En réponse au message :
Face aux affaires de pédophilie dans l’Eglise, le déni comme système inconscient de défense
Agapé, on est pas dans le bisque bisque rage. L’institution s’est mise toute seule dans une situation criminelle durable qu’elle continue à justifier en ne la traitant pas. Tout en prétendant la traiter (par le déni, le mépris, le silence, l’évitement, la pression psychologique, les menaces, l’intimidation et la perpétuation des crimes, la protection des criminels). Ce que les croyants lui demandent, ce n’est pas la perfection, mais d’être suffisamment bonne…Ce n’est pas du tout la même chose.
On ne pourra pas faire avancer l’Eglise en général quand le clergé viole femmes et enfants pour asseoir une domination masculine que ce même clergé sacralise et essentialise. Cela est juste insupportable et inacceptable. Indigne du message de Jésus.
Si l’on veut sortir de ces atrocités, il faut refuser le viol. Empêcher des hommes, clercs, religieux de violer femmes et enfants. Ne pas les laisser au contact de leurs victimes potentielles, dénoncer aux autorités judiciaires leurs crimes, leur problématique criminelle et qu’une prise en charge tant de ces hommes pédophiles, criminels sexuels que de leurs victimes se mette en place. Deuxièmement, il faut ouvrir les archives vaticanes qui concernent les documents faisant état ou signalement de ces viols. Que les archives datent du 4e siècle comme du 21e siècle. Il faut que toutes ces violences soient mises à jour, façon cartes sur table. Et que les victimes, leurs descendants aient les moyens de comprendre pourquoi l’institution cléricale romaine utilise depuis toujours le viol et considère le viol comme un moyen de domination indispensable. Que les victimes aient les moyens de pouvoir être indemnisées et soient prises en considération en tant que victimes au plan judiciaire, média.
Ensuite il faut faire un travail de déconstruction de la violence et du viol. En quoi la culture du viol imprègne le clergé catholique romain et pourquoi ? Ces questions se travaillent avec des sociologues, des théologiens, des psy, des philosophes, des anthropologues.
Et vient ensuite un vrai travail de formation et d’éducation sur ce sujet. Au séminaire, dans les congrégations, dans les aumôneries de lycées, de collèges, de grandes écoles, dans les centres de formation religieuse universitaires, pontificales.
Le viol n’est ni naturel ni inévitable. Une société humaine digne de ce nom et encore plus une société religieuse qui soit disant représente Dieu et respecte l’humain avant même sa naissance, peut et doit sortir de cette culture du viol.
Car qui dit viol dit placer dans la terreur permanente une partie des humains et auquel cas, femmes et enfants. Est-ce que cette terreur permanente d’un possible viol que vivent femmes et enfants partout dans le monde c’est selon l’Evangile, une situation acceptable ? Non, bien sûr.
Est-ce que tous ces clercs qui violent ou qui protègent des violeurs pourraient supporter de vivre avec la peur permanente d’être violés eux aussi, un toutes les trois minutes comme c’est le cas pour les femmes et les enfants ? Non bien sûr.
Alors il faut réellement changer tout ça. Si vraiment le clergé prétend être du côté des victimes, il faut que le clergé passe aux actes en faveur des victimes et en dénonciation, traitement et jugement pénal clair des violeurs criminels. Que le clergé reprenne le projet Fitzgerald, en parle enfin, dénonce ensuite la politique de P6 et sa perpétuation appliquée jusqu’à aujourd’hui dans tous les épiscopats sur ordre du Vatican et travaille en collaboration avec la justice pénale à changer complètement la donne. Au plan international.
C’est la base même de la restauration de la confiance entre clergé et croyants. Le clergé ne peut pas demander la confiance des fidèles si parallèlement à cette demande de confiance, le clergé viole femmes et enfants. Et considère ces viols comme indispensables au pouvoir religieux.
Si véritablement, l’intégrité affective, physique, sexuelle, morale des femmes et des enfants a de l’importance pour le clergé, alors le clergé ne doit plus accepter que certains clercs violent ni accepter de les laisser continuer à violer en toute impunité. A partir du moment où le clergé refusera le viol sur femmes et enfants et manifestera et agira avec le reste de la société pour enrayer, faire pression, dénoncer les violences sexuelles sur femmes et enfants, alors beaucoup d’autres blocages (homophobie, sexisme, violences psychologiques, tortures) pourront se défaire et la société commencera à vivre un tout petit début d’égalité.
J’étais samedi à la manif #Noustoutes contre les violences faites aux femmes. Il y avait des femmes et des hommes à cette manif, des ados et même quelques enfants. Mais aucun prêtre, aucune religieuse, aucun membre du clergé. Je l’ai beaucoup regretté. Car le changement, ça passe aussi par une union entre la société civile et la société religieuse sur ce type de question qui concerne réellement tout le monde.
Pourquoi fut-il si facile de réunir clergé et société civile pour empêcher l’accès à l’égalité en droits fondamentaux, sociaux des homosexuels et des femmes, alors qu’il est impossible au clergé de manifester au côté de la société civile quand il s’agit de s’opposer aux violences et crimes sexuels ?
C’est quoi l’empêchement ? J’aimerais comprendre…