oiseaux, fort beaux, gracieux, aériens et bien en voix. Ce sont des animaux …

    Et puis, cette phrase : « La beauté sauvera le monde ». Si loin de la réalité monastique, … quasi antinomique, me semble-t-il. Il y aurait bien à dire, là aussi …

  • A.Casado 3 décembre 2021 12:56

    Bonjour je veux répondre à ce mensonge Sr Emmanuel, prieure générale précise « Nous avons conscience que ce travail nécessite du temps, de la patience, de la persévérance. La mise en place de la cellule d’écoute répond à notre profond désir de faire œuvre de justice et de réparation pour les personnes qui ont été blessées au sein de notre Famille et de leur demander pardon. Notre engagement est total dans ce chemin, notre dernier Conseil des prieures en a marqué une étape importante et nous sommes déterminées à aller jusqu’au bout. Malgré toutes nos erreurs et nos fautes, nous sommes témoins de l’Amour de Dieu et de la joie profonde que nous trouvons dans notre vocation monastique à la suite du Christ. Il est de notre responsabilité de purifier ce qui doit encore l’être pour que la vie évangélique selon l’Esprit puisse pleinement s’y déployer. Notre espérance pour l’avenir de notre Famille est fortifiée par les encouragements du Dicastère qui nous a redit la valeur du charisme propre à notre Famille monastique dont les assistants sont également les témoins. »

    Je ne crois pas à aucun changement puisque la novelle générale fait partie de la triade. Aucun changement alors que des prieures sont les mêmes depuis 30 ans. Nos resterons malades à vie et cela elles nous parleront encore de tout donner entre les mains de la Vierge Marie.

  • Discrimination 25 mai 2021 18:47, par Ferrari

    Pour améliorer l’accueil et l’écoute de ces personnes qui ont été blessées et prendre en compte leurs plaintes selon les exigences de la vérité et de la justice, le Conseil permanent des moniales met en place une cellule d’écoute indépendante. »

    « La mise en place de la cellule d’écoute répond à notre profond désir de faire œuvre de justice et de réparation pour les personnes qui ont été blessées au sein de notre Famille et de leur demander pardon.

    Ces soeurs de Bethléem sont bien drôles. Elles manifestent regret, repentir et conversion mais elles se sont bien défendues de faire une juste et loyale divulgation de leur démarche. Il suffit d’aller sur leur site et cliquer dans les diverses langues du site. C’est une tour de Babel. Presque toutes les langues n’ont pas le communiqué dans la langue qui leur correspond. Quand il y est. On sait que les soeurs sont très prisées d’estèthique. Si elles avaient une vraie intention de réparation l’annonce serait faite avec sérieux en chaque langue du site. Et très beau ! Loin de là.

    L’annonce qui a été fait sur un site espagnol donne une adresse mail éronnée ! cell.ecoute.FMB@gmail.com.

    Le titre de cette annonce en Espagne a été aussi "réduit" et il ne fait pas mention à la Cellule d’Ecoute Indépendante. Il ne fait mention qu’au chemin de conversion des soeurs de Bethléem. Donc, un communiqué censé annoncer une Céllule d’Ecoute pour allerter des victimes, ne titre que l’aspect louable de la « conversion » des bourreaux ! Quelle victime va penser à lire le communiqué et chercher réparation puisque le titre ne fait pas mention à la Cellule d’Ecoute ?

    https://www.agenciasic.es/2021/02/11/las-hermanas-de-la-familia-monastica-de-belen-hacen-balance-en-su-camino-de-conversion/

    Bien sûr, il ne convient pas que les très nombreuses soeurs espagnoles et sud américaines qui ont été détruites moral et psychologiquement viennent demander réparation.

    Et s’il s’agit de Cellule d’Ecoute peut-être qu’il aurait été normal de disponibiliser un contact téléphone. Pour écouter. Loin de là. On a choisi le moyen que les soeurs qui sont sorties ont peut-être le plus de difficulté à utiliser. On n’a pas eu d’internet au monastère ! S’il est déjà bien difficile de parler de choses si délicates en sa propre langue évaluez ce que ce sera le faire par écrit et en une autre langue. Mais qui en veut savoir ? Personne.

