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Fraternités monastiques de Jérusalem : “Nous devons faire la vérité sur la part sombre de notre histoire”

Le jeudi 12 décembre 2019

Réponse à l’entretien accordé par le responsable actuel des « Fraternités de Jérusalem « au Journal « La Vie « par une ancienne sœur qui n’est pas Anne Mardon et n’a d’ailleurs pas encore lu son livre.

 Concernant l’histoire des « Fraternités monastiques de Jérusalem « , il serait bon que leur responsable actuel, pour plus de clarté et d’honnêteté , réponde tout simplement à la question suivante : (Et s’il ne le sait pas, qu’il se renseigne auprès des « anciens »)

Qui a initié les « petites laures » ( composées de sœurs ) sinon le fondateur des « Fraternités « ; Pierre -Marie Delfieux ? Et ce, alors que ce même Pierre- Marie Delfieux avait été mis sur la touche par les frères de la communauté, éloigné un temps de l’église Saint Gervais et que la 1 ère communauté des sœurs avait choisi de se dissoudre, donc, qu’en principe, il n’aurait plus du y avoir aucune sœur dans le chœur de l’eglise au début des années 80. Qui est l’auteur de cette « invention » sinon lui ? aidé en cela, il faut le reconnaître, par la lâcheté ou la naïveté d’autres membres de la communauté et des autorités ecclésiales. Donc, au final, qui est responsable en premier lieu des dégâts et souffrances engendrés, sinon ce createur des « petites laures » ? avec l’avantage pour Pierre - Marie Delfieux que ces « sœurs », en dehors de tout cadre établi, ( sans discernement préalable, sans postulat, sans noviciat etc…mais avec un habit monastique !) étaient directement sous sa direction et tombaient à pic pour suppléer le départ des sœurs de la 1 ère communauté qui, encore une fois, avaient choisi de se dissoudre. La communauté de sœurs actuelle n’est en effet que la seconde.

Déjà, il est plus que bizarre que des sœurs » soient exclusivement sous la conduite d’un homme, fut-il un prêtre, et qu’elles ne disposent d’aucune autre référence dans leur vie matérielle et spirituelle. Par conséquent, lorsque l’on relate une histoire, pour s’exonérer ou exonérer d’autres d’une quelconque faute, il faut la raconter tout entière.

Quant à la personnalité de ce fondateur ; Pierre- Marie Delfieux, elle est fort ambiguë, avec une tendance à la mégalomanie. Certes, on peut dire que il était joyeux et « inspiré « , capable d’homélies de haut niveau spirituel, capable de faire illusion, surtout auprès des laïques qui ne le côtoyaient que de loin….Et « pressé « ; certes oui ! C’est à dire soucieux d’embrigader n’importe qui, dans n’importe quelles conditions, dans sa « grande œuvre « , sans aucun discernement préalable… Il fallait, à tout prix, « faire du chiffre », compenser les incessantes sorties par de nouveaux recrutements effectués sans prudence ni bon sens, en fait mettre le plus de coules et de capes blanches dans le chœur, comme faire le plus de fondations possibles, là aussi sans discernement. Tout pour la « grandeur » et l’expansion de la communauté, rien pour le simple respect des personnes. Rien pour les aider, dans la liberté, à trouver et à grandir dans leur vocation propre.

Pour cela, le fondateur n’hésitait pas à jouer sur la séduction, la vanité ou pire la générosité et le désir de Dieu des personnes et à tisser des liens affectifs parfois bien tordus avec certaines d’entre elles.

Pour finir, l’important n’est pas la compassion ( brandie ici trop facilement et presque artificiellement ) mais la vérité sur le fondateur, sur l’histoire ( non édulcorée) de la communauté et les actes qui devraient en découler logiquement. Une commission d’enquête, surtout composée de membres de la communauté, ne me parait absolument pas crédible ; alors même que l’on ne cesse d’encenser le fondateur, et de faire référence à sa parole comme « parole d’Evangile ». Quand la confiance a été brisée, on ne s’adresse pas en priorité à ceux qui ont brisé cette confiance.

Quant aux autorités de l’Eglise, qu’elles fassent leur boulot de surveillance effective, d’écoute et de réparation, si besoin, et ne se contentent pas des « belles apparences ». Et que ceux qui savent dans l’Eglise ( car, dans le cas de cette communauté, il en existe presque depuis le début à différents niveaux) disent clairement les choses, au lieu de se contenter de quelques allusions critiques ou ironiques au tempérament du fondateur, prononcées à l’occasion. Je pense qu’elles n’ont pas pu ou voulu entendre la grande souffrance de celles et de ceux qui s’adressaient à elles. Cela signifiait donc pour les victimes : « Passez votre chemin. Vous nous importunez avec vos récriminations. On a mieux à faire qu’à écouter vos éternelles jérémiades »

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