En réponse au message :
Le mot système devra être central.
Tout à fait, Jean-Pierre. Et j’irais jusqu’à accoler au mot « système » l’adjectif totalitaire. La difficulté n’est pas seulement pour le Vatican de reconnaître la nature systémique de son fonctionnement et de son organisation, mais la nature totalitaire (n’admettant aucune opposition organisée, parti unique ultraconservateur et tendant à confisquer les droits sociaux et fondamentaux des individus pour favoriser ses seuls intérêts privés). Pour illustrer cet adjectif mais aussi le terme système que vous avancez, je reprendrais l’ensemble de l’ouvrage de Gianluigi Nuzzi « Péché Originel », qui je crois, éclaire bien cette question centrale.
Les communautés dérivantes sectaires travaillent en miroir et partenariat laïc principalement, dans la même perspective totalitaire. Ce que l’institution cléricale a perdu de pouvoir et d’argent dans la société civile depuis les années 70 environ, elle l’a regagné via ces structures parallèles, sectaires et totalitaires, qui s’illustrent dans nombre d’activités et de cercles de pouvoir dans la société civile (au sens domination de classe) pour ce qui concerne leurs cadres dirigeants, qui reversent une partie des bénéfices accumulés au système, ainsi que nombre de carnets d’adresse intéressants pour continuer d’intriguer, de dominer et de conditionner la société humaine. Le système vatican ne pourra donc jamais condamner ce qui contribue à sa survie économique, politique et à son emprise idéologique sur la société civile. D’autant moins depuis que JP2 a intégré l’une de ces organisations sectaires comme milice principale, avec un statut très particulier.
Ce qui est rassurant ? C’est que les croyants que nous sommes ont pris, au moins pour partie, conscience de cela.
- Par l’information, l’éducation scolaire, la culture critique.
- Par des expériences traumatiques dans certaines structures sectaires.
- Par une prise de conscience progressive, à la mesure de son développement personnel, des atteintes à l’intégrité, à la dignité, à la liberté individuelle et collective, faites par le système totalitaire vatican et ses partenaires associés.
Cette sortie d’emprise met la pression sur le système totalitaire, le pousse dans ses retranchements. Ce qui explique sa radicalisation, son opacité renforcée, mais aussi la multiplication de démarches vitrines pour rassurer, maintenir une certaine illusion aussi.
Mais nous sommes, il me semble, à un moment historique, un moment bascule : où l’institution et ses partenaires n’ont progressivement plus les moyens d’illusionner suffisamment pour conserver l’empire et la domination dont ils ont disposé jusque là. Parce que les croyants eux-mêmes ont compris qu’ils avaient été trahis à différents niveaux. Et que le système a dissimulé, joué, instrumentalisé, tué, fait massacrer, manipulé depuis son origine pour ses seuls intérêts, au mépris complet du message christique dont le système se prétendait dépositaire et exemple. Et qu’il est temps que cette escroquerie cesse. Il y a un immense désir populaire et international de réparation des crimes commis, de justice pénale, d’éclairage historique (différent du roman clérical), de « arrêtez de nous prendre pour des imbéciles », de considération de la gravité des atteintes spirituelles, morales, physiques, psychologiques. Les signes sont nombreux et partout dans le monde. Et les réactions cléricales et dérivantes sectaires face à ces révélations, sont pour la plupart très en deça voire carrément méprisantes des demandes populaires.
L’effondrement est donc en marche. Opéré par le système lui-même et ses partenaires. Et si vous observez attentivement, plus ils tentent de sauver les meubles, plus ils accélèrent le processus d’effondrement.
Et comme nous pouvons observer le même processus pour ce qui concerne les grands centres de pouvoir de la société civile, nous sommes bien dans un changement de paradigme et un effondrement du système des empires qui prévalait jusque là. Encore accentué par la pandémie actuelle, qui semble accompagner la déconstruction du mode de gouvernance impérial.
La situation de contestation et d’appétit de justice, de changement, dépasse donc de fait, la destruction du système vatican, et s’étend à l’ensemble du système social, économique, politique qui obéit encore à un mode totalitaire et élitiste mais qui va être contraint à changer complètement de fonctionnement et d’approche, pour des raisons de survie planétaire.
C’est quelque chose que personnellement, je ressens fortement en lisant régulièrement l’actualité politique, économique, financière, environnementale.