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Pédocriminalité : « Les évêques se lavent les mains et leur conscience à bon compte »

Le vendredi 4 juin 2021

Ce père se trompe. Un nombre grandissant de victimes souhaitent un procès pénal international. Parce que la responsabilité est institutionnelle. Le fait que la hiérarchie ait volontairement couvert et tu différentes affaires rend les prêtres, évêques, cardinaux complices des crimes commis par leurs collègues. Et ils peuvent se sentir coupables dans le sens où leur hiérarchie couvre et tait ces crimes et accule parfois les victimes et leurs familles à des situations ultra toxiques, abusives qui inversent la culpabilité et renvoient les victimes et leurs familles dans des situations de mal-être. Manifestement, c’est son cas. Mais ce que je trouve terrible est qu’il est encore dans la révérence au système tout en s’en plaignant. Ca, ça me sidère. Et le pire, c’est qu’il continue à cautionner vis à vis de l’Eglise un rapport de soumission de type filiale et réclame des prêtres une attitude de père. Donc de dominant. Franchement…mais il réalise qu’il est en train de cautionner la perpétuation de la domination totalitaire ou pas ? Son fils a été abusé, violé par un clerc et finalement, ben continuons sur le même régime qu’avant, ne culpabilisons pas les prêtres ni l’institution. Au nom d’un idéal.

Son propos montre un homme dans la dualité. Il s’accroche encore à un fantasme que l’Eglise entretient pour maintenir une illusion familiale quand en réalité il s’agit d’emprise et de domination, parfois mortifère et criminelle. Le jour où cet homme admettra que son idéal n’existe pas et n’existera pas dans la réalité cléricale, alors peut-être il fondera sa spiritualité seulement en Dieu et pourra permettre à son fils de se reconstruire vraiment sur d’autres bases, bien plus saines.

En attendant, la façon dont il parle, montre qu’il reste ligoté à des schémas de représentation cléricale encore trop fantasmatiques puisqu’il en parle en termes familiaux. Alors que la notion de famille ne s’applique qu’entre membres masculins du clergé (tous se tiennent les coudes pour éviter de divulguer crimes, délits, déviances des uns comme des autres, mais absolument pas vis à vis des croyants. La frontière est bien étanche. Et elle l’a toujours été. Quand je lis des propos aussi révérencieux, je me dis, bon sang, y a encore du boulot avant que ce monsieur et nombre d’autres familles de victimes, voire de victimes elles-mêmes, fassent une réelle prise de conscience. Atterrissent dans la réalité cléricale, telle qu’elle est, et pas telle qu’ils la souhaiteraient.

C’est dur de grandir…y compris spirituellement !

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