En réponse au message :
Décès de Jacques Marin, prêtre aux multiples victimes
Si vous aviez deux sous de culture juive, Grégoire, vous sauriez que dans le culte juif, les femmes réglées sont vues comme impures. Et doivent se purifier (dans un bain rituel à la synagogue chaque mois) et se tenir à l’écart des hommes comme de la nourriture durant leurs règles du moment que mariées. Le fait de saigner chaque mois est pour la religion juive une marque d’infamie en lien avec l’épisode du bannissement d’Adam et Eve de l’Eden. Les femmes doivent donc se purifier et montrer qu’elles ne saignent plus au rabbin pour pouvoir être réintégrées à la synagogue pour les offices et c’est comme ça tous les mois jusqu’à la ménopause. Elles sont aussi dans l’obligation de manger et de dormir séparément de leur époux pour ne pas le contaminer de leur impureté du fait de leurs règles. C’est effectivement complètement absurde et offensant, mais néanmoins une réalité concrète encore aujourd’hui chez les juifs pratiquants.
Le catholicisme a récupéré beaucoup de cette culture machiste du judaïsme et la croyance qu’aucune femme n’est, de par ses règles (que les clercs attribuent à une damnation et péché originel), en capacité d’enseigner, de prêcher et surtout pas de toucher et élever une hostie qu’elles souilleraient (toujours selon les clercs), reste une croyance vive qui entretient, avec la dimension patriarcale, l’idée que la prêtrise, le sacerdoce, doit rester masculin uniquement.
Le judaïsme libéral est sorti de ces considérations, puisque des rabbins femmes ont vu le jour et prêchent et enseignent. Malheureusement, ce courant libéral n’est pas encore allé jusqu’à faire disparaître le bain rituel de purification des femmes à la synagogue. Cela me consterne personnellement. Comme quoi, le sacerdoce au féminin ne rend pas pour autant plus compatissante vis à vis de ses soeurs.
Jésus était un homme certes, à une époque où le rabbinat d’aujourd’hui libéral au féminin n’existait pas. Mais où il y avait des femmes qui malgré tout enseignaient (la prophétesse Anne citée à la circoncision de Jésus notamment). Donc il n’y a aucune raison valable d’interdire le sacerdoce aux femmes. Et ce n’est pas Jésus qui s’y serait opposé étant donné sa proximité avec les femmes de son entourage.
Marie étant donné ce que je vous explique des rituels et culte juifs n’aurait jamais pu devenir prêtresse à l’époque de son fils. Le culte juif ne le permettait pas et Jésus n’aurait pas pu imposer sa mère, ni Marie-Madeleine ni aucune autre femme pour prendre la suite. Ce n’était pas l’usage dans la société juive. Marie avait déjà frôlé durant sa grossesse la lapidation pour être enceinte hors mariage et pas de son époux Joseph (chez qui elle ne vivait pas encore puisque toute jeune adolescente). Alors devenir prêtresse…ça aurait été encore plus scandaleux.
Ceci étant dit, pourquoi dans le catholicisme né bien plus tard que le judaïsme, en rester à de vieux schémas antiques et sexistes, si ce n’est pour des questions de domination masculine ?
Ce n’est pas une question de jalousie ou de propagande, c’est une question de considération, de dignité et d’égalité. Je ne vois vraiment pas pourquoi une femme ne serait pas aussi capable qu’un homme dans la fonction.
Concernant la chasteté, si celle-ci avait tellement importé tant à certains laïcs qu’au clergé, ça se saurait depuis des siècles et des siècles.