En réponse au message :
Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
Évidemment Marie-Christine que la compréhension profonde du mystère chrétien ne s’est pas faite en un jour, ce que n’ignorait pas non plus S. Vincent de Lérins, dont vous nous dites que l’affirmation est fausse (un des Pères de l’Église, faut oser !) :
« Il faut donc que croissent et progressent beaucoup l’intelligence, la connaissance, la sagesse de chacun des chrétiens et de tous, celle de l’individu comme celle de l’Église entière, au cours des siècles et des générations, pourvu qu’elles croissent selon leur genre propre, c’est-à-dire dans le même sens, selon le même dogme et la même pensée. »
Vous me parlez de « nouveaux » dogmes mariaux que l’Église a promulgué tardivement. C’est une erreur de votre part, on n’a pas attendu 1854 pour croire que la Sainte Vierge a été « par une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, préservée intacte de toute souillure du péché originel » ni 1950 pour croire que « la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste. » Cela a été cru dans l’Église dès les tout premiers siècles, sous l’inspiration de l’Esprit de Vérité (Jean 16, 13), même si cela n’est pas directement scripturaire. Je vous conseille la lecture des articles correspondants sur Wikipédia qui sont très correctement faits.
Dans l’Église, il y a toujours eu des hérésies, des schismes, d’ âpres débats théologiques, sans parler de toutes sortes d’abus et de compromissions avec l’esprit du temps, mais nous devons tenir dans la foi qu’à la Pentecôte le Christ a donné l’Esprit-Saint à Son Église (qui ne nous appartient donc pas et qui n’a pas reçu mandat pour faire n’importe quoi) afin de la garder dans la vérité et indemne de l’erreur en matière de dogme et l’assister infailliblement, quels que soient les hommes faillibles, pécheurs et limités qui la composent (dont je suis !)
Vous me dites que les fondateurs ont été bien formés. Vraiment ? Une Odile Dupont-Caillard qui entre chez les dominicaines en 1946, qui quitte sa communauté supportant mal la discipline religieuse et passe ensuite en 1950 à Soisy-sur-Seine (auprès de l’Eau vive) et fonde dans la foulée sa communauté à sa fantaisie au milieu de nulle part avec une ou deux copines sous la houlette du dominicain Ceslas Minguet (qui s’évanouit aussitôt dans la nature), vous croyez réellement que c’est une fondatrice qui a reçu une formation solide après même pas 4 ans d’une vie religieuse instable ?
Et un Thomas Philippe, bonne formation thomiste certes, mais esprit assez dérangé pour croire en 1938 devant le tableau Mater admirabilis à des relations charnelles entre la Vierge Marie et le Christ Jésus et l’enseigner à ses ouailles ? C’est un docteur de l’Église dans son style ? Dans le genre travaillée du bonnet on a aussi une Chiara Lubich et sa théologie à l’avenant : "chaque âme des Focolari doit être l’expression de moi et rien d’autre." Cela sonne catholique à vos oreilles ? Aucune trace d’hérésie ? Sous couleur de théologie orthodoxe, l’enseignement à destination d’un cercle restreint d’un Marie-Dominique Philippe semblait aussi s’approcher d’une forme de gnose. Sa doctrine de "l’amour d’amitié" était totalement dévoyée.
Des fondateurs à l’esprit malade, des escrocs et des impudiques qui enseignent en privé des hérésies, vous leur donnez un brevet de catholicité ? "Fidèles au magistère et au pape" ? Publiquement peut-être, mais on sait très bien, plus on avance dans les découvertes, à quoi s’en tenir.
Oui le charisme de guérison et le ministère de l’exorcisme ont été donnés par le Christ, mais pas pour en faire ce qu’en ont fait certains "charismatiques" souvent dans le désordre le plus total et sans souci de la discipline de l’Église."Dieu n’est pas un Dieu de désordre." dit Saint Paul. Conscient des dérives dans le domaine de la guérison et de l’exorcisme, le cardinal Ratzinger avait d’ailleurs fait ces rappels en 1985 et 2000, que n’ont pas vraiment suivis ceux dont on parle, que vous dites fidèles au magistère :
« Depuis quelques années, dans certains cercles ecclésiaux, se multiplient les réunions de prière qui visent à obtenir la délivrance de l’influence des démons, même s’il ne s’agit pas là d’exorcismes proprement dits ; ces réunions se déroulent sous la conduite de laïcs, même si un prêtre est présent. […] Les évêques sont priés de veiller à ce que – même dans des cas qui, bien qu’ils excluent une véritable possession diabolique, semblent cependant révéler une certaine influence diabolique – ceux qui n’ont pas le pouvoir nécessaire ne dirigent pas des réunions dans lesquelles on fait usage de prières pour obtenir la délivrance, au cours desquelles les démons sont directement interpellés et où l’on cherche à connaître leur nom. »
« En effet, il est clair que saint Paul, en parlant des divers charismes en 1Co 12, n’attribue pas le don des « charismes de guérison » à un groupe particulier (apôtres, prophètes, enseignants, dirigeants ou autres) ; c’est même une autre logique qui guide la distribution : « Mais tout cela, c’est l’unique et même Esprit qui l’opère, distribuant ses dons à chacun en particulier comme il l’entend » (1 Co 12,11). Par conséquent, dans les assemblées de prière organisées pour demander à Dieu des guérisons, il serait arbitraire d’attribuer un « charisme de guérison » à une quelconque catégorie de participants, par exemple aux dirigeants du groupe" […] Il est en outre nécessaire que, durant leur déroulement, on n’en vienne pas, surtout de la part de ceux qui les dirigent, à des formes semblables à l’hystérie, à l’artificialité, à la théâtralité ou au sensationnalisme. »