En réponse au message :
Réponse à Jean-Louis Schlegel suite
Merci Jean-Louis, vos interventions, ainsi que celle de Marie-Christine, sont passionnantes.
Toutefois, j’ajouterai quelque chose : je ne trouve pas cet appel à la réconciliation et au pardon seulement « hérissant », je le trouve indécent et j’y vois un retournement de sens insupportable. Quand il y a eu abus grave, qui a souvent dévasté ou altéré une vie entière, n’est-ce pas ahurissant d’être obsédé avant toute chose par cette idée de « réconcilation » et de « pardon » ? Il y a là une négation du mal provoqué et subi par l’autre, une négation de sa liberté de conscience , une négation de sa personne même.
En somme, nous restons dans la même droite ligne d’une mentalité « catho » : nous vous avons peut-être fait du mal (mais nous sommes tous pécheurs que voulez-vous), mais la balle est dans votre camp, il vous faut pardonner et vous réconcilier car nous sommes tous une grande famille, ou l’on pratique l’amour et le pardon des offenses. Donc : à vous de gérer. Déni des responsabilités, déni de la justice, déni de la personne. D’autant que, bien entendu et comme vous le soulignez, il n’y a ni demande de pardon ni réparation ou en tout cas indemnisation - car comment peut-on réparer ? - dans l’immense majorité des cas. Je trouve qu’il y a là comme un retournement, assez pervers, du sens moral, et pas seulement. Il est quand même inouï de vouloir sortir de ces drames humains par une pirouette spirituelle. Ça m’indigne et me scandalise, au sens le plus fort du terme.