En réponse au message :
Entretien avec Pierre Vignon : "Marthe Robin : une fausse mystique ?
Marie-Christine
Vous voyez bien qu’en parlant de vérité objective, vous utilisez juste après le mot réalité. Et vous rajoutez objective pour ne pas faire la confusion avec vérité croyance. Vous ne pouvez pas utiliser le mot vérité tout seul car il fait référence aux croyances, donc à la subjectivité. Pas à quelque chose de réel, de concret. CQFD. Je ne vais pas vous embarquer dans des neurosciences appliquées ni vous parler de la notion de vraisemblance uniquement basée sur les pensées conscientes, les pensées inconscientes étant beaucoup plus nombreuses, parce que là, la notion de vérité devient encore plus floue et plus que subjective.
L’utilisation de vérité scientifique disparaît de plus en plus au profit de réalité scientifique. Et ce n’est pas un hasard dans la mesure où la science ne relève pas de la croyance mais de l’expérience, de calculs, donc du concret.
Par contre, le roman clérical, le roman national, on peut parler de vérités puisque ça reste de la croyance.
Idées, jugements, théories relèvent la plupart du temps du subjectif, limités par ce que l’on croit à un moment M. Ces idées, jugements, théories peuvent changer à tout moment et se reconstruire complètement différemment au fil de la vie. Ce que vous pensiez vrai à 5 ans, ne l’est plus à 15, et ce que vous pensiez à 15 ne sera plus vrai à 35, etc, etc.
La réalité, vous pouvez la toucher, la goûter, la mesurer, la voir. Que ce soit un objet, un paysage, une personne, une situation de la vie courante. Vous ne pouvez pas changer la réalité sauf par une action concrète (par exemple, je plante un arbre dans un pré, après la plantation, le pré aura changé d’aspect et encore plus au fil des ans). Vous y êtes confrontée chaque jour.
La vérité à contrario, ne se mesure pas, ne se touche pas, ne s’expérimente pas, ne se voit pas. C’est seulement ce que vous pouvez raisonner à l’intérieur de votre tête, toute seule ou à plusieurs et qui change perpétuellement. Qui n’est pas quelque chose de figé. Et qui est limité par vos croyances du moment et vos pensées conscientes. Et que vous pouvez reformuler et reformater à l’infini. Que ce soit pour vous rendre malheureux ou heureux. Une vérité on la choisit.
Pas la réalité la plupart du temps. D’où le besoin de bien des humains pour échapper à la réalité, ne pas s’y confronter, de rêver, de faire de la poésie, de pratiquer l’art, la littérature, de construire des vérités, des croyances (positives comme négatives) pour se maintenir dans une certaine dénégation de la réalité et contrôler leur environnement.
L’analyse que j’ai faite de vous, est une simple observation de comment vous répondez aux uns et aux autres. Je sais que Suricate est un homme. Je ne pensais pas à lui, je vous parle de votre rapport aux autres femmes qui s’expriment ici. Quand je vous vois vous précipiter à flatter la très grande majorité des intervenants masculins ici, à chaque intervention ou presque et à grand renfort de superlatifs et au contraire, la plupart du temps critiquer les femmes qui s’expriment, sauf quand celles-ci ont un titre professionnel qui vous convient ou une médiatisation, j’en déduis une difficulté réelle à reconnaître à la fois votre parole et celles de vos consoeurs. Pourquoi faites vous cela ? Je n’en sais rien. Et je n’ai pas envie de m’y pencher, ça vous regarde. Mais c’est un fait concret qui s’est reproduit un grand nombre de fois depuis que je vous vois intervenir ici. Donc quand vous me dites que ma façon de m’exprimer vous pose un souci je ne suis guère étonnée dans la mesure où, la plupart du temps, votre rapport aux femmes sur ce site en tout cas, est compliqué.
J’ai une approche certes un peu brute, mais quand je m’exprime, ça n’a rien d’une idéologie. Je me base sur du vécu et des ouvrages sérieux. Pas des fumées de tête. Je ne surinterprète pas. J’observe les comportements, les répétitions de situations, le vocabulaire utilisé, les contextes, les lieux, les dates, les saisons, les modus operandi, les évolutions, les déplacements, les personnes. Pourquoi ? Parce que ça m’intéresse et que je souhaite comprendre toujours ce qui se vit, ce qui se passe, le comment du pourquoi des choses, des êtres. Donc là encore, ce n’est surtout pas de l’idéologie. Car l’idéologie, c’est de la croyance. Pas du concret 3D.
Si vous avez enseigné les sciences humaines, ça relève du monde des idées. Donc je comprends que vous teniez à des vérités, des idéologies, des croyances. Et que vous les plaquiez sur les autres.
De mon côté, j’enseigne depuis près de 20 ans le dessin et la peinture académique, l’architecture, le design toutes techniques. Je peins et dessine sur motif gens, architectures, paysages, portraits, avec une approche technique bien précise suivant les outils et médias et supports. Je suis sur du concret, du réel. Je ne fais pas de conceptuel ni d’abstrait ni d’interprétation.
Je n’ai pas besoin de fuir la réalité pour la changer, je l’étudie avec passion tous les jours au plus serré pour la rendre au plus juste, par une observation attentive quasi clinique. Que ce soit les matières, l’ombre, la lumière, le grain, la brillance, la matité, l’opacité, la transparence, le reflet, l’influence de la saison, le jeu des complémentaires suivant l’heure et la météo. Et je l’associe à une ou plusieurs techniques picturales avec des règles bien précises et qui n’ont absolument rien d’idéologies mais qui ont à voir avec des réactions chimiques, de l’optique, de la perspective, de la composition, des proportions. Et j’enseigne tout ça. Avec comme ligne directrice, l’observation attentive de l’environnement. Sans chercher à interpréter, justement. D’où la difficulté. Mais aussi l’intérêt. Car l’observation clinique renseigne bien plus que les idéologies et les croyances.
Je procède donc, de par cette activité pro et artistique, de la même façon quand je m’exprime sur des sujets et que j’analyse des comportements. Je m’appuie sur du concret observé. Pas sur des idées. D’où d’ailleurs ce que j’ai pu noter sur les différences d’approches que vous avez suivant vos interlocuteurs. Donc revoyez votre analyse sur mes propos. Car là, sans vouloir vous vexer, vous faites vraiment fausse route et c’est vous qui êtes dans le jugement et l’idéologie. Mais ceci étant, je ne m’en formalise pas du tout puisque c’est lié à vos pratiques professionnelles. Donc merci de m’avoir expliqué d’où vous parlez. Je comprends mieux les difficultés de compréhension et pourquoi vous utilisez préférentiellement le mot vérité plutôt que réalité.
Mais ne plaquez pas votre approche en lien avec le domaine des idées et croyances sur la mienne. Parce que je fonctionne vraiment complètement différemment. Beaucoup plus terre à terre.