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Le père Bernard Peyrous démis de ses fonctions

Le dimanche 5 novembre 2017

La pathologie de l’hystérie est complexe, Agapé. Elle comporte une part de simulations, mais aussi de réelles pathologies très graves qui se manifestent par cycles, par crises. Il y a donc des phases où l’on est paralysé, d’autres où on ne l’est plus, d’autres où l’on se met à saigner, à perdre la vue, à la retrouver, à avoir des abcès, des gangrènes, brutalement guéries on ne sait comment, puis qui réapparaissent. Donc les chaussons usés servaient lors des périodes dites de rémission. Mais dont Marthe ne pouvait parler évidemment. Comme elle ne pouvait pas parler de phases où elle pouvait manger un peu, ce qui aurait tué dans l’œuf le principe d’inédie, lié lui aussi à l’hystérie.

Vous avez des simulations aussi dans certaines psychoses comme la maniaco-dépression, avec des crises plus ou moins aigües et espacées. Ce n’est pas quelque chose de pleinement conscient. Ca fait simplement partie de la pathologie.

Posez la question à des psychiatres. Ils vous l’expliqueront encore mieux que moi et de façon plus détaillée et scientifique. C’est leur job.

Vous avez une autre femme du même profil pathologique, Thérèse Neumann, marquée par les mêmes symptômes, les mêmes comportements. Elle aussi relevant de l’hystérie avec des pathologies terribles tout au long de sa vie et des stigmates. Et de l’inédie également et des hallucinations, des visions mystiques. Inédie vérifiée partiellement durant 15 jours par des médecins. Mais qui ont conclu à une inédie et des stigmates non miraculeux, liés à la pathologie hystérique. Tout cela fonctionne ensemble. Il y eut aussi autour de Neumann, une instrumentalisation religieuse cléricale.

Une pathologie telle que l’hystérie ne veut pas dire pour autant que la personnalité est dépressive, bonnet de nuit ou chaotique dans son expression. Surtout quand à la base, la personne malade a bon caractère, qu’elle dispose d’une certaine vaillance, d’un entourage aimant et qu’elle a un ancrage sécurisant. Marthe disposait de tout ça. Et parce qu’elle avait un ancrage sécurisant familial et religieux, pourquoi n’aurait-elle pas eu de continuité joyeuse comme elle l’était avant la maladie ? Le fond de la personnalité n’est pas modifié par la maladie.

Quand une personne est très malade, avec des douleurs épouvantables, continuelles, des moments où elle est si mal qu’elle a très peur de mourir, il est logique qu’elle se raccroche à des choses qui la positivent, qui donnent sens à la souffrance endurée, aident à la sublimer en quelque sorte. Le religieux fait partie de ces garde-fous pour ne pas être complètement submergé. C’est un mécanisme de défense bien compréhensible dès lors qu’on a une culture religieuse familiale forte. Et qui peut être très aidant. Et nul doute que ce refuge dans le religieux aida considérablement Marthe, l’a soutenu toute sa vie. Elle a donné ainsi sens à sa vie et c’est très chouette. Mais le problème, c’est que tout ce qui dans la maladie va se colorer religieusement après confidence au clergé (inédie, stigmates, révélations-hallucinations) va la placer dans une situation où son vécu pathologique réel est instrumentalisé religieusement progressivement. Instrumentalisation d’autant plus facile que sa famille vit modestement et ne peut pas se permettre la prise en charge médicale et sanitaire que son état nécessite. Dans un tel contexte, on comprend la facilité de l’entreprise cléricale.

Les foyers de charité sont la vitrine. Une jolie vitrine où rien ne manque, tout semble parfait. C’est comme le papier brillant d’un bonbon. Ca attire, ça pétille, ça fait envie.

Le contexte et la façon dont Marthe, son histoire et ses pathologies furent utilisées par un clergé omniprésent autour d’elle, la légende qu’il a construite autour d’elle, comment ce clergé a géré financièrement, matériellement, médicalement Marthe et sur quelle base, sur quelle entente de départ, sur quelle durée, sur quel mode, n’est pas vraiment raconté. Et c’est logique. Ce serait comme si un prestidigitateur révélait ses trucs.

Ce qui par contre ressort progressivement, avec l’utilisation de Marthe par les principaux gourous des communautés dérivantes, c’est la majorité qui utilise ses prédictions comme des oracles mais aussi comme une justification personnelle divine presque directe. Leur activité de gourou démarre toujours selon leurs dires, par une sorte d’envoi en mission de Marthe. Et comme Marthe est sensée voir Jésus, recevoir des révélations particulières, forcément, c’est Dieu par son entremise à elle, qui les a nommés en quelque sorte pour relever la France, relever l’Eglise, incarner un renouveau spirituel, donc quelque part ils sont les saints des derniers temps annoncés par cette femme, etc, etc. On retrouve ce discours d’instrumentalisation et d’autojustification chez tous les gourous et gourelles des communautés actuelles dérivantes. Je l’ai constaté notamment aux Béatitudes quand j’étais adolescente via les cassettes d’enseignement d’Ephraïm, de Philippe Madre, de Jo Croissant l’épouse d’Ephraïm. J’ai constaté la même chose dans les discours de membres de l’Emmanuel et idem chez MD Philippe.

Et ça ne tient en rien du hasard. C’est aussi pour ça que je parle d’instrumentalisation. Marthe y a participé via sa pathologie et les manifestations pathologiques qu’elle a eu. Mais elle était loin de comprendre tous les tenants et aboutissants qui s’opéraient à l’arrière plan de ce qui lui arrivait, de ce que le clergé qui s’occupait d’elle fabriquait, et qui aboutissent aujourd’hui à des situations dérivantes dans des communautés qui ont plus fait pour désespérer et blesser la jeunesse catho depuis près de 40 ans que pour lui faire du bien.

Je vous laisse en lecture documentaire, une étude sur la soeur jumelle de Marthe Robin, Thérèse Neumann. Vous comprendrez peut-être un peu mieux la pathologie de Marthe, ses manifestations :

http://www.histoiredelafolie.fr/psychiatrie-neurologie/quelques-documents-sur-therese-neumann-la-stigmatisee-de-konnersreuth-par-paul-meignant-1930

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