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Les deux expertises ou l’inventaire des décombres - Le billet du père Vignon
Un autre lien entre Odile Dupont-Caillard et les frères Philippe que je découvre et qui peut être intéressant. Juste avant de fonder l’embryon de la famille monastique de Bethléem en 1951, Marie Odile-Dupont Caillard, après être entrée au couvent des Tourelles de Montpellier en 1948, a passé un an en 1950 chez les dominicaines de l’Epiphanie à Soisy-sur-Seine, à deux pas de la communauté de l’Eau vive, près du Saulchoir d’Etiolles. Cela apparaît dans un document publié par les soeurs de Bethléem en 2015 : « Après une année dans le Monastère des Dominicaines de l’Epiphanie à Soisy-sur-Seine, elle décida de commencer une vie de solitude et de silence dans une maisonnette à Chamvres, entourée de deux autres femmes. Cette communauté de trois sœurs à l’origine commença a rassembler des jeunes filles intéressées par ce mode de vie. Cette communauté prit le nom de "Petites Sœurs de Bethléem". »
https://fr.slideshare.net/petitessoeursdebethleem/soeur-marie-dupont-caillard
Cf. E. Fouilloux : « L’Eau vive accueille également parmi ses résidents, depuis le printemps 1947, des femmes laïques ou religieuses qui logent chez les dominicaines de l’Épiphanie, de la congrégation des Tourelles, installées elles aussi à Soisy. Le père Philippe a en outre des liens privilégiés […] avec un autre couvent de moniales dominicaines proche, celui de la Croix et de la Compassion d’Étiolles, où l’une de ses sœurs, Cécile, joue un rôle important : il en est le prédicateur attitré et assure la direction spirituelle de plusieurs moniales. »
https://journals.openedition.org/dominicains/1475
On connaît la nature de ces "liens privilégiés" entre Thomas Philippe et les religieuses d’Etiolles et de Soisy : « L’ouverture récente des archives des dominicains a permis de découvrir que sa sœur, dominicaine elle aussi, mère Cécile, est également condamnée pour complicité, débarquée dans l’heure de sa charge et déplacée au couvent de Langeac (Haute-Loire). Elle aurait couvert ce qui se jouait entre son frère et des religieuses de son ancien couvent, le monastère de la Croix et de la Compassion, installé à côté de l’Eau vive, dont le père Thomas était prédicateur et directeur spirituel. »
Dominicaines de l’Epiphanie de Soisy, monastère de la Croix et de la compassion d’Etiolles, fondation de l’Eau vive unis dans une même mystique frelatée. Cf. E. Fouilloux : « Tout ce microcosme dominicain d’Étiolles et de Soisy, qui mériterait une cartographie précise, vit dans l’exaltation mariale sous son ascendant : les pénitents et pénitentes se pressent dans le couloir d’accès à son bureau, quitte à y faire le pied de grue plusieurs heures. »
Quelle place la fondatrice de "Bethléem" tenait-elle en 1950 dans ce microcosme autour de Thomas Philippe et de ses "disciples" les Marie-Dominique Philippe, Cécile Philippe et Jean Vanier ? A-t-elle participé elle-même du climat d’illuminisme et d’immoralité qui régnait dans les parages d’Etiolles et de Soisy-sur-Seine ? Toujours est-il qu’à la manière d’une Cécile Philippe, « qui avait quitté Soisy pour devenir prieure du monastère fondé en 1945 à Bouvines, dans la propriété Dehau », son passage là-bas en 1950 prélude à la fondation de sa propre communauté en 1951 en terre bourguignonne.
Parallèle qu’on ne peut manquer de souligner tant paraît de plus en plus évidente l’influence majeure des Philippe sur nombre de communautés :