En réponse au message :
Une nouvelle prieure à la tête des sœurs de Bethléem
Le fondement de la vie monastique est de se rapprocher de Dieu dans le monde des vivants pour être déjà un peu dans l’au-delà. Cette attirance pour quitter avant l’heure le monde des vivants est une forme de fuite qui est difficile à vivre. D’où l’importance des règles monastiques qui définissent un format mental, un moule qui érige un écran perçu comme protecteur. Sans ces règles, le monde extérieur se rappellerait à chaque religieux comme une alternative à leur vie cloîtrée, une tentation de liberté, d’initiative, d’autonomie, de relation à l’autre.
De la part des adhérents, cette recherche de protection témoigne d’une vulnérabilité. Tous les hommes et femmes de pouvoir ont la tentation de l’utiliser pour s’affirmer, pour nourrir leur narcissisme. Les religieux comme les autres et le monde religieux de Rome en est un témoignage. Faut-il vraiment s’étonner de découvrir cette litanie de prédateurs comme Maciel, les deux frères Philippe, Jean Vanier, la soeur Isabelle et tant d’autres qui ont défrayé la chronique ? Cette sexualité niée pour suivre le Christ et pour imiter l’Immaculée, est-ce que Dieu a créé l’homme pour ça ?
Pour les victimes, la reconstruction est extrêmement difficile, des années passées dans un monde déresponsabilisant, privé d’autonomie, dépendant du groupe et de la hiérarchie, privé des rodages de la vie en société, vieilli sans expérience professionnelle à faire valoir, mon Dieu que l’intégration est un défi !