En réponse au message :
Liturgies sous prozac, d’Anne-Charlotte de Maistre
Bea,
Vous avez raison sur bien des points. Un auteur touche environ un euro par livre. Sachant que ce genre de témoignage est en général vendu à moins de 1000 exemplaires, vous voyez qu’on n’écrit pas pour s’enrichir personnellement. Mais pour le lecteur, je comprends parfaitement le problème.
Le livre est souvent le dernier recours pour être entendu, et encore est-ce le parcours du combattant pour trouver un éditeur. La presse et les éditions généralistes ne s’intéressent que très peu à ce style d’ouvrages. Les medias généralistes n’ont que faire des victimes de l’Eglise. Quant aux medias cathos, j’en sais quelque chose, ils trient le plus souvent sur le volet. Il leur faut un discours positif, tourné vers l’avenir et expliquant surtout le rôle qu’ont pu jouer la foi et l’Eglise dans la résilience - quand il y a résilience. Je ne sais comment cela s’est passé pour Anne-Charlotte, mais son livre est assez fort et dit pas mal de choses qu’elle n’a pas exprimées sur radio nd. Je trouve déjà bien qu’elle ait pu parler quelque part, en plus d’avoir écrit. Cela peut encourager les auditeurs à s’intéresser aux problèmes des communautés nouvelles. Mais j’arrête ici de m’exprimer à sa place.
Je suis en tout cas la première à regretter, comme vous, qu’on continue à avoir si difficilement accès à la parole des victimes.
Il y a une solution, mais seulement lorsqu’on a un entourage qui s’intéresse à ces questions assez confidentielles : faire passer les livres de main en main. Cela se fait évidemment beaucoup dans les couvents 😉.
Concernant ce que vous disiez à propos des abus dits « spirituels », je ne peux que reprendre ce qu’écrit l’Ancienne Soeur. Ils sont très spécifiques, décrits, répondent maintenant à des critères particuliers et ont bien sûr à voir avec l’emprise et les dérives sectaires.
Merci de vous intéresser à ces questions, c’est important pour les victimes qui, comme il a été dit par l’une d’elles dans le rapport Sauvé, sont très souvent « des muets s’adressant à des sourds ».