En réponse au message :
Fraternités monastiques de Jérusalem : “Nous devons faire la vérité sur la part sombre de notre histoire”
Moi aussi, j’ai connu le Père DELFIEUX (« dédel » ou « delfioso ») lorsqu’il était aumônier d’étudiant dans les années 70 … Je n’ai pas à m’en plaindre.
Je cherchais ma vocation, il ne m’a pas mal conseillé, sans trop s’avancer non plus. Je l’entends me dire : « faites le tour des popotes … » et aussi : « les vocations contemplatives, c’est très rare », et aussi : « vous avez la vocation de l’accueil … » (ceci, d’après mon comportement). Il ne se prenait pas pour un gourou, non.
Il s’est aussi bien occupé du petit fiancé qui était dans le circuit à l’époque, et qui en avait gros sur le cœur.
J’ai perdu de vue le Père DELFIEUX en 1973 : pour moi, c’est cette année-là qu’il est parti au désert sur les traces du Père de Foucault et afin de préparer sa fondation. Moi-même, j’ai alors quitté Paris.
La suite, je ne sais pas. Je sais qu’il a voulu se rapprocher des Sœurs de Bethléem pour un chemin commun et que la supérieure n’a absolument pas voulu, ayant déjà en tête son idée (ou son rêve, ou son imagination ?) de chemin cartusien. Je sais qu’il y a eu une sorte de rivalité entre les deux communautés et même de la jalousie du côté de Bethléem, à cause du succès de Saint-Gervais : la beauté de la liturgie attirait beaucoup de monde … La Sœur Marie disait : « ils nous ont pris toutes nos mélodies … ». Du côté de Jérusalem, on critiquait la nouvelle orientation et les incessantes constructions … Rien que des choses bien humaines, en somme, et qui, à mon avis, ont toujours dû exister.
De la période où j’ai été en contact avec le Père DELFIEUX, la seule fausse note dont je me souvienne est le jour où il a donné la communion à un musulman avéré, qui a quitté la Sainte-Table en rigolant. A la sortie de la messe, nous l’attendions de pied ferme, pleins de douloureux reproches. Je me souviens de son mutisme et de son visage fermé. C’est tout.
Et aussi, le fait qu’il nous faisait avancer autour de l’autel pour dire chacun à notre tour la prière eucharistique qui est normalement réservée au prêtre. Je pense qu’il faut replacer cela dans le contexte de l’époque, les innovations tous azimuts de la période postconciliaire …
C’est tout.