En réponse au message :
Il est plus que douteux que l’épiscopat soit apte à recevoir ce message.
Dans la grande famille des abus, celui qui touche à l’esprit est le plus commun et le plus indémontrable qui soit : il fait tellement partie de notre quotidien qu’on ne le voit pas et qu’il est bien difficile, à qui que ce soit, de prétendre le débusquer de manière objective et juridiquement sure. Le fait est aussi qu’il est indispensable à la réussite d’une idéologie dominatrice puis à la perpétuation d’une idéologie dominante ; il est si diffus et omniprésent qu’il est indétectable par qui vit au sein de l’idéologie en question. Il faut être prêt à sortir d’une idéologie pour voir qu’elle n’a pu dominer puis se perpétuer qu’au moyen de tels abus.
J’ai 77 ans et c’est il y a une dizaine d’année que, l’air de ce début de 21e siècle aidant, j’ai pris conscience de la puissance de l’abus spirituel en assistant à le petite scène suivante et en comprenant ensuite ce qu’il en ressortait. A l’église, pendant une messe, je vis sur le banc devant le mien une grand-mère forcer son petit fils à se mettre à genoux et le petit de 3-5 ans chercher à échapper, en se tordant comme un vers, aux deux mains qui appuyaient d’autant plus vivement sur ses épaules qu’il résistait avec une colère muette à l’injonction. Cette messe dominicale était aussi en mémoire d’un des fils décédé de cette grand-mère.. les « grands prêtres » du groupe charismatiques, au service duquel était ce fils, avaient fait le déplacement en province depuis Paris, pour concélébrer. Ensuite, j’appris que ce décès aurait été un suicide, que le mort vivait à Paris, sans ressources, au service de ce groupe auquel la grand-mère offrait chaque semaine une journée pour des tâches administratives. Au fil des mois, je vis la grand-mère et le grand-père sombrer dans une sorte de léthargie… Elle en sortit en rejoignant son fils un an après, par suicide se dit-il. Quant à lui, il retrouva la force de vieillir dans la peine.
Est-ce que baptiser un bébé, faire circoncire un fils, envoyer ses enfants au caté… sont des abus ? De la part des parents et de manière très générale, bien sur que non même si cela enrichi le sol dans lequel pousse possiblement l’abus. De la part des clercs qui « officient », en général non aussi, mais j’en suis moins sur, sauf à admettre que la plupart d’entre eux sont, eux-mêmes, victimes de tels abus. D’où ces questions : comment commence et grandit l’abus à caractère spirituel, comment se perpétue-t-il ? Tout est inconscient, sauf exception, en sorte qu’il ne peut pas y avoir de responsable, ou bien que celui-ci est mort depuis si longtemps que, grâce à Dieu, il y a forcément prescription !
L’air de ce début de 21e siècle est essentiel ; il est celui de la poursuite de la libération de l’esprit humain, une libération à laquelle s’opposent toutes les idéologies dominatrices, une libération qui a une longue histoire : celle de l’humanité. Et elle est loin d’être achevée quand on voit la ténacité d’idéologie comme le patriarcat, le racisme qui tente de se refaire une virginité en se nommant « suprémacisme », l’union des clergés de toutes religions contre la libération des esprits.