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Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
À la limite le plagiat on s’en fout sauf à faire subodorer la suggestion que les textes copiés ont provoquée la copieuse. Ce qui est troublant c’est la dissimulation de la possibilité d’écrire soi-même alors qu’on s’en dit incapable, de se déplacer alors qu’on se dit grabataire. Dissimulation qu’on peut excuser car il faut respecter la pudeur d’une handicapée qui ne veut indisposer personne par ses difficultés majeures à se mouvoir. Si on avait moins exalté l’extraordinaire de sa vie on tomberait de moins haut. Conrad de Meester admet un vrai handicap physique. Il sous-entend une neurosyphillis ce que Marthe semble confirmer lorsqu’ elle dit à Madame Bonnet que c’est à cause de ses parents qu’elle est comme ça. Le père biologique avait la réputation d’être malade et il a très bien pu contaminer la mère. Ce n’est qu’une hypothèse. Je dis en clair ce que Conrad de Meester dit en crypté. La dissimulation ne serait plus une faute mais une politesse. L’exaltation religieuse une surcompensation. Le moi grandiose halluciné une conséquence de la maladie. Croire à l’amour infini qui relève ce serait plutôt parfaitement chrétien. Mais témoigner d’un Dieu pervers qui en rajoute à vos souffrances, beaucoup moins. Il y a dans cette histoire un mélange de sadomasochisme pathologique, de foi et d’espérance véritable, et de manip pour survivre assez désagréable à découvrir. Enfin, Marthe a réussi sa propre vie et c’est bien. Ne nous laissons pas éblouir. C’est tout ce que je dis. Ne ratons pas la notre en nous laissant fasciner par la sienne !