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Fraternités monastiques de Jérusalem : “Nous devons faire la vérité sur la part sombre de notre histoire”

Le mercredi 15 janvier 2020

A ancien frère, prêtre diocésain.

Votre message m’apparaît proprement scandaleux pour plusieurs raisons :

D’abord, vous n’hésitez pas à inverser le sens des responsabilités en utilisant le sempiternel argument de la fragilité des victimes ; argument qui finit par perdre de sa validité a force d’être ressassé comme un mantra. Puisque c’est bien évidemment parce qu’une personne comporte des fragilités et des failles que l’on peut la mettre plus totalement sous emprise. Il y a, en ce moment, des tas de livres et de témoignages sur l’emprise. Renseignez-vous.

Ensuite, votre expérience à vous, d’HOMME parvenu à là prêtrise, et ayant donc « réussi « votre passage à St Gervais, n’est pas la même- bien évidemment !, que celle d’une jeune FEMME éprise d’absolu, face à un HOMME plus âgé, de surcroît PRÊTRE et « fondateur » d’une communauté monastique. Mais, à partir de cette évidence qui semble pourtant vous échapper ! mettez- vous en doute le témoignage d’Anne Mardon ? Je ne comprends pas bien car vous exonérez Pierre - Marie de toute responsabilité dans l’histoire. Comment le savez - vous donc ? Il vous a fait des confidences ? Etiez- vous là lors de ses tête à tête avec Anne Mardon ?

En définitive, Anne Mardon ment-elle ou pas ? Tout le problème est là. Il n’y a pas à en sortir, quelque biais que l’on prenne.

Pour avoir connu Anne Mardon, ayant fait moi- même partie des « petites laures », à la même époque, je sais qu’elle ne ment pas. Elle dit bien qu’il n’y a pas eu de relations sexuelles à proprement dit mais une très grande proximité physique amoureuse.

Le plus grave est que Pierre - Marie s’est octroyé le droit avec Anne, et peut-être avec d’autres, je ne sais, mais, je pense, surtout avec elle, parce qu’il en était amoureux, disons le clairement !, de jouer le rôle de père ( elle l’appelait Papa ) et d’amant, tout en n’etant rellement ni un véritable père ni un véritable amant. Quelle relation « tordue » qu’ une femme attend, bien entendu, d’un homme et, plus encore, d’un prêtre, fondateur ( il tenait à ce titre comme à la prunelle de ses yeux ) aspirant à mener une vie monastique dans une communauté… Vous trouvez cela normal ? Vous trouvez cela légitime toutes ces confusions sur tous les plans ? Et il n’y a pas besoin de faire de longues études de psychologie pour se rendre compte que cette relation incestueuse ne peut qu’ engendrer des ravages dans le psychisme …et, à la longue, des souffrances encore plus grandes, tout en empêchant de prendre les moyens d’une véritable guérison possible de ses « fragilités « .

Anne encore ment-elle lorsque Pierre - Marie l’envoie à une « illuminée « croyant à la réincarnation et lui ouvrant ses « chakras » ou encore à un exorciste orthodoxe bien bizarre, au mépris de toutes les règles régissant l’exorcisme ? Encore une fois, Pierre - Marie n’a donc aucune responsabilité dans l’ histoire ? Et si la personnalité est « fragile « , la responsabilité est encore plus grande. Car, il n’est pas besoin là non plus de longues études de psychologie, pour se rendre compte des ravages psychiques que de tels procedes peuvent occasionner.

Si Anne ne ment pas, Pierre- Marie, quoique vous en disiez, ne peut être exonéré de toute responsabilité et a bien joué sur tous les tableaux qui le servaient. Utilisant son statut de prêtre ( qui lui donnait une supériorité sur les laïcs qui, selon lui, n’étaient pas grand chose) et sa position d’autorité spirituelle et de « père fondateur » pour combler ses impérieux besoins affectifs. C’est grave ! Et quel modèle de droiture et d’honnêteté !

Pour finir, Anne Mardon, après avoir attendu plus de trente ans, y compris de la part de plusieurs autorités ecclésiales , un peu de justice et de vérité et moins de lâcheté, a bien le droit d’écrire ce livre et de lui donner ( ou d’accepter qu’il ait ?) ce titre…Ce n’est pas à la victime qui a beaucoup souffert de « prendre des gants » …Et si elle n’avait pas écrit ce livre, croyez- vous que la communauté aurait fait ce communiqué ou elle dit les choses tout en ne les disant pas… Decidement, que les gens d’église ont du mal à parler clairement et honnêtement de faits que, par ailleurs, ils ne peuvent nier.

Encore un point ; je n’ai jamais lu nulle part ou entendu dire de la part de plus anciens que moi que Pierre- Marie ait pu concevoir les fraternites comme des « lieux de passage » ? S’il s’agit d’ecrits, vos références SVP ?

A Agape

  • Si des saints ont eu des personnalités problématiques ( et il y en a certainement eu) surtout lorsqu’on canonise trop rapidement ; ce n’est pas une raison pour continuer à le faire.

- S’il y a eu dans le passé des maltraitantes physiques et psychologiques, est- ce une raison pour légitimer les abus récents et les trouver normaux ? On a fait de grands progrès dans le respect du aux personnes. Et tant mieux ! Il s’agit d’un progrès moral qui devrait être aussi considéré comme un progrès spirituel.

  • De même si une vérité qui est aussi une grande souffrance se fait jour sur les réseaux sociaux, faute d’avoir reçu une écoute légitime ailleurs, tant mieux…La vérité peut faire mal mais elle vaut mieux en définitive que l’illusion ou le mensonge,

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