En réponse au message :
Dominique Yon, Pierre Vignon : il est bien plus tard que vous ne pensez !
J’ai tenté une première intervention à ce sujet -ce qu’il faudrait !-lors de l’AG constitutive de la CCBF en 2008. Bien des années ont passé depuis. Il ne s’agit bien sur pas de contester la bonne foi de x ou y, Pape ou pas, clers consécré ou laïc, non, juste de s’inquiéter de l’aptitude de « 99.9 » des clercs, dont vous êtes avec Pierre Vignon, à appréhender ce qui se passe dans l’Eglise que vous confondez avec l’Institution. Et cela ne se passe pas qu’en Europe. Vous usez du « on » Dominique, et c’est compréhensible, pour éviter des digressions qui alourdiraient votre propos raisonnable comme celui de Pierre V. C’est bien, comme vous le craignez, de ce que l’institution nomme schisme qu’il s’agit puisque l’Eglise quitte l’Institution : schisme théorisé au 17 ème par un jésuite espagnol qui a déclaré tout de go cela impossible. Donc, lors de cette AG constitutive, j’ai laissé entendre que la racine des difficultés était sans doute à chercher du côté du Credo, ce Dieu Tout-Puissant (à l’image de l’Empereur) dont l’imaginaire humain, sous la pression des clercs soutenus par les pouvoirs séculiers, avait fini par admettre sans broncher la réalité. Aucun clerc ne pouvait entendre cela en 2008, et pas plus la sympathique assemblée de laïcs réunie alors à Paris. J’avais constaté ce même refus d’obstacle quand, ayant répondu, une vingtaine d’année plus tôt, en réunion de réflexion biblique de paroisse au curé qui avait ouvert la réunion par la question « pour vous et d’abord, qu’est-ce qu’un prêtre » : « un homme comme les autres ». Il est resté de marbre et les yeux des autres se sont éclipsés, les têtes se sont baissées, un ange est passé avant que fusent les réponses « convenables » (ou « convenues » ?!). C’est d’ailleurs un diacre du Mans, venu avec le Pt de l’agglomération mancelle qui me fit entendre que la CCBF était peut-être trop convenable pour moi : « moi », là ou j’en étais alors.
De l’eau a passé depuis sous les ponts, des évènements collectifs et personnels, des lectures sérieuses sur l’histoire de l’Église perçue par des hommes cultivés et libres lors du conflit mondial 1914-1945)*, la lecture de théologiens et d’hommes et femmes de bonne volonté… Ce rude labeur et de rudes « découvertes » m’ont conduit à approuver le Credo de Uta Ranke-Heinemann (Non et Amen, 1992) transcrit ci dessous**, et aussi la spiritualité libre exprimée par « Le Prophète » de Khalil Gibran (1923). Ce livre là, c’est un prêtre grand musicien qui a eu la chance de quitter dans l’après-guerre le grand séminaire catholique au Canada après ses 4 premières années, écœuré par les promesses de « belle carrière » du directeur de ce séminaire. Il a été ordonné pour l’Eglise des assyriens de l’est dans les années 80, marié, divorcé, remariée, enfants et petits enfants.
* Deux ouvrages m’ont en particulier marqué : De Guenter Lewy. L’Église catholique et l’Allemagne nazie 1965, et Le Pape et Mussolini de David Kertzer 2016.
** « La Bible n’est pas la parole de Dieu , c’est la parole de l’homme sur lui-même. »Que Dieu existe en trois personnes est un produit de l’imagination humaine. « Jésus est homme et non Dieu. »Marie est la mère de Jésus et non la mère de Dieu . « Dieu a créé le ciel et la terre, l’homme a inventé l’enfer . »Il n’y a ni péché originel ni diable . "La rédemption sanglante sur la croix est une religion païenne de sacrifice humain basée sur les modèles religieux de l’âge de pierre. URH fut le 1re femme théologienne kto autorisée à enseigner la théologie, après avoir quitté le protestantisme familial pour le catholicisme. Ça n’a pas duré longtemps : virée !