En réponse au message :
Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
Francoise,
Je ne savais pas que vous aviez échangé avec Claudine ailleurs. Donc je vous fais toutes mes excuses !
Pour être franche, ce qui me met souvent mal à l’aise, est que vous présentiez, quoique vous en disiez, vos convictions personnelles et ce, dans beaucoup de domaines, comme des certitudes indubitables susceptibles d’aucune contestation ou simple interrogation.
Par ailleurs, la vérité est indiscutable car objective et indépendante justement de nos convictions subjectives personnelles. Elle se définit comme une idée ou une théorie conforme à la réalité. Donc je ne comprends pas votre distinction entre vérité et réalité. Que la terre tourne autour du soleil, pour prendre un exemple très simple, est une théorie vraie car conforme à la réalité.
Dans le cas de M. Robin, quand on émet l’idée qu’elle est une vraie mystique ou une faussaire, on émet une idée vraie ou fausse car conforme objectivement à ce qu’elle était. Et on l’émet, quand on dit qu’elle est une faussaire, comme C de Meester, d’après des faits irréfutables, en l’occurrence de plagiats, et ceci, après une très longue enquête. Son idée d’une batardise de M. Robin me semble plus sujette à caution, ne pouvant sans doute reposer sur des preuves indiscutables.
Ne connaissant absolument pas le dossier, je m’avance ici personnellement. Dans les autres cas, on n’a donc affaire qu’à des indices et des témoignages que l’on interprétera, selon ses présupposés religieux ou idéologiques, soit comme des preuves de sa sainteté, soit comme des preuves de manipulations ( d’elle ?, des autres ?, des deux ?).
Il n’est pas interdit pour autant, quand on a de grandes compétences en psychologie, psychiatrie ou psychanalyse d’élaborer sa propre interprétation, d’après des indices concordants, que les partisans de Marthe pourront, à leur tour, toujours contester, étant donné qu’ils ne partent pas des mêmes présupposés et de la même vision a priori. On peut interpréter par exemple certains symptômes, soit comme des crises hystériques, soit comme des attaques du démon, à condition bien évidemment de croire au démon. Ainsi, on ne peut éliminer, dans une enquête religieuse sérieuse ( en vue d’une canonisation ) l’hypothèse de l’hysterie qui ne présuppose aucune croyance religieuse, quant à elle, indémontrable. Il faut même d’abord, pour être crédible, poser cette hypothèse, aller donc contre l’interprétation surnaturelle qui a toujours été donnée officiellement. La prise en compte d’autres paramètres que le surnaturel fait que très peu de miracles ont été, par exemple, reconnus officiellement à Lourdes : réaction sage et prudente.
C’est pourquoi il est extrêmement dommage, pour lever tout doute possible, que des examens sérieux, y compris par des psychiatriques neutres, n’aient pas été faits et qu’une mise en clinique pour vérifier paralysie, stigmatisation et inedie, n’ait pas été effectuée.