En réponse au message :
Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
Bonjour Françoise, Votre analyse est vraiment pertinente. Je confirme la sociologie des amis des Foyers de Charité. Je n’ignore plus rien de l’aristocratie française ni des magnats de l’industrie.Je les ai rencontrés pendant mes 7 ans d’études. Les filles de paysans comme moi étaient là en raison de la proximité de l’école. Vous partez du principe que Marthe a bien souffert d’encéphalite léthargique et que cette maladie aurait provoqué une akinésie invalidante. Dans ce cas elle ne pouvait pas se lever. Il n’y a pas non plus de tremblements parkinsoniens. Pourtant, c’est vrai Conrad de Meester lui reconnait une réelle impotence. Ce qui change un peu la perspective. Mais cette terrible maladie est propice aux hallucinations. Marthe a fait comme elle pouvait. Je comprends qu’elle ait lu tous les livres de spiritualité qui lui sont tombés sous la main pour donner un sens à son expérience. Elle a fait corps avec ses lectures. On est vraiment dans le domaine de la suggestion. La seule chose qui m’importe c’est qu’on n’aille pas canoniser une hérésie ! Et la façon dont certains biographes en font la quatrième personne de la Trinité, l’humanité crucifiée, on se demande pourquoi, change la perspective théologique. C’est vrai que l’humanité est crucifiée. Toutes ces terribles maladies, la shoah, tous les génocides, etc…Le mystère de la Croix du Christ changerait complètement de sens si l’Eglise en canonisait Marthe la mettait au même niveau. La croix de Jésus ne serait plus que solidarité avec la souffrance de l’humanité. Exit le « Il est mort pour nos péchés ». Resterait « La Lumière est venue dans le Monde et les siens ne l’ont pas reçue ». Fut-elle sainte Marthe ne peut pas être co-rédemptrice. Si on la canonise il va falloir préciser les choses !