En réponse au message :
L’histoire cachée de la communauté « Le Verbe de Vie »
Bonjour,
Vous écrivez qu’après « synthèse et enquête auprès d’anciens membres de la Communauté du Verbe de Vie », la visite canonique aurait été déclenchée exclusivement par les co-fondateurs. Je cite : « Elle est déclenchée en 2002 par Monseigneur Charrier, évêque de Tulle, grâce aux différentes interventions de Jean-Louis et Monique Fradon, et de Marina Perrot ».
Par souci de clarté et de Vérité, je me dois de rectifier cette affirmation qui est en partie fausse. C’est une version tronquée, notamment sur le plan chronologique.
J’ai vécu plusieurs années au sein de cette communauté et j’en suis sortie avant Jean-Louis et Monique Fradon et Marina Perrot que j’ai bien connu. Après ma sortie, j’ai été voir les plus hautes instances ecclésiales afin de les avertir des déviances sectaires liées à l’absence de régulation du pouvoir notamment. Certains ont pris acte, attendant avant de prendre les mesures qui s’imposaient alors. J’ai mis en garde et affirmé que la Communauté portait en elle les germes de déviances graves avec des risques d’emprises et de manipulation mentale avérée aux conséquences lourdes. L’hémorragie des vocations qui a suivi a malheureusement corroboré mes analyses d’alors.
J’ai trouvé à l’époque une ancienne avocate de l’Officialité et j’ai entamé seule un « devoir de Vérité » sur les bases des critères de discernements sur les déviances sectaires dans l’Eglise Catholique établies par Mgr Vernette (Responsable du service secte, pastorale et nouvelles croyances).
Plus d’un an après avoir quitté cette Communauté (et suite à leur départ du Verbe de Vie), j’ai alors entendu personnellement le témoignage de Jean-Louis et Monique Fradon, particulièrement meurtris. Je les ai vivement incité à témoigner et à faire eux aussi un « devoir de Vérité ». Leur témoignage avait du poids mais pas seulement le leur. Je leur ai transmis les critères de discernement de Mgr Vernette sur lesquels ils se sont appuyés, tout comme moi, pour faire leur rapport à Mgr Charrier, alors évêque de Tulle. Je les ai aussi invité à contacter le S.A.M. que j’avais contacté un an auparavant, ce qu’ils ont fait. Enfin, je leur ai donné les coordonnées de l’avocate qui était déjà en lien avec Mgr Charrier et avec laquelle ils se sont vite mis en lien direct sans m’en informer d’ailleurs.
Ce sont là des faits qu’ils ne peuvent réfuter, du moins je l’espère.
Aussi, je crois pouvoir dire qu’à l’époque, compte-tenu du contexte, j’ai fédéré un travail collégial auprès de Mgr Charrier que j’avais entamée seule au départ. Mais, avec le temps et le recul, j’ai constaté - avec une certaine fatalité et sans grande surprise - que la version sur le rôle des premiers témoins avait varié. Mon souci de discrétion n’a pas été la seule raison je pense. Cela ne m’a pas étonnée outre mesure vu la fragilité psychologique des « témoins » et l’hémorragie interne lié au mode de gouvernement de cette Communauté Nouvelle.
Car il faut savoir que nous étions cinq à témoigner auprès de Mgr Charrier au départ : Moi, une soeur consacrée qui avait quitté la Communauté après de nombreuses années de vie communautaire et un engagement à vie (et qui n’est pas la co-fondatrice Marina Perrot) et… Jean-Louis et Monique Fradon !
Après notre rapport envoyé à l’Evêque de la Maison Mère (l’Abbaye d’Aubazine), nous avons été convoqués par Mgr Charrier de façon indépendante et à sa demande. Suite à ces entretiens puis, par la suite, à d’autres témoignages de personnes proches ou de membres en souffrance, la visite canonique a été décrétée avec les suites que nous connaissons.
Voilà, je désirais rectifier votre version car j’estime que le rôle des co-fondateurs n’a pas été aussi déterminant que certains l’affirment dans la visité canonique qui a suivi nos témoignages. Ce fut un long et âpre combat collégial, mené par étapes, et le rôle de chacun doit être respecté, les initiateurs comme ceux qui ont suivi.
Cette Communauté a de belles vocations mais la responsabilité des autorités ecclésiales dans la problématique liée au Verbe de Vie est accablante et ce bien après le départ de Georges et Marie-Josette Bonneval et du Père Jacques Marin.
Le laxisme et le manque de discernement face au mode de gouvernement des Fondateurs et co-fondateurs ; face au mode d’élection des modérateurs et face à la gestion du pouvoir et des avoirs, aura fait beaucoup de dégâts comme dans tant d’autres Communautés Nouvelles.