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Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
Tout d’abord merci Françoise pour ces deux articles sur l’encéphalite léthargique. Je connaissais le deuxième mais pas le premier…qui parle de maladie contagieuse. Marthe est le seul cas connu à Chateauneuf et ne semble pas avoir contaminé grand monde ! Et un virus qui vous tient pendant 60 ans …Disons que ce doit être un peu comme la polio. On parle de séquelles. Marthe n’avait pas de paralysie oculaire, pouvait parler mais pas avaler, (on se demande comment elle faisait avec sa salive). Ou alors elle n’avait pas de salive. Comment alors aurait-elle pu parler pendant des heures ? Il y a tellement d’incohérences dans tout ça. Pour ce qui est des us et coutumes de la région , je ne les ai pas étudiées l’ayant quittée à 20 ans. Je ne peux parler que de ce que j’ai constaté. Dans les familles paysannes la ferme était l’outil de travail et le lieu de vie. Le propriétaire exploitant y demeurait toute sa vie.La propriété était transmise à l’enfant qui l’avait acquise par son travail non rémunéré jusqu’à la retraite de ses parents. Les autres enfants devaient apprendre un métier et les filles se marier. L’héritier avait la charge de ses parents jusqu’à leur mort. Sans doute aussi du frère ou de la soeur handicapée. L’héritier était le fils aîné en général. Ce qui pouvait provoquer beaucoup d’amertume chez les filles. Dans la famille Robin c’est donc Henri le fils qui a hérité de la ferme. Il avait sa soeur handicapée à charge. Soeur qui dit-on était un cerveau et dirigeait la ferme de son lit. Lorsqu’elle a fondé la communauté du Foyer de Charité en 1936 elle aurait normalement dû aller vivre dans sa communauté. Son frère aurait alors pu faire sa vie. Mais non ! le Foyer de Charité a racheté la ferme ! Ferme qui est devenue le siège social de la firme. Dans le dernier livre de Peyrous et ailleurs on voit bien comment Roger Malzieu, un veuf qui avait été mon voisin avant le décès de sa femme, André Maréchal et quelques hommes membres du Foyer de Charité qui travaillaient à la ferme étaient dirigés par Marthe. Main de fer dans gant de velours, mais c’était elle la patronne ! J’entrevois dans la vie de Marthe une revendication féministe. Et dans la vision de 1933 pendant laquelle Jésus aurait délivré le texte fondateur des Foyers de Charité, ce dernier , bon prince , aurait affirmé à Marthe que le Père Finet ne pourrait rien faire sans elle ! Moyennant il est vrai, son incessant holocauste ! J’ai rencontré Marthe en présence et hors présence du Père Finet. Hors présence elle était morose et culpabilisante, en présence elle était enjouée et charmante. Tout le monde n’a pas l’honneur d’être le neveu du Fondateur de Peuple Libre le journal diocésain ! Moi j’étais une fille de sa race et elle sentait peut-être chez moi monter la contestation !