En réponse au message :
Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
Permettez-moi de vous rappeler, Claudine, qu’un travail tant soit peu scientifique implique deux étapes : (1) recueil et vérification de données, puis, (2) DANS UN SECOND TEMPS SEULEMENT, leur interprétation. Or, les Dr. Dechaume et Ricard n’ont constaté AUCUNE LÉSION CUTANÉE chez Marthe Robin, ni AUCUN SIGNE DE NEURO-SYPHILIS. Je trouve votre hypothèse un peu « audacieuse », puisqu’elle s’appuie sur des lésions non observées et une histoire de syphilis dont on ignore les fondements.
Personnellement je m’en tiens, sur le plan du diagnostic NEUROLOGIQUE, à la conclusion de J. Dechaume qui, n’ayant RIEN TROUVÉ DE CARACTÉRISTIQUE QUI EXPLIQUE L’IMPOTENCE CONSTATÉE DES MEMBRES INFÉRIEURS, évoque la POSSIBILITÉ qu’elle résulte d’une affection virale ancienne. Il me semble donc improbable que l’intéressée ait pu, par la suite, marcher comme n’importe qui, mais cela N’EXCLUT PAS LE FAIT QU’ELLE AIT PU SE TRAINER comme C. De Meester en fait l’hypothèse.
Pour mieux appréhender le livre de C. De Meester, il peut être intéressant de se pencher sur d’autres de ses travaux. Il a, par exemple, réalisé l’édition des « œuvres complètes d’Élisabeth de la Trinité ». L’ouvrage témoigne d’un énorme travail, rigoureux, pointilleux. : Dans ce livre, paru en 1980, l’auteur s’intéresse, de manière inhabituelle dans ce type de traité, à L’ÉVOLUTION DE L’ÉCRITURE d’Élisabeth dont il présente la photo de dix exemplaires. Cet intérêt et la COMPÉTENCE DE PALÉOGRAPHE qu’il en avait acquise contribuent au caractère un peu inhabituel de sa recherche sur les écrits de Marthe Robin. Mais, dès ce volume, apparaissaient certains commentaires « psychologisants » qui, par leur caractère naïf et conventionnel, détonaient avec le professionnalisme du Carme besogneux. Cette particularité m’a rendu pénible la lecture du gros volume qu’il a consacré, plus tard, à la biographie d’Élisabeth.
C’est donc avec cet « arrière plan » que j’ai abordé « la fraude mystique » et j’y ai retrouvé ces deux caractéristiques des écrits du P. De Meester : (1) Il déploie pleinement sa compétence de chercheur méticuleux. Quand il cite des éléments, on peut admettre qu’il les a dûment vérifiés.
(2) Quand il commente et interprète ce qui se situe dans son champ de compétence, j’ai tendance à le suivre. Mais je suis plus réservée sur ses commentaires psycho-médicaux. Ainsi il accorde une place non négligeable à ce qu’il présente comme une RUMEUR : M. Robin serait une enfant illégitime. (L’histoire de la patronne qui aurait fauté avec un garçon de ferme syphilitique sent le roman de quai de gare !) Je regrette ses considérations étiologiques sur la syphilis du père biologique supposé. C. De Meester semble même oublier qu’il s’appuie sur ce qu’il a qualifié de « rumeur ». Cela entache, à mon avis, d’un certain discrédit son travail, par ailleurs si précieux. Dommage que ses publications n’aient pas été relues (et corrigées) pas un psy ou même un médecin non psy…
Cependant, l’idée d’une Marthe-bâtarde devrait réjouir ses zélateurs : elle se trouve ainsi en bonne compagnie, puisque des exégètes contemporains, et non des moindres, pensent que Jésus était bâtard !
PS : Si vous souhaitez poursuivre ce dialogue (+ souvenirs d’HCL) qui sort un peu de l’objectif de ce forum, Claudine, vous pouvez demander mon adresse mail à ses modérateurs que je remercie alors de vous la transmettre.