En réponse au message :
Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
Oui, tout à fait, Anne. L’aliénation, l’auto-mutilation, l’apanage de l’intégrisme doloriste depuis le Moyen Age (pénitents espagnols par exemple), revu et actualisé au 19e dans une perspective gothico-romantique, puis dans les imitations de Jésus-Christ et les cantiques à trémolos genre Minuit Chrétien (le divin rédempteur vient de là). Et repris par les groupes dérivants sectaires les plus rigides comme l’Opus Dei comme les ordres religieux les plus durs également.
La recette est anti spirituelle au possible. Mais elle flatte un clergé réactionnaire et dominateur. Qui voit d’un très bon œil ce type d’attitude, surtout de la part d’une femme.
On comprend qu’avec la radicalisation et la restauration conservatrice opérée par JP2 et poursuivie jusqu’à aujourd’hui par le Vatican et les hauts-clercs, le discours de Marthe Robin (enfin sa compilation passéiste), séduise ses représentants les plus radicaux. Les croyants, à moins d’être complètement conditionnés au plan familial dans ce type de moule, ça paraît plus compliqué. Le respect de soi et l’acceptation de soi pour pouvoir aller plus facilement vers les autres et vivre de façon apaisée et heureuse les relations sociales, ça fait partie des bases éducatives depuis déjà quelques décennies. Si l’on peut comprendre qu’à l’époque de jeunesse de Marthe, on était plutôt dans un discours culpabilisant, Dieu merci, nous sommes sortis de ce registre depuis les années 70. Et ce n’est pas dommage.