En réponse au message :
Céline Hoyeau face à la « trahison des pères » des nouvelles communautés
Je viens d’achever la lecture de La trahison des pères, qui a le grand mérite de présenter un récit global des abus commis au sein des communautés nouvelles.
Si je comprends les réserves d’Anthony Favier, je les trouves pourtant peu justifiées par l’intention de l’auteur. Son livre ouvre la voie, insiste sur la nécessité des recherches, des publications à venir ( le rapport de la CIASE, très attendu). Le dernier chapitre, Généalogie d’un abus, qui reprend des recherches sur L’eau vive et l’oncle des frères Philippe, est vraiment très intéressant et démontre que seule l’élucidation rigoureuse du rôle des acteurs et de leurs enjeux aboutit aux vraies questions : la gnose, le narcissisme, un code canonique inadapté…
Loin de tourner vers le passé, de revenir sur Vatican II ou sur Mai 1968 ( qui n’est d’ailleurs pas considéré comme événement moteur dans La Trahison des pères), Céline Hoyeau pose des questions de fond et ne cache pas son scepticisme quant à la possibilité de réformation réelle des communautés mises en cause. Ce n’est pas si fréquent.
J’ajoute qu’en quatre ans Thomas Philippe a été -secrètement- condamné et écarté de L’Eau Vive. Cela laisse songeur quand on voit qu’il a fallu vingt ou trente ans pour que des décisions soient prises contre des fondateurs ou communautés sectaires.
Un livre vraiement utile et éclairant, avec ses limites sans doute mais qui comptent peu puisqu’il n’ y a pas de volonté polémique, et qui a l’immense mérite de mettre à la portée du plus grand nombre des informations précises, sourcées, datées, de les rassembler et de présenter un constat.