En réponse au message :
Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
Damien avait écrit, le 27 mai : « J. Bouflet est historien, et même spécialiste des phénomènes mystiques, il n’est pas psychiatre, ni psychologue. Sur quoi se fonde-t-il exactement pour avancer ce diagnostic ? »
J. Bouflet cite brièvement, divers médecins (dont le Pr honoraire de psychiatrie et psychanalyste connu D Wildocher). Il présente surtout des extraits très significatifs des écrits (rédigés en 87 et 92 et qui, à ma connaissance, n’avaient jamais été publiés) du
Dr ANDRÉ CUVELIER, (lui aussi neuropsychiatre, décédé en 2000).
Les citations de Cuvelier, dont certaines occupent deux pleines pages, fleurissent ici ou là dans le livre de J. Bouflet. Elles témoignent d’une recherche sérieuse et de la réflexion subtile d’un psychiatre qui connait son métier et, en outre, a une connaissance (qui me fait défaut) des « phénomènes mystiques ».
J. Bouflet déplore le fait que C. De Meester « n’a pu bénéficier de l’apport et du regard du docteur Cuvelier, car LES PISTES DE RÉFLEXIONS QUE CELUI-CI PROPOSAIT N’ONT, ÉTRANGEMENT, PAS ÉTÉ SUIVIES, du moins au niveau de la Commission diocésaine… »
A Cuvelier regrette que, dans le rapport de J. Dechaume et A. Ricard, « l’examen psychologique (ait été) écarté d’emblée sous le prétexte que le sujet paraissait sincère… Tous les spécialistes savent bien que la majorité des mystiques douteuses apparaissent toujours sincères… Il est extrêmement difficile de voir clair et nous ne prétendons pas, d’ailleurs voir clairement ‘’le cas Marthe Robin’’. Par suite de l’insuffisance des examens, il nous sera pratiquement impossible de répondre à certaines questions. » (p 75)
Au terme d’une analyse soigneuse et argumentée, A. Cuvelier s’interroge « N’y a-t-il pas chez Marthe la POSSIBILITÉ D’UNE DOUBLE PERSONNALITÉ ET PEUT-ÊTRE PLUS ? »
A Cuvelier prend soin d’attribuer à chacune de ses propositions UN DEGRÉ DE CERTITUDE en leur associant les termes : « il ressort » ou « indéniable » (= c’est avéré) « peut-être » ou « il semble » (= c’est une hypothèse, pas une certitude)
Lisons donc avec discernement :
« IL RESSORT de cette réflexion que Marthe Robin présente des phénomènes non expliqués, sortant de l’ordinaire dus à un psychisme très particulier, avec des états de conscience modifiés, très sensibles à la suggestion, présentant PEUT-ÊTRE des personnalités multiples. (…)
IL SEMBLE BIEN que Marthe ne cherche pas à tromper, elle joue son rôle en toute bonne foi. Elle ne simule pas mais il n’en reste pas moins vrai que les phénomènes qui l’entourent NE SEMBLENT PAS d’origine surnaturelle.
Mais on ne peut comprendre (ou du moins tenter de comprendre) le psychisme de Marthe sans évoquer son entourage. Celui-ci a joué un rôle suggestif INDÉNIABLE (…) et l’influence du père Finet est capitale, d’autant plus qu’il semble piégé par sa dirigée. Qui dirige l’autre ? Nous avons là un ‘’couple mortifère’’ : deux personnes réagissant l’une sur l’autre et entretenant mutuellement leur névrose. » (p 202-203)
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Malgré ce qu’annonce le 4° de couverture, il ne me semble pas que l’ouvrage de J. Bouflet soit « le livre qui clôt définitivement le débat ». Certes, il me semble improbable qu’on puisse DÉMONTER - DE MANIÈRE PLUS ARGUMENTÉE qu’il le fait - les hypothèses de A. Cuvelier, même si on peut multiplier les hypothèses diagnostiques concernant Marthe Robin, (ou crier au scandale)…
Bouflet note que « les pistes de réflexions que (A. Cuvelier) proposait n’ont, étrangement, pas été suivies ». Il serait regrettable qu’on laisse échapper, le temps passant, certaines de ces « pistes ». Or il convient de souligner qu’à côté de ce qu’il assortit d’un prudent « peut-être », A. Cuvelier estime « indéniable » l’existence d’un « COUPLE MORTIFÈRE » (Marthe Robin-Georges Finet, … ou l’inverse).
CERTAINES ANCIENNES ÉLÈVES DE L’ÉCOLE DES FILLES DE CHATEAUNEUF qui avaient été égratignées par ce « couple mortifère » en ont témoigné auprès de la commission Gausen qui a publié un rapport de synthèse. Mais, il n’est pas très précis. On ignore, par exemple, quelles étaient PRÉCISÉMENT LES « QUESTIONS INTRUSIVES SUR LEUR SEXUALITÉ » que le P. Finet posait aux adolescentes. En somme, qu’est-ce qui INTÉRESSAIT PARTICULIÈREMENT GEORGES FINET chez ces jeunes en pleine mutation pubertaire : seins, poils, règles, masturbation, rêves érotiques, relations sexuelles etc ?
Car, les amateurs de policiers le savent, une enquête peut avancer grâce à un « petit détail » livré par quelqu’un qui n’en avait pas vu l’importance. MERCI À CES FEMMES QUI NOUS PARTAGERONT LEURS TÉMOIGNAGES ! Cela pourrait être mis en parallèle avec certains points troublants des « enseignements » de G. Finet et de sa fascination pour Marthe Robin.