En réponse au message :
Le témoignage accablant du père Georges Arnold sur le père Roussel, fondateur des Travailleuses Missionnaires
Bonsoir Curieux
Le clergé comme n’importe quelle institution-administration est dans le déni des crimes, délits, malversations diverses de ses membres. Et ce clergé défendra toujours ses membres criminels à quelque prix que ce soit. Parce que tant qu’un clerc reste idéologiquement proche et relativement soumis, il sera excusé systématiquement et défendu, quelque crime il commette.
Les enquêtes, procès ecclésiastiques sont surtout des coquilles vides. Les commissions idem. Se sont des boîtes vides avec des gens nommés qui ne font rien et à qui il est impossible d’agir parce que le système est fait seulement pour entretenir une illusion d’action sans jamais rien de concret.
Peter Saunders dénonçait très bien cela concernant la commission sur les dérives criminelles pédophiles cléricales. Et l’enquêteur italien Emiliano Fittipaldi, le dit aussi pour d’autres affaires dans son récent livre : Lussuria.
Si véritablement il y avait un souci et d’enquête et de procès vis à vis de criminels, abuseurs, etc, Maciel aurait été inquiété et dégagé rapidement de ses fonctions cléricales, condamné et dénoncé au pénal, mis hors d’état de nuire. Même chose pour bon nombre de prêtres pédophiles. Mais le système entretient au contraire ces individus, les protégeant, leur fournissant même de nouvelles victimes, à partir du moment où ils achètent le silence de cardinaux par des cadeaux somptuaires, des courbettes, des discours qui vont dans le sens papal… Et même sans aller jusque là, c’est simplement un réflexe corporatiste qui prévaut face à ces affaires. Il n’y a pas d’espace pour une prise de conscience, ni pour une remise en cause et en question du système qui cultive ce type de comportement criminel, niant sa gravité, niant sa dimension criminelle, parfois psychopathologique chez certains individus…
A partir de là, il est illusoire de croire que des mesures seront prises. Vous voyez généralement que les actions attendent la mort du ou des criminels ou de leurs victimes pour faire un début de travail d’enquête, vidé de son sens, rapidement balayé au profit d’une tradition du « on a toujours fait comme ça, donc on ne change rien, vu que de toute façon, il n’est pas normal qu’un clerc soit inquiété pénalement puisque toute fonction religieuse relève du droit divin ». Tant que le clergé catholique ne cassera pas ce système de caste, ne le dénoncera pas, rien ne changera. Et comme bien évidemment, jamais le clergé catholique ne voudra casser ce mode de fonctionnement abusif et criminel, l’institution se condamne elle-même à disparaître. Car plus l’éducation des masses avance, moins la population mondiale (croyants compris) accepte des situations d’injustice, des situations criminelles impunies. Plus des groupes d’individus disposent de privilèges et ne sont jamais inquiétés pour leurs crimes, jusqu’à pousser le bouchon au-delà des limites, plus ils alimentent une violence qui tôt ou tard se retourne brutalement contre eux. Et ce que l’on observe ces dernières années, c’est que le niveau d’insupportable a été dépassé au point que, l’institution a perdu toute crédibilité. Et le plus drôle est qu’elle semble s’en étonner.
Ce retour de boomerang accélère à la fois la radicalisation idéologique, le délaissement religieux cultuel et communautaire, raréfie le renouvellement pastoral et religieux et active la mobilisation judiciaire des croyants, victimes de membres criminels du clergé. A moins d’une mutation institutionnelle, mais qui reviendrait à mettre encore plus en avant les laïques criminels de groupes fondamentalistes liés à la Nouvelle Evangélisation, l’avenir clérical catholique romain est plus que compromis.