En réponse au message :
L’association des victimes du père Preynat s’adresse au Pape
Remontez 25 ans en arrière : à l’époque les droits de l’enfant démarrent tout juste. La parole de l’enfant n’est pas encore crue et entendue comme telle. Et dans les enfants agressés par l’Eglise, vous avez plein de parents qui n’ont pas dénoncé les prélats pédophiles parce que pour eux, il était impensable qu’un prêtre agresse des enfants. Qu’il s’agisse de naïveté, de dogmatisme religieux, de déni, ou simplement du fait que leur enfant agressé n’a pas pu leur en parler tellement il avait peur, honte. Il ne s’agit pas de gestes déplacés, il s’agit de crimes sexuels concernant le père Preynat : des attouchements, des viols sur des très jeunes garçons. Et si pour le moment, Preynat maintient qu’il n’a pas violé d’autres enfants après 91, justement après la dénonciation des parents d’une des victimes, mais rien ne prouve pour le moment qu’il n’a pas récidivé. C’est le procès qui le dira et peut-être d’autres victimes plus récentes. Le mérite de l’association est de pouvoir recenser les victimes, passés, comme présentes. Ce n’est parce que les victimes ont aujourd’hui des enfants que ces hommes ne sont plus handicapés, traumatisés par les abus sexuels et les viols de Preynat. Pour avoir subi des violences sexuelles, je peux vous dire que même encore aujourd’hui et sans doute jusqu’à ma mort, je resterai marquée par ces horreurs. Car c’est le genre de chose qui même avec une bonne thérapie, laisse des traces indélébiles. C’est sans doute difficile à comprendre pour les personnes qui n’ont pas subi ces abus, ces viols, mais c’est l’équivalent d’un meurtre qui nous laisse tout le reste de notre vie, comme des morts-vivants. Pourquoi croyez-vous que les violences sexuelles constituent des armes de guerre pour anéantir les populations, les terroriser, les soumettre ? Et Barbarin en tant que responsable du diocèse comme ses prédécesseurs, est totalement irresponsable en ayant nommé des prélats qui ont commis ces horreurs. D’autant que comme les autres évêques et cardinaux, il est au courant depuis plusieurs décennies par le biais de la Congrégation de la Foi, que la pédophilie ne se soigne pas, que les pédophiles restent des hommes dangereux et potentiellement criminels toute leur vie. C’est un prélat, le père Fitzgerald qui avait précisé cela dès les années 60 à l’ensemble des évêques et cardinaux. Donc aucun haut-prélat catholique depuis n’ignore la gravité de la situation. Chaque évêque qui protège depuis ces années-là, malgré les avertissements du Père Fitzgerald, et continue de promouvoir et de nommer dans des paroisses des prélats pédophiles, commet un acte grave de complicité criminelle qui tombe sous le coup de la loi pénale. Et doit être puni pour cela. Barbarin comme n’importe quel autre haut-prélat ayant promu et continué d’employer des prélats pédophiles.