En réponse au message :
Focus sur les Sœurs (contemplatives) de Saint-Jean ou Sœurs de Maria Stella Matutina
Effectivement, j’ai passé 4 mois comme postulante chez les Soeurs de Saint-Jean à Saint Jodard, vers 1991, et ce fut épouvantable. J’ai eu droit à des séances « d’ouverture du cœur » d’au moins 1 heure tous les jours avec Soeur Marthe et parfois Soeur Alix. Un viol psychologique à répétition. Je me souviens de Soeur Alix qui jouait avec son petit chapelet blanc précieux en nacre, je me souviens aussi qu’elle passait son temps couchée, se disant très malade depuis longtemps. La nourriture était essentiellement crue, excepté un peu de semoule cuite, car c’était le régime de Soeur Alix. Soeur Marthe parlait d’une petite voix précieuse, comme une enfant, tout en étant très intrusive et autoritaire. C’est à cette période que lors d’un des interminables chapitres communautaires, à la fin d’un long délire théologique, Soeur Alix a annoncé la confusion officielle du fort interne et du fort externe par les supérieures, c’est à dire à l’époque, elle-même et Soeur Marthe. J’ai aussi assisté à la survenue d’une psychose grave chez une soeur, qui s’est mise à voir la Sainte Vierge et Jésus pendant l’oraison. Elle a été sortie de la communauté après bien des jours car les responsables attendaient le retour du père Marie-Dominique pour faire un « discernement ». Quel temps perdu pour la prise en charge médicale ! Cette soeur est retournée chez elle, puis j’ai appris qu’elle avait été prise en charge en psychiatrie. L’ambiance oppressive, les longues oraisons, les enseignements flous et prolongés, la nourriture carencée et immangeable, tout contribuait à créer une sorte de malaise profond en moi. Quelques temps après j’ai eu l’impression d’une secte, tout en me disant, non, ce n’est pas possible, c’est une communauté reconnue. Mais comme je me sentais incapable de demeurer stable et sereine devant l’énorme pression psychologique au quotidien, et devant une forme de confusion entretenue, un brouillage de l’intelligence, j’ai fui tous les soirs en été dans une prairie proche du monastère, enveloppée dans ma cape, ce qui m’a permis de recouvrer mon intégrité mentale, de trouver la force de partir. Sitôt partie, j’ai mesuré la profondeur du gouffre que j’avais quitté, et je n’ai jamais regretté, au contraire, je me remercie pour cela.
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