En réponse au message :
Réponse à Jean-Louis
Pour pouvoir réparer (financièrement et spirituellement), il faudrait déjà que l’institution cléricale reconnaisse ses crimes et admette ses responsabilités. Ce qu’elle ne fait quasiment pas, ou du bout des lèvres. Le cas suisse est assez exceptionnel et relève quasi uniquement d’un évêque : Mgr Morerod. Et ne concerne que les enfants placés et les Yéniches. Et il est à noter que Mgr Morerod a engagé une réelle démarche de repentance et de réparation, seulement après que la Confédération ait admis ses responsabilités criminelles et politiques en 2013. Donc l’Eglise suisse n’a admis la réalité criminelle à laquelle elle a pleinement participé entre les années 20 et 70 que lorsqu’elle n’a plus eu le choix, qu’elle était en quelque sorte acculée. Mieux vaut tard que jamais, me direz-vous, mais l’on comprend très bien que les institutions tant qu’elles peuvent, nieront leurs crimes et les victimes de ces crimes. La société civile (ensemble des citoyens dont les victimes) ne peut donc compter que sur elle-même pour exercer une pression sur les institutions, qu’elles soient civiles ou religieuses. Et même quand les institutions ont reconnu leur responsabilités et s’engagent à réparer financièrement et spirituellement, ça reste compliqué.
Le bilan 2020 de la CECAR suisse montre bien les difficultés, même si le travail de cette commission est essentiel, indispensable :
https://www.lematin.ch/story/trente-six-personnes-se-sont-confiees-a-la-cecar-romande-674129156203
Nous n’avons pas encore une telle commission en France. Et nous attendons toujours (dans la mesure où nous sommes informés) que nos institutions tant civiles que religieuses, reconnaissent leurs crimes sur l’internement arbitraire d’enfants, d’adolescents, de femmes et leur exploitation par le travail forcé, la traite, les sévices de toutes sortes, ne serait-ce que sur la période 1840-1970.