En réponse au message :
Texte sur l"abus d’un prêtre de village…
Au plus clair des jours, j’ai perdu mon enfance Dans une chambre douce qui masquait la fureur voilée Des instants volés à l’insouciance, l’absence des volets Pour ne rien cacher de l’interdit des sens
Seuls, les rouges de mon corps qui coulent encore Rideau entrouvert, Christ au mur comme une injonction Le rouge cardinal comme l’extrême onction J’ai bu son sang et dans le mien, pris son corps
Seuls, au milieu des garrigues arides Que mes larmes inondent en flots incessants Je ne prierai jamais plus, je hurlerai aux morts L’éternelle fraternité d’une vie sans lune
Seul, enfin, je vois par la fenêtre les herbes hautes Et la faucheuse du jardinier qui se tait Et tout le village qui se tait et le monde qui sait Seul enfin je me tais aussi, la lance dans ma côte
Mais rien ne saurait cacher les rouges des draps De la chambre qu’inonde un rouge immonde A attendre une autre vie, un autre monde Jusqu’aux aubes naissantes, je demeurai là