En réponse au message :
Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
Bonjour Françoise. Si vous pouviez éviter de noyer votre interlocuteur sous un déluge de mots, si vous vous absteniez de pratiquer l’inversion accusatoire et les imputations gratuites, cela faciliterait grandement l’échange, qui sans cela devient impossible. 😡
Je réponds sur quelques points.
Tout d’abord, non je ne suis pas la personne qui vous écrit sur Golias, j’ai vu que vous y interveniez sous votre prénom, mais je n’ai jamais écrit une ligne sur ce site. Et je ne souffre pas de trouble de personnalité multiple comme, paraît-il, Marthe Robin. 😉
Je comprends que vous ayez pris l’exact contre-pied des opinions politiques et religieuses de votre père, mais ce n’est pas parce qu’on ne partage pas les vôtres Françoise qu’on est nécessairement un facho ou un catho réac, complice, forcément complice, des dérives des communautés et de l’aveuglement ou de la collusion de certains pasteurs de l’Église, prêtres, évêques ou cardinaux. Cette posture vis-à-vis de moi ne relève pas du militantisme, estimable et utile, comme le travail fait par la Parole libérée ou Golias (dont la sensibilité n’est pas la mienne) mais de la pensée sectaire, dont j’ai absolument horreur, qu’elle vienne de vous ou de ceux que vous combattez (qui ne sont pas mes amis). Vos attaques gratuites sont écrites, me dites vous, sous le coup de la fatigue de fin d’année scolaire. Soit, nous avons le même métier, j’accepte ce début d’excuse. Car tous mes messages sont là pour vous prouver que je n’ai aucune sympathie ni connivence pour le mal qui se commet dans l’Église, et encore moins au nom de l’Église, même si mon angle est différent du vôtre.
Ce que je vous reproche, et j’ai eu l’occasion de le dire en privé à Xavier Léger il ya qq semaines, qui de son côté m’a invité à respecter les règles de modération du forum (vous voyez, je ne vous cache rien) c’est de tirer argument du mal qui est dans l’Église pour vous livrer selon votre pente naturelle (qui a ses excuses au vu de votre vécu familial douloureux) à une surenchère outrancière et globalisante qui en plus de heurter mes convictions profondes et l’amour que j’ai pour l’Église, cherchent à entraîner d’autres personnes, légitimement scandalisées par ce qui s’y passe, dans vos schémas de rejet total. Comme dans la vie on peut aimer jusqu’à un certain point une personne qui vous fait du mal, sans être fou ni masochiste, sans y laisser sa peau non plus, tout simplement parce qu’il nous est donné de l’aimer de l’amour que Dieu a pour tous les hommes. Le Christ lui l’a fait jusqu’au bout pour nous tous, y compris les plus méprisables des hommes. Et son amour n’a rien d’éthéré, même s’il est doux et humble de cœur : je n’ose imaginer les quatre vérités qu’il dirait à tous ces fils du diable d’aujourd’hui qui s’imaginent ainsi servir Dieu : « Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent ; mais n’agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas. » (Matthieu 23,3) C’est très précisément là où je me tiens en m’efforçant de faire et d’observer ce que dit l’Église en fidélité aux paroles du Christ.
Cela ne doit donc pas vous étonner ni vous scandaliser qu’on puisse avoir été blessé par l’Église, et qu’on y reste fidèle comme moi ou ce père de famille dans l’article de La Croix (dont le fils a été abusé par un prêtre et la foi a mise à l’épreuve par l’attitude révoltante de l’évêque). Je tente de vous l’expliquer (une dernière fois). J’aime l’Église parce que j’aime le Christ qui l’a aimée en premier et l’a rachetée par son précieux sang. C’est cette réalité mystique (mais concrète) de l’Église qui est aimable, non le péché de ses membres, qui lui est haïssable.
Je vous souhaite vraiment Françoise de faire ce chemin de Damas vers l’Église telle qu’elle a été voulue et aimée par Notre Seigneur, et d’entendre pour vous même cette parole du Christ qui nous est à tous personnellement adressée : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Le Christ n’a pas dit à S. Paul : "pourquoi persécutes-tu les miens ?" comme on aurait pu s’y attendre, il a parlé de Lui. Cette identité entre le Christ et son Église, Ste Jeanne d’Arc l’a aussi affirmée devant les juges ecclésiastiques qui l’ont condamnée au bûcher « m’est avis que du Christ et de l’Église c’est tout un ». Et aussi, car elle n’était ni « folledingote » ni aveugle, à celui qui la persécutait bel et bien : « Évêque, c’est par toi que je meurs ». Elle faisait cette distinction qui peut être effectivement déchirante ou inconfortable, mais je préfère l’inconfort plutôt que de renoncer aux droits et aux exigences de la vérité que Dieu m’a fait connaître dans ma foi personnelle, qui n’est pas une leçon que je récite bêtement.
Je pense qu’il y a une part de malentendu entre nous. Une ancienne de Bethléem que connaît ma mère m’a dit il y a plusieurs semaines, au moment où j’ai eu l’idée de témoigner publiquement de ce que ma mère avait vécu, que vous étiez une personne sympathique. Je ne suis pas non plus un méchant bonhomme, juste un peu rugueux quand on m’attaque gratuitement.
Je reconnais que vous m’avez éclairé sur les réseaux de pouvoir qui se cachent derrière les communautés nouvelles. Vous parlez de Gerald Arbola, je pourrais vous parler de Philippe Rouvillois qui a un profil professionnel similaire au sien (dans la filière nucléaire), dont il est question dans l’ouvrage de Marie-Christine Lafon (pp. 376-378). Proche de MDP, de Bethléem, etc, Ph. Rouvillois est, je ne vous apprends rien, le père du fr. Samuel de St Jean, éjecté dernièrement par Mgr Cattenoz de son (ancien) diocèse. Je mène comme vous mes très modestes recherches personnelles pour comprendre ce phénomène des communautés nouvelles, qui va effectivement au-delà de l’aspect religieux dévoyé, car il a aussi, comme le dites, ses ramifications mondaines dans une certaine élite bourgeoise. De cela Céline Hoyeau ne dit mot dans son livre. Nous avons au moins là un terrain commun.
Je vous ai parlé du dossier Dutroux (wikileaks), parce qu’il est fait état, dans au moins un témoignage, de soirées très spéciales dans les années 80 au château de Dongelberg en Belgique, avec quelques noms qui peuvent vous être connus, car sur la « sainte mafia » vous disposez d’infiniment plus d’informations que moi.
Bon voilà, je vous ai tout dit, je m’étais promis de ne plus vous répondre sur ce blog, ne serait-ce que pour éviter à chaque fois une salve plus ou moins furibonde de réponses de votre part, qui ne fait qu’ajouter du bruit à ce blog, et aussi à me dispenser d’avoir à rédiger des réponses de plus en plus stériles. Mais je ne pouvais pas laisser passer vos accusations injustes envers moi, ni vous laisser ridiculiser les avis de Suricate dans ce qu’ils peuvent avoir de juste en regard de la foi catholique, Suricate dont j’ai plus ou moins compris les démêles avec la FMRI. Nous sommes tous blessés ici, respectons-nous au lieu de nous entre-déchirer et quittons-nous (?) au moins bons amis, sans finir par des chansons ou des piques. Cordialement. Damien