    De fait on ne fait qu’ajouter du mépris au mépris. Car un des problèmes principaux de la Famille de Bethléem est bien la discrimination envers les soeurs de langue non française. Sont elles qui ont souffert et qui souffrent le plus. Mais qui en veut savoir ? Personne.

    La Cellule d’Ecoute a été constituée ayant en compte les nombreuses soeurs de langue non française qui ont été victimes d’abus ? Bien sûr que non. Cependant il y a plus de monastères hors France qu’au dedans. Il y a quelqu’un de langue hispanique ou italienne dans la Cellule d’Ecoute ? Ou de langue slave ? allemande, autrichienne, néerlandaise ?

    Si vous avez répondu « Non » vous avez pigé l’affaire.

  • Marjorie 5 mai 2021 06:20

    « Ce chemin est passé par une prise de conscience douloureuse et progressive… » : il n’y a rien d’étonnant à ce que les responsables de la Famille monastique de Bethléem utilisent des phrases aussi mal formulées (cf. le commentaire de Anne Thoraval), car elles ont fait appel à une spécialiste en communication pour écrire leur communiqué de presse. Or on sait bien que les spécialistes en communication ont l’art de produire des textes dont l’ambivalence permet de leur faire dire ce qu’on a envie de leur faire dire, sans se soucier que leur contenu soit conforme à la réalité des faits.

    Le propos des sœurs de Bethléem n’est pas de dire la vérité à travers ce communiqué de presse, mais d’y faire passer le message qu’elles veulent faire passer. Leur but est de « redorer leur image de marque » auprès de l’opinion publique. Elles cherchent à rassurer les gens en leur faisant croire que les accusations de dérives sectaires qui ont été portées contre leur Congrégation appartiennent maintenant au passé, qu’elles regrettent « infiniment » leurs erreurs (il y a juste que Dieu seul est infini !), et qu’elles ont changé de comportement et de pratiques. Les responsables actuelles de Bethléem demandent pardon pour les fautes du passé commises par les anciennes responsables : elles ne peuvent pas faire autrement, puisque ces fautes ont été dévoilées sur la place publique. Mais les responsables actuelles de Bethléem ne demandent pas pardon pour les fautes qu’elles ont continué de commettre depuis la visite apostolique initiée en 2015 et depuis la nomination de sœur Emmanuel et des sœurs de son Conseil. Or il y a encore actuellement beaucoup d’abus de pouvoir et de conscience dans cet Institut religieux, mais cela reste occulté et entouré de déni.

    Pour ce qui est du bilan que les responsables actuelles de la Famille monastique de Bethléem font de l’évolution de leur Congrégation, ce descriptif est mensonger. Elles font passer les directives qu’elles ont reçues de l’Église pour la réalité de ce qu’elles mettent en place, mais ce qu’elles en disent ici est de la fumisterie. Elles ont l’art de mélanger le vrai et le faux pour enfumer l’esprit des gens, si bien que les personnes de l’extérieur n’y voient que du feu : « Tout va très bien, Madame la Marquise… ». En réalité, tout ne va pas aussi bien que les responsables de la Famille monastique de Bethléem voudraient le faire croire.

    « En novembre, les assistants apostoliques s’étaient adressés aux prieures en ces termes… » : la fin de ce communiqué de presse se présente comme un spot publicitaire adressé aux jeunes femmes qui voudraient rejoindre cette Congrégation. On les rassure en leur disant que le charisme de cette Famille monastique est unique et précieux pour l’Église, et que les assistants apostoliques en sont convaincus.

    Le problème, c’est que les soeurs de la Famille monastique de Bethléem qui sont encore à l’intérieur de cet Institut sont beaucoup moins convaincues de la conversion de leur Institut que ceux et celles qui ont écrit ce communiqué de presse. Un petit signe peut nous en mettre la puce à l’oreille : depuis cinq ans, il y a au moins une soixantaine de sœurs qui ont quitté cette Congrégation, beaucoup d’autres ont demandé des « permissions d’absence » et, parmi celles qui y vivent encore, il y en a un bon nombre qui se demandent si elles vont y rester.

