En réponse au message :
Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
Je vous rejoins tout à fait en terme de positionnement, Anne. Nous avons en commun cette préoccupation de faire avancer avec nos tous petits moyens, une société un peu plus juste, fraternelle et égalitaire dans notre secteur d’activité. Ce qui n’a rien d’évident ni de facile.
Personnellement, je n’ai pas une approche de Dieu comme un juge. Mais comme quelqu’un de profondément aimant et sans jugement tel que le monde l’entend. Mais au contraire un regard profondément compatissant et passant par dessus tous nos travers, nos blessures, nos contradictions, nos misères respectives. Avec le désir de nous voir affronter, traiter et dépasser toutes ces douleurs, toutes ces peurs pour être plus alignés à son regard d’amour inconditionnel mais aussi plus épanouis dans nos vies et sereins par rapport à nous-mêmes et aux autres. Ce qui n’a rien à voir avec un jugement façon doigt accusateur pointé sur l’individu. Il n’y a rien d’enfermant, mais au contraire plutôt une main tendue pour faire des prises de conscience et chercher à être davantage dans une certaine authenticité. L’Amour divin est constructif et émancipateur, pas destructeur ni accusateur.
Ce que n’ont pas compris certains courants religieux qui ont besoin d’une image divine totalitaire, autoritaire, juge, culpabilisante, parce qu’ils sont prisonniers d’un conditionnement qui souscrit à un principe de domination/soumission. Conditionnement qu’ils pensent obligatoire et indépassable pour la bonne marche du monde, mais qui appartient juste à un système de représentation humain. Pas au divin qui n’a rien de commun avec ce que l’humain peut projeter dessus.
La seule aptitude divine que nous pouvons un peu approcher, c’est l’amour. C’est la seule variable d’ajustement, notre seule marge de manœuvre. Et avant de pouvoir l’enclencher, nous avons chacun un gros travail de compréhension et d’acceptation de nous-même avant de pouvoir y inclure les autres. Alors que le monde comme les religions nous font croire que l’amour est hors de soi, sacrificiel. Sauf que non, le véritable amour passe déjà par l’acceptation de soi, la considération de soi au sens respect et estime pour ensuite pouvoir aimer autrui, le comprendre et partager, avancer ensemble. Le mépris de soi, l’auto-mutilation ne fait pas avancer l’amour au sens noble du terme et encore moins l’amour du prochain ni ne permet de se rapprocher de l’Amour de Dieu qui est inconditionnel. Cet Amour inconditionnel est un scandale pour l’humanité. Car l’inconditionnel nous met tous, peu importe nos actes, dans la même considération de Dieu pour nous. Ce qui est folie pour nous les humains, qui sommes attachés à une dualité instillée par les religions et par le système des empires qui fonctionnent sur le principe de la domination/soumission et de la culpabilité-jugement aussi.
Sortir de ces concepts violents pour travailler sur l’estime de soi, la réparation de ses blessures pour ensuite pouvoir aimer autrui et partager, c’est un tout autre programme. Mais de mon point de vue en tout cas, bien plus spirituel, fraternel, constructif et émancipateur aussi que la peur, le jugement, la honte et le mépris de soi.