En réponse au message :
religions et sciences
Bonjour Eglantine,
Je vous rejoins tout à fait dans votre approche. Jésus n’a jamais imposé des dogmes mais laissé à chacun sa liberté. Il a même critiqué les dogmes de son époque. Celles et ceux qui prétendent définir la croyance religieuse, spirituelle sous l’angle purement dogmatique relèvent du fondamentalisme. Fondamentalisme qui n’a rien à voir avec la foi mais tout avec la notion de pouvoir et d’emprise. Direction hélas adoptée par l’ensemble des clergés des différentes religions. A contrario des messages que ces clergés prétendent défendre.
Le mélange psy et spirituel appartient depuis déjà une bonne quarantaine d’années aux mouvances pentecôtistes qu’elles soient protestantes ou catholiques, mais aussi relève de différentes sectes qu’on aille sur la Scientologie ou d’autres mouvances de même type. L’objectif de ces mouvements est triple :
- Conditionner les fidèles en instrumentalisant et détournant la psychanalyse comme la psychiatrie à des fins d’emprises religieuses dogmatiques et ésotériques.
- Se placer comme concurrentes de la psychiatrie et de la psychanalyse avec des pseudos psys qui n’ont tout au plus qu’une formation extrêmement minime dans le domaine mais se sont créés un maximum d’auto-promotion (Bernard Dubois, le couple Fourchaud, les collaborateurs et successeurs de Ron Hubbard) voire de promotions hiérarchiques institutionnelles (Tony Anatrella), toujours à visée d’emprise et d’abus.
- Et enfin le troisième objectif est de tenter de reconquérir une légitimité, une autorité largement mise à mal par des conduites criminelles, le soutien à des groupes sectaires utilisant la manipulation mentale, les abus de toutes sortes y compris sexuels.
D’autres ont trouvé le moyen, comme l’Opus Dei, de prendre le contrôle financier de certaines recherches médicales pour conditionner la recherche aux idéologies fondamentalistes du groupe. C’est le cas aussi bien en France qu’en Espagne sur différents hôpitaux et centres de recherche publics.
Limiter l’apport de Freud comme le fait Agapé à « tuer son père » et « abandonner son clitoris », c’est quand même plus que faible en terme de connaissance du freudisme. Même sans faire d’études psy, il me semble qu’en classe de terminale en cours de philo, il y a quand même un petit apport depuis les années 80 sur la psychanalyse et Freud, petit apport également autour de Bruno Bettelheim, et on est très loin de ce genre de raccourcis.
Et puis l’école freudienne n’existe quasiment plus en psychanalyse en pur jus. Elle a été remplacée par l’école lacanienne (Jacques Lacan) qui se réclame de Freud, mais diffère quand même un peu dans l’approche analytique. http://www.psychologies.com/Therapies/Psychanalyse/Travail-psychanalytique/Articles-et-Dossiers/La-psychanalyse-lacanienne
Minoritaire au sein du monde psychanalytique mais de plus en plus utilisé non seulement en psychanalyse mais aussi en complément analytique pour les thérapies curatives courtes, l’école jungienne (Carl Jung). Là aussi une racine freudienne mais un virage et un quasi divorce à l’arrivée autour de l’inconscient. (http://www.psychologies.com/Therapies/Psychanalyse/Inconscient/Articles-et-Dossiers/Pourquoi-Jung-est-a-la-mode/4Un-inconscient-peuple-de-divinitesJung)
Je suis tombée hier sur l’impossible dialogue religions et sciences sur France Culture, en voiture. Très intéressant. Avec Yves Gingras comme intervenant.
http://www.franceculture.fr/emissions/continent-sciences/continent-sciences-lundi-6-juin-2016
De quoi alimenter le débat sciences et religions.