  • Anne Thoraval 24 février 2021 23:24

    "Ce chemin est passé par une prise de conscience progressive et douloureuse des conséquences qu’a eue sur certaines soeurs une conception de l’autorité idéalisée, ou fondée sur une mauvaise compréhension de l’obéissance monastique, entrainant des abus d’autorité ou de conscience et une dépendance affective". J’ai cru mal lire. J’ai relu. C’est tarabiscoté comme tout : la "conception de l’autorité idéalisée" provient-elle des soeurs ou de la fondatrice ? La "mauvaise compréhension de l’obéissance monastique" est-elle inscrite dans la pensée de la fondatrice ou dans la jeunesse des soeurs ? Mais il s’agit de "certaines soeurs", pas de toutes. A cause d’elles, il faut modifier des choses. Traduction : des soeurs immatures et à la spiritualité peu éprouvée ( que font-elles dans la communauté ?) n’ont rien compris à ce qu’on leur disait et ont cru bien faire en en faisant trop, ce qu’on ne leur avait jamais demandé. Ces gourdes, pardon ces soeurs ensuite s’en sont plaintes. Mais grâce à une" prise de conscience progressive et douloureuse", on a bien compris que c’est exactement ce qui s’est passé, que c’est terrible la subjectivité. Eh oui, c’est bien triste, mais qui ne fait pas d’erreur. La cellule d’écoute pleine de compassion et de charité est là pour bien vous le réexpliquer. "En novembre, les assistants apostoliques s’étaient adressés aux prieures en ces termes : « Le temps est venu d’une reconnaissance claire des erreurs et fautes du passé, pour que le charisme que vous avez reçu puisse être pleinement vécu. Comme tout charisme, il a quelque chose d’unique et de précieux à apporter à l’Église. Le chemin vécu avec vous depuis plus de cinq ans, nous en a convaincus. » Une reconnaissance "claire" peut-elle vraiment soutenir la réalité d’un quelqconque charisme ? Et de conclure : "La branche des soeurs de la Famille Monastique de Bethleem a été fondée en 1950 et compte environ 550 soeurs réparties dans 29 monastères dans 15 pays. Elles vivent une vie monastique offerte dans l’adoration du mystère de la Très Sainte Trinité, avec la Vierge Marie, dans le silence, la solitude, la communion fraternelle, la liturgie et le travail." Waouh, que c’est beau. Alors on ne va pas larguer tout ça, hein… Mais les mots ont un sens. Recette d’une cellule de pensée (plutôt) : 1 Lire et relire le témoignage d’Hélène 2 Comparer avec ce "Communiqué de presse" 3 Réaliser qu’on a bien lu ce qu’on a lu ( en buvant un coup pour se remettre) 4 On reconnait l’arbre à ses fruits : ils ont été mauvais, ils sont mauvais, ils seront mauvais.

    • @Anne Exactement ma pensée ! « La branche des soeurs de la Famille Monastique de Bethleem a été fondée en 1950 et compte environ 550 soeurs réparties dans 29 monastères dans 15 pays. » Regarde … dans un video pour mendier en Allemagne la prieure (Sr. Marie-Ange) dit en Sept. 2020 « 500 membres ».

    • Actuellement j´ai vecu dans un nouveau lieu du travail le troisieme jour une telle sorte de harcellement et de mechanceté que Bethléem me semble comme le ciel sur la terre. La pluspart des soeurs au noviciat a eu un charactére trés pur et idealiste et plein de charité. La hierarchie au Bethléem était sans doute psychopathe. J´ai perdu la sagesse de Bethléem de me taire en face de personnes plein des esprits demoniaques.

      C´est « normale » partout dans l´eglise, la societé de deformer la verité, de produire de texte completement pervers (comme celle de la part de Bethléem concernant son esprit de repentir).

