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Entretien avec Pierre Vignon : « Marthe Robin : une fausse mystique ? »
L’idée de la culpabilité est nécessaire pour soumettre les individus, Christophe. Dans une religion quelle qu’elle soit, pour sacraliser les clercs, il est nécessaire d’avoir une approche très négative de l’humanité qui doit se soumettre, s’autoflageller, se purifier, se déprécier elle-même pour suivre le clergé qui seul, est en capacité de la guider pour retrouver la voie du salut. C’est ainsi que la domination s’opère. Et que l’on rentre dans le fameux triangle dramatique de Karpman : le sauveur, le bourreau et la victime. Avec un principe interchangeable du rôle. Qui n’a en réalité jamais de fin.
La notion de péché au sens faute, au sens déchéance enferme l’individu dans une position d’infériorité permanente. Elle ne l’émancipe pas, elle ne l’aide pas à avancer avec confiance dans la vie, ni parmi ses frères et soeurs . Elle ne lui permet pas de pouvoir progresser ni dans l’acceptation de soi, ni dans l’acceptation de l’autre. Elle instaure la méfiance, le mépris, la violence, la peur. Elle ne participe pas à réaliser le message d’amour divin inconditionnel que nous redonne Jésus. Comment Dieu Père si amoureux, si aimant envers nous pourrait accabler l’humanité ainsi ? Ca n’a pas de sens. Par contre, qu’un groupe humain souhaitant dominer ses congénères, travaille ce concept de péché, et le mette en avant pour exercer pouvoir et oppression, est tout à fait logique. Mais ça n’a rien à voir avec Dieu. Et surtout pas avec un Dieu qui aime et qui fait chanter la vie, comme le dit si bien un chant d’église.