En réponse au message :
« Je suis un risque » de Marie-Philothée Mallais, éd. Du Cerf
Bruno,
Avant tout, les premiers coupables sont « la famille ». En elle se trouvent les agresseurs, mais aussi ceux qui veulent ne rien voir, qui s’enferment dans le déni, qui vous culpabilisent, qui vous demandent le silence et de continuer de vivre avec les bourreaux comme si de rien n’était… Il faut déjà commencer par éduquer les proches pour qu’ils aient un comportement adapté : accueil, écoute, compassion, respect, soutien sur le chemin de guérison, etc.
Mais tu as raison, il y a aussi un problème auprès du clergé. Beaucoup ignore la réalité quotidienne de ces drames (comme si ça ne pouvait pas exister chez les cathos) et ne décèle pas ce qui se cache derrière certaines accusations de leurs pénitents. Il y a donc une nécessité de les former un minimum sur le sujet. L’aumônier de l’école m’a entendue me confesser pendant 2 ans, moi l’écolière en uniforme bleu marine avec mes cols Claudine à liseré rose et mon cerf-tête à velours, qui du haut de mes 12 ans m’accusait très mal à l’aise d’avoir « péché contre le 6e commandement avec un garçon et de manière solitaire à plusieurs reprises ». Normalement dans ce milieu très sage et à cette époque, il aurait dû se dire qu’il y avait un problème. C’est ce qu’a perçu le prêtre de l’OD à qui je rends grâce de m’avoir sauvé. C’est lui qui a permis que ça cesse, c’est lui qui m’a expliqué que je n’y pouvais rien, que c’était anormal de vivre ça et totalement injuste, qu’il fallait me protéger et que je devais parler autant que nécessaire, se mettant à ma disposition pour me recevoir autant que nécessaire afin de vider mon sac (d’ailleurs c’est souvent lui qui a mis les bons mots sur ce que j’avais vécu et ce que je continuais de vivre et éprouver, Deo gratias pour la disponibilité et la bonté de ce prêtre).
Comme quoi, une communauté peut être déviante et dangereuse, mais chaque individu est unique et, au sein de ces structures, il y a aussi beaucoup de personnes aveuglées par le lavage de cerveau, ne comprenant donc pas les dérives de leur communauté, mais surnageant du marasme ambiant et prêt à dépasser les interdits et les règles sectaires pour aider avec bonté et charité. ça donne espoir !