      Je suis sûr que dedans de Bethléem la corona-Pandemie est bienvenue et identifier a travers le livre de l´apolalypse de St. Jean comme le signe definitif du retour du Christ.

    • Communiqué de presse de la Famille monastique de Bethléem 25 février 2021 20:02, par Marie-Christine

      Eh oui ; c’est très drôle !

      Plus de 5 ans pour en arriver à ces conclusions que tout le monde, sans boule de cristal ou révélations de la Vierge, aurait pu prévoir puisque tout le monde ou a peu près ( sauf les gourdes qui n’avaient pas compris ou qu’on n’avait pas initié à la vie religieuse ou le noyau dur des responsables, plus les sœurs sous emprise, ou encore les laïcs gravitant autour, comme d’habitude, éperdus d’admiration ) connaissait les problèmes depuis très longtemps : ça fait beaucoup… D’autant plus qu’il s’agit toujours des mêmes dérives ou presque dans toutes ces « communautés dites nouvelles ». 

      En réalité , faut entre lire entre les lignes et traduire en langage clair la liste de ces dérives, encore une fois bien connues ; abus d’autorité, de conscience, idolatrie de la fondatrice puis de ses disciples, liens affectifs tordus avec les responsables, confusion du for externe et du for interne, conception extrémiste de l’obéissance etc…etc… : tous faits extremement graves pour la liberté, la santé et l’equilibre des pauvres sœurs embarquées dans cette aventure et qui ont d’ailleurs détruit beaucoup d’entre elles.

      Mais attention ! Il ne s’agit que de certaines sœurs : auteurs ou victimes des abus ? Effectivement, on ne sait pas trop et pas d’un système dont les fondements, voire la spiritualité, ne seraient pas très « catholiques » et pourrait être la vraie cause de ces dérives. Et puis le « charisme « ( ce grand mot aussi vague qu’impressionnant qui explique et excuse tout ! ) est tout à fait sain et saint, et, en plus « précieux pour l’Eglise. », Rien que ça ! Et puis, y a un nombre de sœurs, d’implantations, non négligeable.

      Donc on continue…Et cela dispense de parler des nombreuses victimes abîmées à vie par ce type de communautés et de se soucier de celles qui leur succederont. En fait ; c’est pas drôle du tout …C’est triste à pleurer.

    • J’ai moi-même fait partie des moniales de Bethleem de 2013 à 2016. Je suis donc dans la période du début de la visite apostolique.

      J’ai quitté la communauté parce que j’allais devenir folle à essayer de vouloir vivre la solitude. Je ne peux pas tellement dire que j’ai développé de l’affinité avec les soeurs. Ceci dit, il faut admettre que j’étais beaucoup sur mes gardes puisque j’avais fait partie d’une autre communauté nouvelle pendant 7 années. J’avais connu les tout début de cette autre communauté et nous y avions fait beaucoup d’erreurs de jeunesse et de manque d’expérience, si bien que cette communauté également est aujourd’hui au prise avec des histoires de justice.

      Donc, voilà, je n’ai pas été marquée à Bethleem pendant ces 3 années comme j’ai été marquée par ma première communauté.

      J’ai été beaucoup surprise par différentes manières de percevoir l’obéissance, la pauvreté et la chasteté… Il m’a semblé voir beaucoup d’erreurs.

      Ceci dit, lorsque j’analyse les nombreuses critiques sur les moniales (ou sur les gens de ma première communauté religieuse), je vois aussi beaucoup de dérives. Il y comme un engouement, un filtre dans lequel on se prend et qui nous empêche de voir la réalité de façon lucide… Il me semble. Et je trouve cela dommage parce que du coup, ça rend l’analyse de la communauté difficile ! Et je suis certaine que ça complique la vie des personnes qui sont nommées pour aider à rectifier la communauté !

