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Fraternités monastiques de Jérusalem : “Nous devons faire la vérité sur la part sombre de notre histoire”

Le dimanche 1er mars 2020

je viens de terminer la lecture du livre d’Anne Mardon… et… je ne suis pas surprise… en effet, j’ai connu les fraternités de Jérusalem à l’époque où Anne s’y trouvait ; j’ y ai connu le père Delfieux également.

J’admirais cette belle église de st Gervais, sa liturgie, nouvelle alors, et son style de vie religieuse qui me semblait nettement rafraîchir celui des ordres anciens.

Mais très vite j’ ai commencé, plus ou moins consciemment à me poser des questions : le père Delfieux ne voyait la vie de tout(e) candidat(e) à la vie religieuse qu’à travers l’entrée dans sa fondation : lé discernement d’un Appel, d’une vocation, n’entraient en aucun cas en compte !!!

Il me semblait également que pour lui, qui prônait la vie cachée au cœur des villes, le paraître des frères et des sœurs dans le chœur de la cathédrale Notre Dame, lors des grandes fêtes, était très important, je me demandais alors : « pourquoi eux, et par les autres Ordres ? »

Des contacts que j’ai pu avoir, moi-même et que d’autres jeunes à cette époque m’avaient rapportés, j’ai eu l’impression que ce qui importait pour lui ce n’était pas le discernement de notre vocation mais d’entrer,aveuglément ; se poser des questions c’était faire affront à Dieu, c’était quasiment l’assurance de perdre notre vie… pour éviter ce grand mal il suffisait de lui obéir aveuglément : il appelait obéissance à Dieu ce qui était essentiellement soumission à sa personne : « fais cela pour me faire plaisir » disait-il.

j’ai eu alors la chance d’entreprendre, ailleurs, un vrai chemin de discernement, dans un lieu où j’ai pu comprendre que la vie religieuse se vivait dans l’épanouissement et « la liberté des enfants de Dieu » et non dans la soumission aux vues captatrices d’un homme établissant son emprise sur les jeunes qui s’adressaient à lui.

Pour avoir connu Anne à cette époque je peux ajouter que tout ce qu’elle a dit, non seulement est vrai, mais encore est dit avec simplicité et mesure ; je trouve remarquable qu’il n’y ait aucun sentiment de haine ni de vengeance mais son livre manifeste l’immense dégoût, lassitude, épuisement physique, psychique, moral et spirituel de la la terrible aventure qu’elle a traversée.

Marie-Agnès.

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