En réponse au message :
Le père Bernard Peyrous démis de ses fonctions
Les droits humains fondamentaux ne sont pas une création maçonnique, mais une lente quête humaine non achevée à ce jour, d’individus de toutes conditions, de tous genres, âges, pour sortir de l’arbitraire, de situations abusives, criminelles, discriminatoires et totalitaires.
Ce qui m’amuse dans votre message, Isabelle, c’est que vous considérez que les droits humains fondamentaux sont une catastrophe pour l’Eglise. Vous reconnaissez donc implicitement que l’institution cléricale romaine est bâtie et fondée non sur le respect des individus mais sur la domination et l’exploitation des individus. Donc à rebours de tout respect humain.
Bizarre fonctionnement pour une institution qui se réclame de Jésus et du message évangélique…
Ce n’est pas l’appartenance à la franc-maçonnerie qui autorise les crimes sexuels. Vous avez des tas de criminels sexuels qui n’appartiennent pas à la franc-maçonnerie mais qui sont obsédés par un désir de domination absolue des individus. Et ce désir passe chez certains par le crime sexuel, qui est pour eux la forme ultime de domination, celle aussi qui les fait le plus jouir mentalement et leur donnera le plus de bouffées de toute-puissance et une bonne montée d’adrénaline à laquelle les plus retors deviennent accros, comme à une drogue et de fait, pour retrouver ces sensations fortes, pareil à un vertige, multiplient les victimes.
Au sein de l’institution cléricale catholique romaine, vous avez tout un tas d’hommes qui sont fascinés par le pouvoir, la domination et qui ont trouvé commode d’y ajouter la domination sexuelle par le viol, l’abus, les attouchements, le harcèlement. Pensant qu’ils sont intouchables de par leur appartenance à une certaine coterie et hiérarchie, sachant que ce crime est en quelque sorte structurel quand il s’agit de pédophilie, ils sont tout surpris de se retrouver dénoncés par leurs victimes, même longtemps après.
Ces hommes de Dieu criminels ont sans doute minoré le changement sociétal qui s’est opéré ces dernières décennies, où les victimes de crimes sexuels sont progressivement sorties du silence, et se sont constituées en associations, ont commencé à se porter partie civile contre leurs tortionnaires, ont porté plainte, demandé des comptes à la justice.
Dans le nombre, de plus en plus de victimes femmes. Mais aussi depuis quelques années, de plus en plus de victimes hommes, de handicapés, abusés, violés par le clergé durant leur enfance, leur prime jeunesse.
Ce mouvement sociétal de révélation et de refus du crime sexuel se voit aussi dans la société non catholique, et même des francs maçons se font épingler : voir l’affaire DSK du Carlton. L’impunité des cercles de pouvoir a tendance sérieusement à se réduire à peau de chagrin au fur et à mesure du temps et des luttes individuelles et collectives de victimes, de leur prise de parole publique également et des procès engagés. L’avènement des droits internationaux de l’enfant en 1989 a permis aussi ce changement, même si ces droits sont régulièrement bafoués. Au moins législativement, théoriquement, l’enfant dispose d’une reconnaissance non en tant qu’objet ou affabulateur mais comme sujet à part entière. Dans les affaires de crimes sexuels (inceste, pédophilie), de nombreuses associations ont travaillé pour expliquer que jamais l’enfant n’est consentant sexuellement face à un adulte. Qu’il faut que la honte change de camp, que les criminels soient traduits en justice et paient pour leurs crimes. En France, deux enfants par classe scolaire (de la maternelle au lycée) sont violés, abusés chaque année, soit dans le cadre familial, soit par des proches ou parfois par des personnes ayant autorité (profs, éducateurs ou carrément religieux). Ce n’est pas possible de continuer ainsi. Comme il n’est plus possible que la prescription soit maintenue sur ce type de crime qui a des répercutions dans toute la vie des victimes et à différents niveaux : santé physique, relations sociales, amoureuses, parentalité, équilibre psychique, affectif. J’en parle en connaissance de cause.