« Silences dans l’Eglise, par action et par omission » d’Anne Mardon : Poster un message

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« Silences dans l’Eglise, par action et par omission » d’Anne Mardon

Le dimanche 3 janvier 2021

Oui, il faut rappeler constamment que tous ces silences des autorités religieuses et ecclésiales devant des faits objectivement scandaleux sont une honte.

On dirait que ces autorités n’ont aucun sens moral ni aucun sens de leurs responsabilités envers ceux dont elles ont accepté la charge, surtout les plus faibles et les plus vulnérables. Ce qui est très étonnant pour tout citoyen qui, dans le cadre civil ou professionnel, a toujours- et c’est normal- des comptes à rendre, et ce d’autant plus qu’il se trouve dans un poste de responsabilité…

Ceci est encore plus étonnant quand il s’agit d’autorités censées enseigner et logiquement donner l’exemple de la plus haute morale et de la plus haute spiritualité. Ces soit disant responsables se comportent donc comme une mafia au dessus des lois communes, fonctionnant en totale impunité, sauf lorsque les autorités civiles s’en mêlent et que les témoignages les forcent à réagir, le plus mollement possible d’ailleurs. Comme d’innombrables témoignages, et celui- ci aussi ne fait pas exception à la règle, le montrent.

Concernant les victimes, il est évident, même si cela peut sembler au 1 er abord incompréhensible pour ceux qui voient ces abus de l’extérieur, qu’elles ne seraient pas devenues victimes si elles n’avaient pas cru se trouver dans un milieu dans lequel a priori elles pouvaient être en totale confiance et laisser tomber les défenses qu’elles auraient naturellement eues ailleurs.

Il y avait une sorte de contrat implicite : je m’engage à ne pas vouloir du mal à autrui en exerçant menaces, persuasion, séduction et tout moyen qui peut exister plus ou moins légitimement dans le « monde « pour dominer autrui ou s’en servir pour ses propres interets. Et, en contre partie, j’ai totale confiance que ces mêmes moyens auxquels j’ai renoncé, ne seront pas utilisés contre moi et que l’on ne pourra me vouloir que du bien.

Et voilà que se produit l’exact contraire de cette « promesse « sous jacente. La victime, s’est « désarmée « de bonne foi ( a moins qu’étant trop jeune et sans expérience de la vie, elle ne se soit jamais « armée « ) et non seulement cette bonne foi ne lui est pas comptée comme mérite mais en plus elle se retourne contre elle.

D’où le choc et la sidération qui s’en suivent. La victime ne sait plus où elle en est, elle se demande si elle a bien compris ce qui se passe, si elle n’est pas coupable aussi, un peu comme dans un inceste ou dans le cas d’enfants maltraités. Car un parent n’est pas censé non plus faire du mal à son enfant.

Et, comme ces enfants victimes d’inceste ou de maltraitances diverses, la victime se trouve enfermée, et parfois pendant très longtemps, dans le silence ; silence d’autant plus difficile à rompre que l’abuseur, jouissant parfois d’un grand prestige, offrant un tout autre visage à l’extérieur, elle sait qu’elle ne sera pas crue. Et il arrive que l’abuseur a si bien réussi à tromper sa conscience et la conscience d’autrui qu’il est parvenu à se persuader et à persuader sa victime qu’il lui veut et lui fait en réalité du bien.

Le piège du silence est total alors. Et il faudra longtemps, comme l’explique le livre, pour en sortir.

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