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Pourquoi l’Eglise a-t-elle tant de mal à communiquer ? Le cas de l’affaire Points-Cœur

Le jeudi 25 février 2021

Je suis d’accord, Anne. Cependant, la stratégie vaticane mise en place par JP2 et à ce jour jamais remise en cause de future gouvernance dérivante sectaire laïque à la tête de l’institution, me paraît inquiétante. Dans la mesure où la plupart des cadres dirigeants de ces mouvances occupent des postes importants dans la société civile, intriguent dans nos gouvernements, nos instances de pouvoir, travaillent à déstabiliser nos démocraties et à y implanter des dictatures. Le Vatican est perfusé financièrement par ces groupes sectaires. Il ne peut plus ni les dénoncer, ni les destituer ni se dissocier d’eux. C’est une sorte de golem qui peu à peu prend le dessus sur son créateur. A la fois c’est un accélérateur de destruction institutionnelle religieuse, mais aussi un amplificateur de destruction et un réel danger pour nos démocraties et nos libertés collectives et individuelles au sein de la société civile. C’est un peu comme si se voyant perdue, l’institution vaticane s’était dit : je vais peut-être m’éteindre parce que je ne fais plus illusion, mais vous mourrez avec moi. Vous voyez ce que je veux dire ? Maintenant, ce n’est pas la première fois que l’humanité affronte ce type de mouvance laïque et religieuse sectaire ultra violente. On assiste à la même chose avec les groupes terroristes et les mouvances laïques ultra religieuses d’autres confessions. Mais c’est usant. Parce que ça nécessite d’aller traquer l’information à la loupe et les partenariats de ces milices politico-religieuses, avec nos grands groupes industriels et financiers, nos groupes de presse, avec certains partis politiques. Et là on plonge dans des arcanes et des démarches de mise en lumière encore plus complexes et longues. Et ce n’est pas du tout l’Eglise de France qui peut faire quelque chose à ce sujet. L’Eglise de France, ça fait des années qu’elle est otage plus ou moins volontaire de l’Opus Dei et du Renouveau Charismatique. Pour des questions matérielles, mais aussi d’influence politique.

Si l’on veut sortir de toutes ces situations glauques et criminelles, il faut véritablement s’appuyer sur une structure qui n’a rien à voir avec l’Eglise. Une structure comme l’UNADFI par exemple. Mais avec un département juridique et judiciaire important à l’intérieur pour mener des enquêtes, prendre des risques aussi pour exfiltrer celles et ceux qui le désirent et leur éviter le pire. Mais aussi disposer d’un réseau qui fasse du renseignement. Quand je lisais il y a quelque temps le témoignage de Marc Eichinger quant aux intérêts de l’Opus Dei et de l’Emmanuel dans les affaires Alstom et Areva, on est clairement dans le grand brigandage, dans la grande délinquance financière et industrielle en col blanc et en col romain accessoirement. Et on est dans des affaires politiques aussi. Qui mêlent différents partis, différents intérêts, à des années lumière de l’Evangile pour le coup. L’Espagne connaît bien ça depuis très longtemps et la tenaille opusienne pèse d’un poids certain sur la société civile espagnole depuis l’époque de la Phalange et même avant avec le Pistolérisme. Et la France, c’est que je trouve le plus inquiétant, prend le même chemin tout en étant un peu plus consciente malgré tout, du fait de sa laïcité républicaine et de son côté rebelle, de la situation. Pour que les catholiques les plus conscients comprennent ces dangers pour nos démocraties et nos droits fondamentaux, il faut raconter l’Histoire de la contre-révolution catholique du 19e siècle et comprendre que la plupart des groupes dérivants sectaires actuels sont les héritiers de ces idéologies-là. Comme l’était Jean Ousset avec la Cité Catholique, comme l’est Civitas encore aujourd’hui mais aussi l’Opus Dei, l’Emmanuel, les Béatitudes, etc, etc… On ne peut lutter de façon efficace que si l’on comprend ce qui s’est passé et de quoi il retournait exactement. L’institution se comporte non comme le système soviétique mais comme une dictature d’extrême droite au Chili, en Argentine, en Espagne, autrefois en Grèce et qu’on peut observer aussi au Moyen Orient, dans les Balkans. C’est une dictature de classe qui s’accommode très bien de l’ultra libéralisme, des marchés financiers opaques, des politiques européennes globalisantes. Tant que les croyants restent à la surface de simples abus spirituels, ils continueront à se faire avoir dans les grandes largeurs. Car malheureusement, ces abus spirituels ne sont pas les plus graves crimes qui sont commis et par l’institution vaticane et les épiscopats, souvent par le truchement des groupes dérivants sectaires via leurs cadres supérieurs. Les ponctions et détournements d’argent public (directement de nos impôts), le trafic d’armes, les malversations financières, les trafics humains, les milices armées, les assassinats ciblés, la cooptation pour verrouiller et limiter l’application des droits humains fondamentaux dans différentes instances internationales via des lobbies… Il faut malheureusement aller voir tout ça pour comprendre et analyser de façon globale la problématique. Et ça nécessite des ressources humaines, du temps, de la curiosité pour saisir la justice et pas seulement nationale mais internationale sur toutes ces affaires criminelles.

Donc il faut des enquêteurs-journalistes indépendants, des avocats, des psys pour aider les victimes aussi bien à parler qu’à traiter leurs traumatismes. Il faut des relais avec les commissions nationales antisectes, il faut des rapporteurs au Sénat, à l’Assemblée Nationale, à l’Union Européenne, dans les commissions internationales. C’est l’avocat américain Jeff Anderson (avocat des victimes d’hommes d’Eglise) qui il y a déjà plus de 10 ans, le disait très bien. Il faut pouvoir disposer d’un outil juridique et judiciaire conséquent qui permette l’analyse, le décryptage, la dénonciation et la réparation de ces crimes et dérives très spéciaux. Ca dépasse grandement et l’Envers du Décor et l’Avref. Même si, ce que nous pouvons à notre petite échelle fournir à l’un comme à l’autre en terme d’informations, de témoignages, est important. Ce n’est pas suffisant. On peut toujours arguer que nous sommes un peu les petits David contre Goliath et que ce Goliath est peut-être un colosse aux pieds d’argile. Mais faut quand même se rendre compte de qui l’on a en face. Et de l’avance en terme de pénétration politique, financière, de cooptation, de corruption ces groupes dérivants sectaires alliés du Vatican, ont au sein de la société civile, par rapport à nous.

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