En réponse au message :
Fraternités monastiques de Jérusalem : “Nous devons faire la vérité sur la part sombre de notre histoire”
Message par ancienne sœur (deux) Depuis quelques temps, je lis les différents articles parus dans cette chronique des fraternités de Jérusalem. L’envers du décor.
J’ai vécu près de 12 années dans les fraternités de Jérusalem et j’ai connu Anne. J’ai quitté la fraternité mais ce qui causait le plus de mal, c’est l’incompréhension des autres, qui y voyait une incompatibilité de caractère avec Pierre Marie mais qui ne retenaient pas la souffrance de celui ou de celle qui devait s’en éloigner pour se protéger. On se retrouvait alors isolée, incomprise, et donc en souffrance. J’entendais des laïcs me critiquer et ne pas comprendre ce que je vivais comme c’est le cas dans les messages que je peux lire encore aujourd’hui. J’ai eu la chance d’avoir des responsables de l’Église ou je me trouvais, qui a pu comprendre la personnalité de Pierre Marie et qui m’ont aidée.
Il faut d’abord reconnaitre que tous ceux et celles qui rentraient dans les fraternités (et ceux qui y sont encore aujourd’hui) faisaient (font) une démarche qui concordait avec leur projet de vie en Église, communautaire, de prière, d’inspiration monastique ou monastique (selon les avis) et peu importe, mais qui correspondait à leur recherche. Nous étions jeunes donc sans repère pour nous guider et on faisait confiance. J’y étais heureuse et épanouie. Aujourd’hui, je garde encore des contacts avec les uns et les autres. Ils restent et resteront des amis(es).
J’ai aimé cette vie au cœur des cités et j’y crois.
Depuis quelques temps et précédemment à la sortie du livre d’Anne, les responsables actuels nous ont demandé de nous prononcer, sur les problèmes ou les situations que nous avions vécues et qui nous avaient éloignées ou exclues des fraternités. Je trouve cette démarche très positive et importante et à eux, d’en tirer les conclusions pour l’avenir et le bien-être de tous.
Il ne faudrait pas mettre en cause tous ceux qui y vivent aujourd’hui. La responsabilité d’une arrivée ou d’un départ aurait du faire l’objet d’une approbation d’un comité et non d’une seule personne comme ce fut le cas autrefois. On s’est trouvé sans aucun doute devant les problèmes des débuts mais je forme le souhait pour que tout s’apaise aujourd’hui et évolue de façon positive.
A chacun de se poser, est-ce que j’ai fait ce qu’il fallait pour que cela change ! Les statuts ont pu remettre un peu d’ordre et les jeunes qui rentrent actuellement dans les fraternités ne sont pas responsables des incohérences d’autrefois.
Je ne reviendrai pas sur la personnalité de Pierre Marie décrite dans les articles précédents et qui correspondent à la réalité. Il y a eu des erreurs en effet mais personne n’aurait osé lui faire des reproches sous peine de se faire mettre à la porte sur le champ comme ce fut le cas pour moi, accompagné des tas de mensonges pour faire accepter la situation aux autres sœurs ou frères et à d’autres encore. A l’époque, nous n’avions personne pour nous écouter ou nous entendre…
Je suis plus perplexe par rapport aux avis qui vont un peu dans tous les sens aujourd’hui. On ne peut comprendre la situation que si on l’a vécue. Ne jugeons pas. Accueillons la souffrance de l’autre, écoutons-le. De l’extérieur, on ne peut mesurer ce qui se vit à l’intérieur. Les laïcs et même des frères et sœurs ignoraient parfois ce qui existait.
Je pense aux frères et aux sœurs qui y vivent aujourd’hui et je les encourage à poursuivre leur vocation. À leurs responsables, de tenir compte des remarques que des frères et des sœurs leurs ont communiquées. Il ne s’agit pas de faire le procès à quelqu’un de décédé. Cela n’apportera rien. Je ne le vois pas comme cela.
Personnellement, j’ai tourné la page et vécu d’autres choses ce qui n’a pas enlevé mon désir de prière aux cœurs de villes et aux cœurs de Dieu. La vie nous ouvre d’autres formes de vie et si cela rejoint notre personnalité, elles sont aussi épanouissantes. Comme quelqu’un nous disait lors d’une retraite, chaque jour, il faut savoir ouvrir une nouvelle page blanche de notre vie et la remplir. Une autre personne me dit souvent qu’il faut regarder vers le soleil et laisser l’ombre se dessiner derrière nous.
Je comprends la souffrance vécue par les uns ou les autres. Mais on ne vit pas « pour » Pierre Marie. Ce n’est pas nécessaire de lui donner plus d’importance qu’il ne faut. L’impulsion d’une communauté au cœur des villes était d’ailleurs, l’inspiration de Mgr Marty et il avait demandé à d’autres communautés religieuses de la créer. Mais il n’a reçu aucune réponse positive en ce sens. Pierre Marie a repris l’idée en créant les fraternités de Jérusalem.
Nous pouvons reconnaître que l’idée était géniale et de forme nouvelle. Les chants principalement d’André Gouzes nous portaient ainsi que nos moments de prière personnelle et communautaire, les formations, les retraites etc.… La vie des Laures y était rude …. Avant de passer à une vie communautaire. Il est et restera malgré tout, le fondateur de cette nouvelle forme de vie.
Écrire un livre le concernant, oui, cela me semble évident pour l’avenir mais sans mettre le fondateur sur un piédestal, mais pour expliquer son parcours, les modifications et le déroulement des fraternités avec ses richesses et ses difficultés, ses rebondissements. Un fameux travail !
Les fraternités de Jérusalem sont une forme de vie comme il en existe d’autres et toutes font parties de l’Église d’aujourd’hui. Il n’y a pas d’échelle de valeurs à y mettre. Mais ce livre est à écrire avec réalité, simplicité et sans orgueil. Sinon, celui-ci risque de faire aussi débat.