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Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
Le mardi 8 juin 2021
Bonjour Françoise. C’est un plus compliqué que cela. Toutes les communautés n’ont pas la même inspiration de départ, qu’il faut bien distinguer :
- L’Opus dei ou les légionnaires du Christ viennent d’une frange très conservatrice, voire réactionnaire, et cléricale de l’Église. Ce sont de véritables églises dans l’Église, avec un côté « affairiste » qui leur donnent beaucoup de pouvoir et une grande impunité.
- Marie-Dominique Philippe a été effectivement proche de Mgr Lefebvre, cependant il s’en est distingué par le fait qu’il a choisi de rester en phase avec l’Église post-conciliaire. Mais la dérive ne vient pas de là, mais des délires mystico-sexuels qu’il partageait avec son frère qui se sont transmis dans toute sa communauté par un cercle rapproché de frères (et sœurs). Et chez certains frères de St Jean d’un attrait pour les médecines parallèles, le new age, etc.
- Pour la FSSPX, c’est leur cléricalisme à outrance et leur marginalité dans l’Église, qui en fait un groupe assez clos, qui est à la source des problèmes d’abus sexuels.
- Pour l’Emmanuel et les Béatitudes l’influence du pentecôtisme est patente. Gérard Croissant était un protestant, certes converti au catholicisme, mais très proche de l’esprit de Lanza del Vasto (pour le côté hippie et ésotérique) et surtout du pentecôtisme américain. La dominicaine Marie-Ancilla a très bien analysé cela.
Le problème, Françoise, c’est que vous mélangez tout pour tout mettre dans le même sac. Les communautés nouvelles viennent d’un catholicisme corrompu par toutes sortes d’influences (y compris politique, je vous l’accorde) sans rapport avec une foi chrétienne authentique catholique et apostolique. Le remède à l’effondrement de ce catholicisme dévoyé n’est ni dans l’intégrisme, ni dans le progressisme façon Golias dont vous vous faites ici le héraut (je ne connais pas de féminin pour ce mot, désolé 😉 )