En réponse au message :
Marthe Robin, sainte ou tricheuse ?
Ma première pensée ne va pas vers le sujet de l’ouvrage mais vers son auteur, à qui j’ai envie de dire : Bedankt Pater Koen !
Ce père carme est une sommité, bien connu dans le milieu carmélitain. Et pourtant c’était un homme jovial, accessible, humble. Il a accompli un travail phénoménal, et je ne parle pas seulement de ce dernier ouvrage.
Je dois dire que le personnage de Marthe Robin ne m’a jamais emballée. Je n’ai jamais été attirée par ces personnages à qui il arrive des choses extraordinaires, sujet à des phénomènes hors normes. Et la spiritualité doloriste qui sous-tend tout ça me fait fuir à toutes jambes.
J’avais déjà entendu parler de l’histoire des chaussons, de possibles déplacements nocturnes pour aller se nourrir …il m’est difficile croire que quelqu’un peut survivre sans manger pendant plusieurs décennies.
Pater Koen (prononcez Pâteur Coune) a fait un travail de fourmi … un travail fourmi-dable. Lui qui se penchait avec une loupe sur l’écriture indéchiffrable d’Elisabeth de la Trinité n’a pas mis longtemps à se rendre compte de l’œuvre de faussaire de Marthe Robin. Malgré les écritures déguisées, les mêmes caractéristiques, les mêmes fautes d’orthographes, aucune trace des supposées secrétaires qui auraient retranscrit les plagiats de Marthe.
Comment la postulatrice de la cause peut-elle soutenir qu’il n’y a pas plagiat parce qu’il n’y a pas volonté de publier, alors que la « stigmatisée » était censée confier sa vie intérieure à son confesseur ? Comment pourrait-on allier une vie de mensonge avec une vie de vertu ?
Le témoignage du père capucin qui l’avait accompagnée lors de son entrée dans le tiers-ordre et qu’il avait consigné par écrit est percutant . Il a démasqué la supercherie et s’est retrouvé écarté. Dommage que sa mort prématurée l’ait empêché de se faire entendre ultérieurement.
Je ne suis pas étonnée qu’on ait tenté d’étouffer les conclusions du père carme. Mais être canonisée de son vivant, c’est rarement bon signe. La saintoune fait recette, elle attire encore du monde, il faut être courageux pour assumer en face la vérité et risquer de décevoir les foules.
Pourtant la vérité rend libre. Maintenant que l’ouvrage a été publié, l’appareillage vaticanesque va-t-il oser aller plus loin ? Ce serait perdre tout crédit.