En réponse au message :
Qui doit instruire les nouveaux évêques sur les démarches à suivre dans les affaires d’abus sexuels ?
La phobie du sexe est surtout une immense hypocrisie. Suffit pour s’en rendre compte de voir à quel point depuis des siècles, prêtres, évêques, cardinaux, papes, moines, moniales ont vécu des sexualités plutôt débridées sous couvert de célibat consacré. Et ça se poursuit de nos jours, s’affiche de plus en plus au grand jour, au grand dam de certains prélats qui aimaient la situation de clandestinité sexuelle, qui rajoutait sans doute pour eux, du piment au plaisir.
Le livre-enquête de Carmelo Abbate, Sexe au Vatican, est plus qu’explicite à ce sujet.
Concernant l’institution catholique vis à vis des prêtres pédophiles, elle a tenté dès 1947 aux US, à Jemez Springs, de traiter ses prêtres pédophiles. Mais au bout d’une expérience médicale expérimentale de cinq ans, le responsable religieux qui avait supervisé le premier centre médico-psy fut bien obligé de constater l’irréformabilité de ces prêtres. Aucun traitement ni médicamenteux ni électrochocs, ni thérapie verbale ne fonctionnait. La seule solution était d’isoler ces hommes définitivement du reste de leurs congénères pour éviter qu’ils fassent d’autres victimes. Hélas, cette mesure de prévention n’a pas été retenue par les papes ni le Saint Office. L’institution a préféré déplacer les prêtres pédophiles, en sachant pourtant que déplacer les criminels amenait une multiplication des crimes.
Et après l’institution nous sort le discours de la protection des enfants…alors que le Vatican et l’ensemble des épiscopats ont au contraire mis en danger l’ensemble des enfants pour simplement protéger l’institution du scandale et de procès, ne pas à avoir à limoger des prêtres. Ca fait froid dans le dos !
La notion de péché est surtout appliquée à tout ce qui relève de la sexualité des femmes ; femmes qui doivent sans cesse se purifier, se soumettre, s’humilier pour être jugées seulement acceptables moralement. Cependant, dès lors que la sexualité concerne les hommes, il n’y a pas péché. Peu importe l’objet. D’ailleurs, si l’on remonte dans l’Histoire, la pédophilie cléricale a toujours existé dans le catholicisme dès lors qu’installé en institution. Cela vient principalement des recrutements d’enfants dans les familles pauvres, pour alimenter les couvents, monastères, séminaires. Ce type de recrutement disparaît au 19e siècle (le recrutement direct d’enfants est interdit, l’engagement religieux ne pouvant être admissible avant la majorité de l’aspirant, sauf dérogation du pape), mais s’opère quand même via la coercition à des fins d’assistance : puisque prêtres, moines et moniales en charge de la rééducation morale des enfants pauvres (placements arbitraires), proposent systématiquement aux pénitents la profession religieuse comme issue et comme condition de libération de l’enfermement.
Cette pratique cesse fin des années 60, au moment des mutations des couvents-prisons et colonies pénitentiaires en centres éducatifs et sociaux laïcs ouverts, gérés par des professionnels dûment formés et diplômés par l’Etat.
La formule de recrutement enfantin se déplace donc dans les pays de mission (Afrique, Asie, Amérique du Sud). Ce qui explique en grande partie que les « vocations » se portent encore bien là-bas, puisque entrer en religion, c’est encore une promotion sociale, financière, éducative et culturelle.