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Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
Bonjour Françoise, Une petite anecdote savoureuse, rapportée par Pierre Vignon soi-même. À l’étable une vache vient de véler. Mais l’étable est pleine et on ne sait que faire du veau. On consulte Marthe : « On pourrait le mettre dans le salon du Père Finet dit-elle mi-figue, mi-raisin… »
*** 1963 environ. Une des deux aides de Marthe qui vivait à la ferme et était entièrement dévouée au Père Finet témoigne : Il est minuit. Une vache est entrain de véler très difficilement. Le vétérinaire est à l’étable. La jeune femme vient à la cuisine. Elle aperçoit la silhouette d’une femme assise sur ses talons. Elle a peur que la silhouette vienne à l’étable. Le P.Finet a sermonné le personnel de la ferme : ces silhouettes c’est le démon. Mais Thérèse puisque c’est son nom sait bien qu’il s’agit de Marthe.
*** Dans une vidéo publiée sur la page Facebook d’Artege, Pierre Vignon montre les fameux chaussons de Marthe. Les semelles sont crottées, comme si elles avaient visité nuitamment une étable.
*** Plusieurs, dont moi ont été trompés par la publication tronquée qu’a faite Jean Guitton du rapport médical de 1942. Le Pr Dechaume, une sommité en neurologie a bien cherché le signe de Babinski et a conclu à une atteinte neurologique par un virus neurotrope. Plus tard d’autres experts se sont penchés sur son rapport dont un Professeur Gille qui conclut que Marthe pouvait néanmoins se déplacer à la manière d’un cul-de-jatte.
*** Un handicap d’origine neurologique n’exclut pas la névrose. La névrose n’exclut pas la sainteté. L’atteinte neurologique peut favoriser des hallucinations, la névrose peut être à l’origine de ce qu’on appelle un delirium onirique.
*** La stigmatisation se serait produite entre 1930 et 1932. Marthe n’a rencontré le P.Finet qu’en 1936. Si suggestion il y a eu elle n’est pas de son fait. JB oriente plutôt vers la lecture de Brentano/Emmerich. C’est une stigmatisation sans plaies. Dans une vidéo YouTube le Dr Assailly explique que les stigmates du front apparaissaient pendant la Passion comme des turgescences sous épidermiques. Le médecin légiste dépêché par le Cardinal Renard 3 jours après la mort de Marthe n’a constaté aucune plaie. Le P.Colon a témoigné avoir vu pendant une passion une petite coupure, comme au bistouri de chaque côté du nez au niveau des artères nasales.
*** Ce qui nous rassemble sur ce forum c’est la perspective de la canonisation de Marthe après les révélations de Conrad de Meester puis de Joachim Bouflet. Pas facile de voir clair. Je ne suis pas choquée qu’une grande handicapée ait un peu de vie personnelle, de mobilité, la nuit, à l’abri des regards. Ce qui me dérange, ce sont ses écrits.