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Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
Je ne connais rien à Marthe Robin et, dès que j’ai entendu vaguement parler à son propos de stigmatisation et encore plus d’inedie, je me suis dite : « méfiance, méfiance ! » Et cela m’a par avance dégoûtée d’en apprendre plus.
Apres avoir lu le livre de De Meester, les propos de Marthe et d’autres témoignages comme le votre, j’ai l’impression de me trouver en face d’une spiritualité du XIX siècle qui a dévié dans ce que le Catholicisme a pu engendrer de pire et de malsain et effectivement d’une théologie bien « bizarroïde », presque hérétique. Comme si le Christ ne suffisait pas.
J’ai l’impression que, pour la « bonne cause », on a fait de Marthe une sainte vivante, une idole en quelque sorte, en exagérant les phénomènes extraordinaires qu’engendraient les symptômes déroutants de sa maladie. Et qu’elle s’est coulée, consciemment ou non, dans ce que l’on attendait d’elle, tout en essayant de « surnager » psychiquement, en donnant un sens à sa vie d’autant plus que ce sens était extrêmement valorisé par son entourage et qu’ainsi elle était aimée et reconnue. Ce à quoi tout être humain aspire.
Il est plus que bizarre aussi que les examens médicaux n’ont jamais été sérieux et que l’on ait jamais songé à la soigner. En fait, tout le monde était pris et fasciné, sans aucun recul, par cette histoire « merveilleuse », hors du commun, dont chacun tirait d’immenses bénéfices de reconnaissance et d’approche immédiate du « surnaturel ».
Toute cette histoire me paraît en définitive infiniment triste mais me la rend plus humaine. Et j’ai pitié d’elle.