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Souvenirs des F.M.J de Blois - 1989/1995

Le mercredi 26 octobre 2022

Je ne suis qu’un laïc, extérieur aux F.M.J, que j’ai croisées « par hasard » en octobre 1989, en passant devant l’église Saint Nicolas, de Blois, à l’heure des laudes : la porte était ouverte, je suis entré. La nef était sombre. Tout au fond, dans la chapelle absidiale, derrière le chœur, « ça » chantait. Sensible à la musique, ce chant, psalmodié à 4 voix, m’a rapidement amené, quelques jours plus tard, à aller voir, c’est à dire, écouter de plus près. Avant d’y revenir, assidûment, et d’y participer.

C’est cette liturgie qui m’a séduit et m’a amené à demander le baptême, en 1992, reçu à la Pentecôte 1995. Pour des raisons personnelles d’un cursus de vie difficile, j’avais suspendu quelques temps ma démarche de préparation baptismale et je n’avais pu le recevoir à Pâques (ainsi que la confirmation) Quelques semaines après cet évènement, je disparaissais du monde en me retranchant volontairement dans une clinique, pour me préparer à y mourir. Maladie incurable, mortelle à 100%, à l’époque. Ce ne fut pas le cas.

Lorsque je revenais à moi, presque deux plus tard, les F.M.J n’officiaient plus à Blois, suite à la maladie du prieur, frère Pierre Cuperly, successeur du père Louis (Magdala) ; ne restaient que quelques sœurs. J’ai dû quitter Blois, d’abord pour Reims, où je croisais les clarisses du Tinqueux. Avant de rejoindre très vite Tours, où je me rapprochais de ma parroisse « de banlieue », des dominicains du couvent de Tours et, dans une moindre mesure, des bénédictines du Sacré-Cœur de la Basilique Saint-Martin.

Je revis une dernière fois, en octobre 2005, et avec quelle émotion, frère Pierre Cuperly, à Magdala, quelques mois avant sa mort. Quelques années plus tôt, un mien correspondant du C.H.R.U de Tours, vers qui mon parrain m’avait orienté m’avait écrit une dernière fois, dont ceci : « votre manière de vous battre vous a sauvé » Dans cette « manière » dois-je y inclure, au premier chef et rang de proximité, les F.M.J et leur liturgie, qui m’ont interpellé et mené jusqu’au baptême et à la foi, qui reste solide et indestructible, apres toutes ses années. Elle a mûri, s’est consolidé, à dû se réorienter, géographiquement et spirituellement.

On peut reprocher (?) à cette liturgie son…emprise ? son efficacité ! J’ai découvert, à Tours, qu’elle émanait du compositeur dominicain André Gouzes, lui aussi accusé depyis de choses innomables. Je l’avais croisé à Tours, et repété sous sa direction une composition commandée pour les fêtes de la Sainte Face. Tout comme le père P-M Delfieux quant à lui un très court instant, à Magdala, dans un couloir, en 1995.

Proche géographiquement du sanctuaire marial de Pellevoisin, et très proche depuis 2006, j’y ai rencontré et appris à connaître les soeurs et frères de Saint Jean. J’y ai croisé une fois leur fondateur, écouté en conférence, quelques semaines avant sa mort.

Les Saint-Jean, encore, dans le cadre des à côtés de mon travail chez les Apprentis dAuteuil, autre prieuré, celui de Saint Quentin, également ébranlé par des « affaires » de mœurs. Cette période me valu de devenir parrain d’un jeune, en 2010.

Le charisme, l’Église, les communautés religieuses comme anciennes…la liturgie, devraient-elles, ou ne sauraient-elles n’être que résumées à cette succession d’abus, d’erreurs, de tromperies, de mensonges et d’horreurs, à laquelle et auxquels je semble avoir échappé par je ne sais quel…miracle ? Je ne sais. Je ne suis et ne reste toujours qu’un simple laïc, modestement engagé dans trois groupes fraternels séculiers, fidèle en paroisse.

Avec mes excuses pour la longueur de ce témoignage qui, je l’espère, ne sera pas lu, vécu, perçu comme du « bavardage ». C’est une partie, une longue partie de ma vie que je vous partage, depuis cette « métanoïa » rendue possible il y a bien, bien longtemps, par une rencontre fortuite, un matin, dans une sombre église sur le livre d’or de laquelle j’avais lu cette phrase, alors adolescent et simple touriste de curiosités architecturales « dûment estampillées Monument Historique » ceci : « c’est en visitant cette église [Saint Nicolas de Blois] que j’ai compris que Dieu était mort ». Eh ! N’etait-ce pas la mission que s’était donné, et avait donné aux F.M.J leur fondateur : être moine/moniale au cœur des villes, témoins et évangélisation dans ces nouveaux déserts spirituels ?

Merci aux F.M. d’avoir…permis ?…provoqué ?…accompagné cette rencontre avec un Dieu vivant, qui se désespère, ou pas, de ce que Ses ouvriers soient parfois si défaillants, tellement humains dans leurs pauvreté, petitesse et perversion, oui.

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