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Dérives sectaires dans la culture ? Questions autour de l’Office Culturel de Cluny
Marie est émancipée parce qu’elle revendique une sexualité choisie et heureuse, différente de celle conjugale et forcée qu’on lui propose (que ses parents lui imposent à 13 ans avec Joseph bien plus âgé qu’elle). Elle prend le risque de se marginaliser dans une société corsetée à l’extrême et qui condamne à mort toute femme ayant une relation extraconjugale. Pour ça, oui, Marie est émancipée. Puisqu’elle revendique l’amour, l’élan, le désir véritable pour faire un enfant, plutôt que les convenances et la sexualité au sein d’un mariage forcé.
Mais en dehors de cet aspect, elle est le pur produit de son éducation. Certes très au-dessus de la moyenne au plan religieux, scolaire grâce aux parents qui bossaient au Temple et l’ont placée. Mais ultra soumise et éternelle mineure au plan législatif, comme ne pouvaient que l’être les femmes de sa condition et de sa religion à cette époque-là.
Si elle peut être un exemple féministe sur le plan amoureux (même si du fait de ses origines sociales, elle avait plus de chance de ne pas être lapidée pour adultère qu’une femme de basse condition), au plan statutaire légal, c’est plutôt un contre-exemple. Parce que non seulement elle a subi une situation complètement aliénante de son vivant sans pouvoir s’en extraire, mais en plus par la suite une fois décédée, elle a été et est encore sans doute à l’heure actuelle, une des femmes les plus instrumentalisées au monde. Ca fait beaucoup à gérer pour une seule personne. Même dans l’au-delà. La charge mentale à ce niveau dépasse le supportable.
Dieu merci, depuis un siècle, les femmes ont compris, peut-être en partie du fait de l’instrumentalisation patriarcale et religieuse constante de Marie pour les culpabiliser, les violenter, les enfermer dans la soumission, qu’il leur fallait à contrario conquérir une réelle autonomie financière, éducative, psycho-affective, statutaire, professionnelle et qu’il était important de choisir non seulement le ou la partenaire avec qui vivre, aimer, partager, mais quand et comment et avec qui faire un enfant. Ce qui n’était surtout pas à l’ordre du jour à son époque.
Est-ce que Marie inspire depuis l’au-delà cette émancipation progressive des femmes ? C’est la grande question qu’on peut tous et toutes se poser, sans réponse pour le moment. Mais ces derniers temps, je dois dire que le Magnificat prend une sacrée résonance. Hasard, coïncidence ou providence…en tout cas, c’est émouvant. Une sorte de doigt d’honneur géant à l’ordre établi, mine de rien.