      Par exemple, pour ma part, j’ai connu une personne dans les moniales de Bethleem que je voyais comme une grande manipulatrice… J’ai passé mes 3 années à analyser cette femme pour la comprendre. Au final, j’en ai bien déduit que ce n’était pas une cinglée qui cherchait à tromper autrui dans le but d’assouvir ses propres besoins ! Bien au contraire ! C’était une personne sensible, qui était d’une autre culture que la mienne, d’une autre génération et avait tellement appris à surveiller ses mots pour ne pas heurter personne que j’avais toujours l’impression qu’elle cachait quelque chose.

      Faire la part des choses, parler en je sens que, il me semble que… ça permet quelques fois de mieux cerner la réalité objective et aider à débarquer de ses blessures !

      Par ailleurs… pour ma part, je ne suis pas prête à aller les rencontrer… et j’ignore en effet qu’elle est la part entre la belle main d’écriture et la reconnaissance réelle du besoin de restructuration… En 3 ans, je me suis spottée quelques prieures dont je suis certaine de la bonne intention et d’un désir de suivre Dieu.. Quand je serai prête, afin de ne pas demeurer sur des mauvaises perceptions de la communauté, je prendrai contact avec l’une d’elles (surtout que j’ai envoyé quelques messages bien méchants où mes blessures criaient), et j’irai discuter simplement…. en espérant un échange de pardon mutuel !

      Enfin, une dernière chose ! Il y a tellement d’analyses dans les témoignages qu’on ne peut presque rien faire avec ça ! C’est comme des analyses subjectives ou tout le monde se flattent dans le sens du poil pour se dire que moi j’étais pas dans l’erreur mais elles oui ! puis la preuve c’est qu’on n’est plusieurs à penser de-même !

      Si on veut aider à la communauté : nommez des paroles et des faits concrets et arrêtez les analyses subjectives ! Surtout, personnellement, j’écoute davantage les gens qui mettent des nuances ! Y a pas de loups-garous, de vampires et de sorcières dans les monastères ! Dans la majorité des cas, y a des personnes de bonnes intentions qui se sont trompées, tout comme moi aussi je me suis trompée !

      Je le redis en d’autres mots ! Si l’obéissance était mal vécue, moi-même, je n’en étais pas certaine ! Si j’en avais été certaine, j’aurais été à l’aise de vivre l’obéissance d’une meilleure façon (au lieu de chialer), et en voyant un acte et une pensée de vérité, cela aurait éclairé d’autres soeurs qui m’auraient suivies… Donc, ce que moi je ne savais pas et n’étais pas en mesure de vivre, les autres autour de moi non plus, ne le savaient pas et n’étaient pas en mesure de la vivre !

      Pour sûre, ce qui est vrai, c’est que lorsque l’on sort d’une société, que ce soit une communauté religieuse, ou même un pays, il est plus facile alors de voir les erreurs… À preuve, ceux et celles qui font des voyages d’aide humanitaire en Afrique… De retour en France, on voit les dérèglements sociaux ! Il en va de-même pour les communautés religieuses ! Alors, je dirais, elles ont besoin que les gens blessés parlent ! Mais qu’ils parlent comme du monde !

      Un secret : Moi, je me prends une feuille de papier, ou je me filme… et je dis toutttt ce que je voulais dire ! Et après, je me pose cette question : Qu’elle est ma recherche dans ce que je dis ? Ah ok ! au fait (Car j’entends beaucoup ça de la part des anciens de Bethleem), j’ai une culpabilité cachée soit envers moi-même ou à cause du regard des autres, d’avoir quitté la vie monastique et alors, j’essaie de me prouver à moi-même que je ne pouvais rien faire d’autres… que les soeurs étaient vraiment trop sectaires. Ou encore : quand je parle, j’ai l’impression que c’est moi qui est dans le tort, alors il faut que j’essaie à tout prix de convaincre les autres que moi, c’est pas de ma faute ! J’ai rien à me reprocher ! Je pourrais continuer longuement la liste ! Ça saute aux yeux quand on li les témoignages ! Un coup qu’on en prend conscience c’est là qu’on peut vraiment aider ! Qu’est-ce que vous attendez pour être satisfaits ? Qu’elles ferment leur porte ? Ça n’arrivera simplement pas ! Elles sont trop nombreuses ! Est-ce que le fait qu’elles continuent à vivre cela vous donne l’impression que c’est vous les menteurs ? Bien si oui, alors ce n’est pas le cas ! Mais posez-vous la question : qu’est-ce qui vous fera arrêter de crier ?

