En réponse au message :
Pédocriminalité : « Les évêques se lavent les mains et leur conscience à bon compte »
En l’espèce les victimes se sont tournées directement vers la justice, et non pas vers l’institution : « le prêtre a été dénoncé en décembre 2009 par un des deux frères, alors âgé de 18 ans, il a témoigné au commissariat de police de Perpignan ». C’est ainsi que Mgr André Marceau a eu beau jeu de dire au procès « qu’il aurait pu enquêter mais qu’aucune famille ne s’était plainte » et se dédouaner, même si apparemment « deux prêtres étaient venus l’avertir que des faits graves se déroulaient dans la paroisse ».
J’ai vu que ce père de famille avait déjà témoigné en mars 2019 : « Pourquoi je garde la foi en l’Eglise, même si notre fils a été abusé par un prêtre » :
« Il n’est pas utile de revenir sur l’impensable : "comment un prêtre a-t-il pu commettre de pareils actes ?" Nous l’avons expérimenté dans notre chair, aucun homme n’est à l’abri du mal, et même du mal le plus sombre, au point que le président du tribunal m’interpellait : "mais comment pouvez-vous encore être catholique après cela ?". Non seulement je le suis encore mais je voudrais dire que si notre fils a été abusé par un prêtre, cela ne diminue en rien l’estime et la confiance que nous avons pour tous ces autres prêtres qui chaque jour se dévouent auprès de nous.
Quand j’entends dire de toutes ces affaires, "c’est un péché collectif", je m’insurge. On passe d’une culture du silence à la culpabilisation générale. Ces prêtres ne sont pas coupables des crimes de leur(s) confrère(s). Si en tant que père je m’en veux aussi de ne pas avoir pu empêcher ce qui s’est passé, je ne me sens en aucune manière coupable de la même manière que ce prédateur. Ces prêtres ne devraient pas non plus s’en sentir coupables. Pour ce qui est de la hiérarchie, je crains que cette nouvelle doxa ne soit qu’une nouvelle manière de ne pas assumer les choses. La hiérarchie de l’Église doit assumer individuellement ses fautes et ne pas les noyer dans une vague responsabilité généralisée… les victimes n’en veulent pas. Elles espèrent que leur bourreau demandera un jour pardon et auraient été tellement apaisées d’entendre leur évêque faire de même. Dans notre cas, l’évêque de l’époque –Mgr André Marceau– n’a jamais reçu notre fils, jamais demandé de ses nouvelles ou des nôtres, jamais eu une parole de compassion pour les victimes … pas plus en dix ans qu’au procès où tel un fonctionnaire de Dieu, il est venu dire "j’ai fait ce que j’avais à faire" c’est-à-dire rien. Il ne nous a même pas regardés, n’a pas parlé de la douleur des victimes, n’a pas eu un mot pour nos enfants… L’avocat général a jugé cette attitude de l’évêque "scandaleuse" et la cour, si elle a reconnu à l’audience civile le dédommagement demandé par les victimes, a refusé l’euro symbolique de dédommagement demandé par le diocèse. Tout le monde en a été sidéré.
Nous ne sommes que de simples fidèles. Nous n’entendons rien aux beaux discours de réformes toujours annoncées, aux grandes réunions, aux effets d’annonces… ce que nous voyons c’est la réalité de l’Évangile. Qu’aurait coûté à ce hiérarque une parole de miséricorde et de compassion ? Notre fils l’attendait et nous aussi ; elle n’est pas venue, elle ne viendra pas. De quoi avait-il peur ? Qu’on prenne ce geste comme un acte de faiblesse ? Un aveu de culpabilité ? Je ne peux croire que ce soit cela, l’Église de Jésus-Christ. Tant que nos évêques n’auront pas cette attitude simplement évangélique, les beaux discours ne serviront à rien. Tant qu’ils ne seront pas des pères, pour les victimes, pour leurs prêtres, pour leurs fidèles… ils ne seront pas crédibles et ne nous aideront pas à garder confiance dans l’Église, à l’aimer malgré tout. »