      Un coup débarqué de tout cela, vous serez vraiment en mesure d’aider !

      En ce qui concerne le travail de l’agent de communication, je ne vois pas ton nom apparaître, mais c’est bien à ton message que je réponds… on voit que tu as fait des études dans le domaine et moi aussi… En tout cas, une chose est certaine : un bon communicateur n’encouragera jamais une organisation à demander pardon… c’est un terme à proscrire… Pour ma part, je vois plutôt l’idéologie très forte à Bethleem de demander pardon pour tout… J’en ai vu de toutes les couleurs, des panthos réels et des panthos à se faire tourner les yeux dans la tête !

      Jusqu’à quel point est-ce qu’elles prennent vraiment conscience du mauvais fonctionnement de la cmté ? Je l’ignore… mais je veux dire, si elles ne changent pas.. c’est de leur problème, pas du mien ! Au pire, il arrivera d’autres erreurs qui permettront de faire la lumière… mais ces erreurs, ni moi ni toi en souffriront, alors on peut se coucher en paix ! …

      Bonne continuité ! On risque de tous vivre ensemble rendus au ciel… ça fait du bien d’y penser !

      Une ancienne religieuse qui n’a plus la santé mentale et physique pour penser vivre d’une telle vie ! et merci Seigneur de me donner cette chance maintenant de marcher vers la vie maritale !

  • Isabelle 15 février 2021 13:03

    Je viens de terminer la lecture du livre :

    « 15 ans dans l’enfer de la famille monastique de Bethléem »

    https://www.editions-harmattan.fr/i...

    Ce livre ayant paru en décembre, et ce communiqué de presse en janvier, il me semble qu’il est un peu une réponse direct à ce livre, qui est très dur à lire ! Cette soeur avait tout pour elle : elle était aimante, travailleuse, artiste, déterminée dans le don de sa vie pour Jésus, et les soeurs l’ont humiliée de façon atroce… quel courage faut-il pour vivre des choses pareilles, car c’est un vrai martyre ! Que le Seigneur bénisse maintenant sa vie, sa famille… Comme dit le père Pierre Vignon dans la Préface, on souffre avec elle, et on souffle avec elle quand elle en est sortie.

    Espérons surtout que les soeurs de Bethléem vont vraiment faire ce qu’il faut pour que tout cela n’arrive plus !

    • Ma maman (91 ans) a infiniment souffert parce que le recrutement de Bethléem est trés manipulatrice. Elle a la diagnose de dementia mais hier elle a constaté que c´est indispensable que l´auteur d´un livre sur les derives de Bethléem a vecu de longues années dedans. C´est pour moi chocant qu´elle fait une telle « discernement » entre les personnes qui presente leur critique publiquement. Mais en realité je ne comprends pas comment on peut faire ses voeux temporaires ou perpetuelles dans cette congregation. Pardon pour cette sorte de « Victim blaming ».

      Le plus visible signe de hybris : La congregation n´a pas O.S.B. ou O.P. ou … Rien de ca ! Au contraire un si long nom de communauté qu´on se demande vraiment si c´est une blague ou non. C´est absolument exceptionnel. Et Rome a due le critiquer aussitôt. Mais Rome a rien fait. Jamais ! La visitation … pour faire rigoler.

  • La Baptisé 6 février 2021 12:22

    Golias a - comme toujours - la meilleur vue sur le scandal eclatté en 2001 (Messages privées de la « Vierge » ? a travers une voyante a Bethléem, Israel).

    https://www.golias-editions.fr/2021/02/04/la-famille-monastique-de-bethleempoursuit-son-chemin-de-redemption/

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